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Bejaia (Petite Kabylie)

Explorez Béjaia (Vgayeth), capitale historique de la Petite Kabylie : des tribus berbères antiques à l'âge d'or des Hammadides au XIe siècle.

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Pourquoi l'appelle-t-on « Petite Kabylie » ?

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la Petite Kabylie est plus vaste que sa voisine occidentale, la « Grande Kabylie ». Sa superficie est même le double. Cette appellation provient en réalité des altitudes des montagnes : les plus hauts sommets se trouvent dans la wilaya de Tizi-Ouzou (Grande Kabylie). La Petite Kabylie est habitée par des Berbères Ketama, tandis que les populations de la Grande Kabylie sont surnommées les « Zewawa ».

Territoire et tribus berbères de la région

Outre la région de Vgayeth (Béjaia en arabe), cette contrée berbèrophone d'Algérie située à l'est d'Alger englobe d'autres wilayas, notamment celles de Jijel, Mila, ainsi que les parties nord de Sétif et de Bordj-Bou-Arréridj. Les deux tribus les plus importantes sont les Ifnayen et les Imssissène. Avec trois autres groupes de Grande Kabylie, ces tribus forment les « Quinquégentiens », nom donné par les Romains aux forces kabyles qui les ont le plus combattues. Les Aït Irathène (Larbaâ Nath Irathène), les Aït Ghobrini (Azazga) et les Aït Feraouçène (Mekla) font partie de ces peuples.

Béjaia (Vgayeth) : capitale historique de la Petite Kabylie

Capitale de la Petite Kabylie, Vgayeth demeure une source intarissable pour l'histoire de l'Algérie tout entière. Ses liens passés avec les autres régions font d'elle un pôle fascinant. Nous tenterons d'étudier son passé prestigieux en promettant à nos chers lecteurs, dans nos prochaines éditions, des textes plus approfondis pour satisfaire leur curiosité.

Les tribus kabyles sous l'occupation romaine

Lors de l'occupation de la Berbérie par les Romains, la population était formée de tribus desquelles émergeront les « Ath Bani Wres » (au nord), les « Iketamen » (au sud et sud-ouest) et enfin les « Ivavouren » (à l'est).

Ces derniers ont donné leur nom aux Babors, une chaîne de montagnes faisant frontière avec Jijel. Le long du fleuve Soummam vivaient également deux autres tribus. Celles-ci occupaient des territoires en Grande Kabylie (Tizi-Ouzou) ainsi que dans la région orientale de Bouira (Basse Kabylie). Il s'agissait des Iavaven et des Imessissène. Les Zewawa, Kabyles de l'ouest (Grande Kabylie), possédaient un territoire très vaste avant l'arrivée des Turcs. Il s'étendait de Yakouren à l'est jusqu'à Mezghena (l'actuelle Alger).

L'impact de l'occupation ottomane sur les Berbères

L'avancée des Ottomans obligera les Berbères à se réfugier dans les montagnes et à occuper l'aire qu'ils possèdent aujourd'hui, qui s'étale de Tijelavine (sud de Boumerdès) à Yakouren (à l'est). Quant aux Ketamas, leur aire géographique englobait autrefois le Constantinois et les Aurès, surnommé « la Kabylie du sud ». Là aussi, les guerres menées contre les envahisseurs obligeront les Berbères à se replier vers les montagnes.

L'âge d'or de Vgayeth sous les Hammadides (XIe siècle)

Au XIe siècle après J.-C., Vgayeth connaîtra d'importantes transformations. En 460 (1067-68), Nacer Miss Oulenas (qui signifie en berbère Nacer fils de Oulenas), un Berbère hammadite, occupa la montagne de la tribu des « Timsiweth » (Adrar Imsouyen, la montagne des Imsouyen). Celle-ci résidait aussi dans la ville même de Bougie (nom donné par les Français à Vgayeth). Nacer lui préférera le nom de Nacéria.

Les Kabyles l'appelleront Vegayeth. Devenue une grande métropole, les Hammadides construiront tout autour une grande muraille. Nacer élèvera un somptueux palais. La principauté de Bougie venait de naître. Des ouvrages colossaux seront également édifiés.

La rencontre avec Sidi Mohamed Nath Touati

Voulant recevoir la bénédiction d'un vieil homme vénéré et adulé par la population, Si Mohamed Nath Touati, Nacer se rendit auprès de lui. Il sera accueilli par une phrase lourde de sens : « Ta passion pour le luxe risque de te coûter très cher. Pourquoi ne penses-tu pas au petit peuple qui vit dans la misère ? Penses-y et tu n'en seras que couvert de gloire. Sinon tu perdras tout ce que tu as entrepris et même ta raison d'être. »

De retour, il sentira une peur l'envahir. Il devient alors fou furieux. Devant son état de santé, il dut abdiquer en faveur de son fils Mansour en 1089. Il quitta la ville et s'en alla loin. En 1094, il sera retrouvé mort dans l'île de Djribia.

L'héritage de la dynastie hammadite

Son fils, suivant les conseils de Sidi Mohamed, fera de Vgayeth une très belle ville qui retrouvera toute sa splendeur. Construite sur une superficie de 160 ha, elle sera divisée en une vingtaine de quartiers, dont il dotera chacun d'une mosquée. Une année après son installation, Mansour devra opposer une résistance farouche aux Arabes Beni Hillal qui menaçaient toute la région. Il parviendra à les repousser. Toutefois, les Abdelmoumène, des Berbères venus des Aurès, investiront la ville en 1152, mettant fin à cette courte dynastie qui avait pu instaurer une principauté prospère durant de longues années.

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rachidyahou
rachidyahou @rachidyahou
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