Catholiques chinois dits « clandestins » lors d'une cérémonie religieuse, illustrant les défis de l'église souterraine pour les relations du pape avec la Chine
Monde

Chine : la répression des prêtres catholiques clandestins s'intensifie sous l'accord Vatican-Pékin

Depuis l'accord provisoire de 2018 entre le Saint-Siège et Pékin, qui ne porte que sur la nomination des évêques, la pression sur les communautés catholiques clandestines en Chine s'est encore durcie en 2025 et 2026, selon un rapport de Human Rights Watch publié le 15 avril 2026.

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Depuis huit ans, l'accord provisoire signé en 2018 entre le Saint-Siège et Pékin ne traite d'une seule question : qui nomme les évêques en Chine. Pendant ce temps, les communautés catholiques qui refusent de reconnaître l'Association patriotique catholique - l'Église dite "clandestine" ou "souterraine" - subissent une pression qui s'est encore durcie en 2025 et 2026. C'est la conclusion d'un rapport publié le 15 avril 2026 par Human Rights Watch, qui estime à environ 12 millions le nombre de catholiques dans le pays.

Catholiques chinois dits « clandestins » lors d'une cérémonie religieuse, illustrant les défis de l'église souterraine pour les relations du pape avec la Chine
Catholiques chinois dits « clandestins » lors d'une cérémonie religieuse, illustrant les défis de l'église souterraine pour les relations du pape avec la Chine - (source)

L'ONG a mené neuf entretiens avec des personnes se trouvant hors de Chine et disposant d'une connaissance directe de la vie catholique dans le pays, examiné des documents officiels et la presse d'État. Elle a envoyé un résumé de ses conclusions au gouvernement chinois et au Saint-Siège le 7 avril 2026 ; aucun des deux n'a répondu. Le gouvernement chinois n'autorise pas les chercheurs indépendants à entrer dans le pays et punit ceux qui parlent à des médias étrangers ou à des groupes de droits humains.

Des mécanismes de contrôle qui ne passent plus par la prison

La nouveauté de ces derniers mois tient moins à des arrestations spectaculaires qu'à une administration du quotidien, plus difficile à contester et plus difficile encore à documenter de l'extérieur.

En décembre 2025, l'Association patriotique catholique et la Conférence des évêques de Chine ont adopté des "règles provisoires sur la gestion normalisée des documents de sortie et d'entrée du clergé catholique" : tout ecclésiastique doit désormais remettre ses documents de voyage aux services compétents, et tout déplacement hors de la Chine continentale, y compris pour raisons personnelles, est soumis à approbation administrative. Un prêtre libéré de détention a par ailleurs été privé d'accès à son compte bancaire, de sa carte SIM et de son passeport.

Human Rights Watch décrit aussi un durcissement idéologique au sein même des églises officielles : des sessions de formation politique, jusqu'à deux fois par semaine dans certains diocèses ; les enseignements des prêtres soumis à validation ; l'obligation d'inscription pour célébrer une messe ; l'interdiction faite aux enfants d'entrer dans les églises ; et des interdictions d'enseignement religieux à domicile signalées de manière crédible.

Shanghai, métropole côtière de Chine orientale, où siègent l'évêque Shen Bin et les derniers prêtres clandestins

À Shanghai, où siège l'évêque Shen Bin, nommé en dehors des procédures prévues par l'accord, AsiaNews décrit des mesures concrètes : les cours de catéchisme d'été sont interdits, les mineurs ne peuvent plus entrer à l'église - y compris dans la basilique mariale de Sheshan, malgré les protestations des visiteurs - et depuis Noël 2025, les grandes plateformes ont cessé de diffuser les messes papales, tandis que les principaux sites catholiques imposent un enregistrement du nom réel.

Lettre d'engagement et communautés dispersées

Le détail le plus significatif rapporté par AsiaNews, dans un article publié le 20 avril 2026, concerne les six derniers prêtres "clandestins" de Shanghai. Avant l'automne 2025, cinq d'entre eux - tous sauf le père Zhu Yude, 90 ans et malade - ont signé une "lettre d'engagement" par laquelle ils acceptent la direction du Parti, le patriotisme, le respect des lois et l'interdiction de célébrer des sacrements en dehors de lieux de culte. Un autre religieux a signé une "demande de transformation". Plus de dix religieuses appartenant à des communautés clandestines, incapables d'assumer le coût de la vie dans les grandes villes, ont été dispersées ; leur situation actuelle est inconnue.

Ce mécanisme mérite d'être souligné : il ne s'agit ni d'un procès ni d'une condamnation, mais d'un document signé, qui transforme la loyauté religieuse en engagement administratif. C'est ainsi que la répression devient presque banale.

Les évêques dont on ne sait plus rien

Les noms évoqués restent, eux, en suspens, et les statuts officiels ne disent rien de la vie réelle de ces évêques. Human Rights Watch, dans un rapport de mai 2025, compte parmi les catholiques emprisonnés, victimes de disparition forcée ou soumis à la résidence surveillée et à d'autres harcèlements James Su Zhimin, Augustine Cui Tai, Julius Jia Zhiguo, Joseph Zhang Weizhu, Peter Shao Zhumin et Thaddeus Ma Daqin, d'après le Hudson Institute, sans détailler le sort individuel de chacun. Fortify Rights, qui renvoie elle aussi au rapport du Hudson Institute, précise que James Su Zhimin est en détention secrète continue depuis plus de vingt-sept ans, et cite Vincent Guo Xijin et Peter Shao Zhumin parmi les évêques arrêtés, détenus ou disparus depuis la signature de l'accord. Le ministère de Thaddeus Ma Daqin, lui, reste entravé par des évêques nommés par le gouvernement.

Hommes catholiques à genoux et en prière, les mains jointes, dans un lieu de culte en plein air en Chine, contexte de l'église souterraine
Hommes catholiques à genoux et en prière, les mains jointes, dans un lieu de culte en plein air en Chine, contexte de l'église souterraine - (source)

William Nee@williamnee·FollowWe are marking 4 years since the detention of Joseph Zhang Weizhu, the Holy See-approved bishop of the diocese of Xinxiang in #China.

Zhang was apparently detained for refusing to join the CCP-aligned Chinese Catholic Patriotic Association.

Whereabouts unknown. @Sachinettiyil
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Le cas de Joseph Zhang Weizhu, évêque de Xinxiang dans le Henan, arrêté le 21 mai 2021 avec sept prêtres et une dizaine de séminaristes, illustre l'opacité du système. Détenu et sans nouvelles pendant des années, il a fait l'objet en décembre 2025 d'une reconnaissance civile de la part des autorités chinoises, saluée par un communiqué du Bureau de presse du Saint-Siège. Human Rights Watch le mentionne désormais parmi les évêques reconnus par Pékin. Mais sa situation réelle - détention, résidence, liberté de mouvement - n'est jamais clarifiée publiquement. La reconnaissance administrative et la liberté ne sont pas la même chose, et les sources disponibles ne permettent pas de trancher.

Un désaccord qui traverse l'Église

La controverse n'est pas seulement extérieure. Human Rights Watch estime que l'accord de 2018 "a facilité la répression" des catholiques en offrant aux autorités une structure pour exercer leurs pressions. Des personnes interrogées décrivent un choix sans alternative : rejoindre l'Église officielle ou disparaître. Un expert ayant interrogé des dizaines de catholiques en Chine affirme que ces communautés, habituées depuis longtemps à la persécution du gouvernement, ont depuis 2018 le sentiment que le Vatican s'en prend aussi à elles. Un prêtre vivant à l'étranger va plus loin : les évêques clandestins sont vieux, aucun successeur n'est nommé, et à long terme les catholiques clandestins en Chine auront disparu.

Le tournant de 2018 reste contesté au sein même de l'Église. Le texte complet de l'accord n'a jamais été publié ; il a été renouvelé trois fois et court jusqu'en octobre 2028. Aucun pape n'a jamais exercé son droit de veto, même lorsque Pékin a nommé des évêques de façon unilatérale, en 2022 avec John Peng Weizhao et en 2023 avec Joseph Shen Bin - nominations ensuite avalisées par François. Le cardinal Joseph Zen, figure de la résistance à l'ingérence du Parti, a accusé le secrétaire d'État Pietro Parolin de "manipuler" le pape et qualifié de "immorale" la politique chinoise du Vatican. Fortify Rights, reprenant un article publié dans Foreign Policy, réclame la publication du texte, des conditions pour le renouvellement de 2028 - en premier lieu la libération des évêques emprisonnés - et la fin du silence du Vatican sur les droits humains, rappelant que François n'a jamais prié publiquement pour le détenu catholique Jimmy Lai et n'a jamais reçu le cardinal Zen en audience en 2020.

D'un autre côté, une lecture diplomatique défendue notamment par Andrea Gagliarducci dans le National Catholic Register (3 septembre 2026) fait valoir que la continuité produit des résultats tangibles : la reconnaissance civile de Zhang Weizhu en décembre 2025, une délégation du Saint-Siège envoyée à Pékin fin avril 2026 - conduite pour la première fois par Mgr Mihăiţă Blaj, sous-secrétaire d'État aux relations avec les États - et des nominations d'évêques sous Léon XIV, dont Paul Liu Honggang à Datong, nommé le 10 août et ordonné le 31 août 2026. Selon ces conversations non attribuables, le Saint-Siège souhaiterait préciser que seul le pape nomme les évêques, présenter des listes de trois candidats comme dans l'accord avec le Vietnam plutôt que le candidat unique préféré par Pékin, et éventuellement publier l'accord pour rendre les violations vérifiables. Léon XIV a lui-même déclaré, dans un ouvrage, ne pas compter modifier l'accord "du moins pour l'instant".

La question reste entière : l'accord a-t-il rapproché deux Églises divisées, ou a-t-il surtout donné à Pékin un levier pour absorber l'autre ?

Ce que la pression dit aussi de l'Église officielle

Une nuance importante s'impose : la séparation "Église officielle = protégée, Église clandestine = persécutée" ne résiste pas aux faits. En avril 2026, des médias chinois ont rendu public un procès pour détournement de biens ecclésiastiques dans le Hunan : l'évêque Qu Ailin et le père Li Hongwei, responsable de la commission administrative catholique, ont été condamnés à six ans de prison, et Hu Yali, présidente de l'Association patriotique, à sept ans. Le durcissement frappe aussi les églises protestantes clandestines : après la perquisition dans l'Église de Sion à Pékin, le 9 octobre 2025, sur les quarante avocats impliqués, plus de la moitié font face à des risques de chômage et à des mesures restrictives.

爆点周刊(BaodianTimes)@baodiantimes·FollowFull Document Revealed: CCP Central United Front Work Leading Group’s
Opinions on Preventing and Governing Religious Proselytization to Minors
Baodian Weekly, New York, September 7 — Reporter: Paul
According to documents obtained by Baodian Weekly through its “Transparency Project,” September 7 marks the first anniversary of the issuance by the Central United Front Work Leading Group of the Opinions on Preventing and Governing Religious Proselytization to Minors.
The document was issued following remarks by Wang Huning, a member of the Standing Committee of the Political Bureau of the Chinese Communist Party (CCP) Central Committee and head of the Central United Front Work Leading Group, and bears his signature. It was characterized as a major measure concerning the security and survival of the CCP regime.
The directive is intended to systematically block Chinese children and adolescents from developing religious beliefs and to eliminate channels through which minors may gain access to religion. Most strikingly, it even calls on young people to report to the relevant authorities parents who conceal their religious beliefs or proselytize to minors—a provision rarely, if ever, seen in government documents at this level since the end of China’s Cultural Revolution.
As a major national-level normative policy document guiding law-enforcement agencies across the country and mobilizing cyber-security forces to participate in the campaign, the document has been classified as a Chinese state secret with a long-term confidentiality period.
Over the past year, the implementation of this policy has had an extremely negative impact on freedom of religion or belief in Chinese society, particularly among children and adolescents.
PDF document:
https://t.co/UIDSqerJcb
Political Transformation of State-Sanctioned Religion
The Chinese government publicly maintains that it upholds a policy of freedom of religious belief. Yet while the CCP is seeking to prevent minors from practicing religion, it is simultaneously accelerating the political transformation of state-sanctioned religious organizations, clergy, and places of worship.
Under Xi Jinping’s campaign for the so-called “Sinicization of religion,” the function of officially recognized religious venues in China is undergoing a fundamental transformation. Both institutionally and in practice, these venues are increasingly moving away from their traditional role of serving believers and meeting their religious needs. Instead, they are being assigned increasingly prominent functions involving political education, ideological propaganda, and the dissemination of government policies and laws.
This transformation has even been incorporated directly into China’s current regulatory framework governing religion, including the Measures for the Administration of Religious Activity Venues.
In practice, authorities continuously organize clergy and religious personnel to study Xi Jinping Thought on Socialism with Chinese Characteristics for a New Era, the CCP’s religious policies, and relevant laws and regulations. Religious communities are also required to conduct ongoing education on “loving the Party, loving the country, and loving socialism,” further integrating political ideology into places of worship, religious education, sermons, and scriptural interpretation.
Official policy statements in 2026 concerning the “systematic advancement of the Sinicization of religion in China” continue to explicitly require religious communities to study Xi Jinping Thought on Socialism with Chinese Characteristics for a New Era and to promote the presence of the national flag, the Constitution and laws, and the “core socialist values” within religious venues.
At the same time, the government is imposing increasingly detailed administrative oversight over personnel, organizations, activities, finances, foreign contacts, preaching, and scriptural interpretation at places of worship.
As a result, religious activities officially recognized by the Chinese government have been placed under the comprehensive supervision and control of the CCP and the state’s religious-management apparatus. Increasingly, religious activity is permitted to exist only on the condition that religious communities accept the political leadership of the CCP, comply with state ideological requirements, and submit to comprehensive administrative supervision.
Against this backdrop, churches affiliated with the Protestant Three-Self Patriotic Movement, churches affiliated with the Chinese Catholic Patriotic Association, as well as officially recognized Islamic, Buddhist, and Taoist organizations, are all facing immense pressure and challenges.
Intensifying Crackdown on House Churches
Meanwhile, unofficial religious organizations seeking to preserve traditional religious practices and doctrines have faced sustained and comprehensive repression.
Christian house churches—including Chengdu’s Early Rain Covenant Church, Zion Church in Beijing and its nationwide network, the Golden Lampstand Church in Linfen, Shanxi Province, and Ya’an Church in Zhejiang—have faced extraordinary pressure.
Across China, large numbers of house-church clergy and leaders have been arrested, prosecuted, and sentenced under criminal charges including “fraud,” “illegal business operations,” “picking quarrels and provoking trouble,” “inciting subversion of state power,” and “illegal use of information networks.”
Underground Catholic Communities Under Pressure
China’s underground Catholic Church faces similarly severe conditions.
The Chinese government has continued to intensify pressure and control over underground Catholic communities, with a central objective of compelling bishops, priests, and believers who refuse to join the state-controlled Chinese Catholic Patriotic Association to submit to the government’s religious-management system.
Measures have included closing underground churches and Mass sites, preventing unauthorized religious gatherings, summoning and detaining clergy, placing underground bishops and priests under prolonged house arrest or causing them to effectively “disappear,” imposing fines and other financial penalties, monitoring believers, restricting religious education for minors, and exerting pressure through family members and workplaces.
Even after the signing of the Sino-Vatican agreement on the appointment of bishops, Chinese authorities have continued to push for the “officialization” of underground Catholic communities.
The focus of government policy has gradually shifted from simply shutting down underground gatherings toward eliminating the independent organizational space available to underground Catholic communities and compelling them to become fully incorporated into the Party-state-controlled religious-management system.
Groups Designated by Beijing as “Xie Jiao”
The crackdown is not confined to traditional religious communities.
Groups that have been designated by the CCP as “xie jiao” but whose religious status is viewed differently outside China—including Falun Gong, The Church of Almighty God, and the Disciples Society—have seen their space for survival inside China continuously compressed.
Large numbers of believers and religious leaders have been arrested and sentenced. Some members of groups classified as “xie jiao” who have already completed prison sentences reportedly remain subject to continued surveillance and harassment.
The space available for their beliefs has been compressed to an extreme degree, leaving virtually no room to operate.
Even more concerning is the apparent expansion of the concept of “xie jiao,” with an increasing range of organizations potentially falling within the scope of such designations.
From Suppressing Belief to Confiscating Property
According to findings by the U.S. Commission on International Religious Freedom and reporting by multiple international media organizations, a number of newer organizations and lawful commercial entities with religious characteristics or theistic beliefs—including “Create Abundance”—have been targeted by Chinese authorities under allegations involving “feudal superstition” and “undermining the implementation of the law.”
Members have been prosecuted and sentenced, organizations have been shut down, and assets have been confiscated.
According to the official rationale cited in these cases, such activities were deemed to “violate materialism” and threaten “national security” and “regime security.”
“Create Abundance” provides a particularly striking example.
The organization operated more than 1,000 chain venues known as “Luxury Life Art Centers” (Shehuo Art Centers)—described as community cafés—across more than 500 Chinese cities. According to information obtained by Baodian Weekly, these venues were subsequently closed under the aforementioned accusations, and more than 400,000 members of its café clubs were dispersed.
Dozens of café operators were arrested and sentenced, while dozens of core members of the organization were placed on wanted lists and subjected to measures involving the confiscation of their property.
In other words, the CCP’s current campaign is no longer confined to suppressing belief itself. Increasingly, the suppression of belief is accompanied by the seizure of property.
China’s Space for Religious Belief Is Being Compressed to the Extreme
Taken together, these developments indicate that under the current CCP regime, the space available for independent theistic belief is being compressed to an extraordinary degree.
The freedom of religion or belief of China’s 1.4 billion people is facing increasingly severe restrictions.
The rights and principles embodied in the Charter of the United Nations, Article 18 of the International Covenant on Civil and Political Rights, and the provisions concerning freedom of religious belief in the Constitution of the People’s Republic of China are increasingly being undermined by the CCP’s policies and practices.
China’s current political and legal environment for religious freedom has reached a level of severity arguably unseen since the Cultural Revolution.
This is not merely a test for China.
It is a test for the entire world.
https://t.co/Kr368oQkmg
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Ce post d'un média d'exil, Baodian Weekly, prétend publier une directive classifiée du groupe de travail du Front uni qui vise à empêcher toute évangélisation des mineurs et va jusqu'à appeler les jeunes à dénoncer leurs parents. Son existence, sa teneur et son classement secret ne sont corroborés par aucune source indépendante : il ne peut être utilisé que comme une allégation non vérifiée. Les tendances qu'il décrit - interdiction faite aux mineurs d'entrer à l'église, formation politique intensifiée - sont en revanche documentées par Human Rights Watch et AsiaNews, indépendamment l'un de l'autre.

Ce qu'il faut surveiller d'ici 2028

Trois éléments permettront de juger de la suite. D'abord, si le Saint-Siège parvient à faire inscrire dans l'accord la primauté exclusive du pape dans les nominations, et surtout si le texte devient public - une transparence que Pékin a toutes les raisons de refuser. Ensuite, le sort des évêques clandestins : des sources locales ont signalé au moins dix évêques ordonnés dans l'Église clandestine du Fujian, ce qui pose la question d'un clergé chinois qui continue à se scinder de fait. Enfin, le père Ma Xianshi, prêtre du diocèse de Wenzhou libéré le 22 juillet 2026 après dix-huit mois de détention pour "activité commerciale illégale", qu'il conteste, pourrait adresser un rapport au Vatican sur la situation de l'Église en Chine ; il resterait à voir si ce document infléchit l'approche de Léon XIV.

L'accord expire en octobre 2028. D'ici là, la question n'est plus de savoir si le Vatican doit dialoguer avec Pékin, mais si ce dialogue empêche ou accélère la disparition de ceux dont il prétend défendre la liberté.

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Questions fréquentes

Que couvre l'accord provisoire signé en 2018 entre le Saint-Siège et Pékin ?

L'accord provisoire de 2018 ne traite que d'une question : qui nomme les évêques en Chine. Il a été renouvelé trois fois et court jusqu'en octobre 2028, mais son texte complet n'a jamais été publié.

Qu'a publié Human Rights Watch en avril 2026 sur les catholiques en Chine ?

Human Rights Watch a publié le 15 avril 2026 un rapport estimant que la pression sur les communautés catholiques clandestines s'est encore durcie en 2025 et 2026. L'ONG estime à environ 12 millions le nombre de catholiques dans le pays et affirme que l'accord de 2018 "a facilité la répression" des catholiques.

Quelles mesures de contrôle le rapport décrit-il dans les églises officielles ?

Le rapport décrit des sessions de formation politique deux fois par semaine dans certains diocèses, la validation des enseignements des prêtres, l'inscription obligatoire pour célébrer une messe, l'interdiction faite aux enfants d'entrer dans les églises, ainsi que des interdictions d'enseignement religieux à domicile signalées de manière crédible. En décembre 2025, les autorités ont aussi exigé que tout ecclésiastique remette ses documents de voyage et soumis les déplacements hors du continent à approbation administrative.

Que sont les "lettres d'engagement" signées par des prêtres clandestins à Shanghai ?

Selon AsiaNews, avant l'automne 2025, cinq des six derniers prêtres "clandestins" de Shanghai - tous sauf le père Zhu Yude, 90 ans et malade - ont signé une lettre d'engagement par laquelle ils acceptent la direction du Parti, le patriotisme, le respect des lois et l'interdiction de célébrer des sacrements en dehors de lieux de culte. Il ne s'agit ni d'un procès ni d'une condamnation, mais d'un document signé.

Quelle est la position du Vatican sur l'accord avec Pékin ?

Human Rights Watch estime que l'accord a facilité la répression, tandis qu'une lecture diplomatique défendue notamment par Andrea Gagliarducci dans le National Catholic Register fait valoir que la continuité produit des résultats tangibles, comme la reconnaissance civile de l'évêque Zhang Weizhu en décembre 2025. Selon des conversations non attribuables, le Saint-Siège souhaiterait préciser que seul le pape nomme les évêques et éventuellement publier l'accord. Léon XIV a déclaré ne pas compter modifier l'accord "du moins pour l'instant".

Sources

  1. Vatican and China Renew Provisional Agreement on Appointment ... · aciafrica.org
  2. Gli accordi della Santa Sede, la nomina dei vescovi in Cina · acistampa.com
  3. Vatican and China Renew and Extend Agreement on Naming Bishops · archny.org
  4. China raises pressure on underground Catholics to join official ... · asahi.com
  5. La Chiesa cattolica in Cina sotto il 'rigore' di Pechino - AsiaNews · asianews.it
maker-lab
Claire Soubot @maker-lab

Je fabrique au lieu d'acheter. Ingénieure électronique à Toulouse, mon garage ressemble à un labo de savant fou : imprimante 3D, Arduino, Raspberry Pi, fer à souder, et un bordel de composants. Domotique DIY, robots inutiles, gadgets improbables – si ça se bricole, je l'ai probablement fait. Mes tutos incluent toujours la liste du matos, le budget, et surtout les erreurs à éviter (j'en ai fait beaucoup).

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