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Avant la guerre...

Jean-Pierre Chevènement et Angus Lapsley se sont affrontés à Lille sur la crise irakienne. Un débat contrasts entre deux visions de l'intervention militaire.

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Jean-Pierre Chevènement et Angus Lapsley se sont rencontrés le 11 mars dernier à l'École des Hautes Études Commerciales de Lille pour un débat sur la crise irakienne. Le chef du Mouvement Républicain et Citoyen et le Conseiller aux Affaires Stratégiques à l'ambassade de Grande-Bretagne à Paris ont répondu à l'invitation de l'Agora du Nord, une association souhaitant organiser une discussion sur ce sujet brûlant d'actualité.

Guerre en Irak : deux visions opposées

L'ancien ministre de la Défense a d'emblée défini sa position. Tout en soulignant l'importance du rôle joué par l'Irak pour l'ensemble du monde arabe, Jean-Pierre Chevènement s'oppose fermement à une intervention militaire. Selon lui, cette guerre serait injustifiée. Il a d'ailleurs salué à plusieurs reprises la position du président Jacques Chirac, qu'il a qualifiée de « courageuse ».

De son côté, Angus Lapsley soutient pleinement la position de son pays et de Tony Blair. Pour la justifier, il explique que la présence d'armes de destruction massive en Irak constituerait, à terme, un danger indéniable. Un risque d'autant plus grand si les liens du pays avec des réseaux terroristes se révélaient avérés.

Peu convaincu par ces arguments, Jean-Pierre Chevènement rétorque qu'un conflit armé n'a pas lieu d'être : les inspections de l'ONU ont prouvé qu'un désarmement pacifique était possible. Par ailleurs, l'homme politique français souligne que le terrorisme islamiste que les Américains veulent éradiquer n'est aucunement lié au régime dictatorial de Saddam Hussein.

Les enjeux et risques de l'intervention américaine

Pour Jean-Pierre Chevènement, cette guerre n'est qu'un prétexte pour réaliser une « démonstration de force » destinée à rassurer l'Amérique, meurtrie par les attaques du 11 septembre 2001. L'objectif ultime serait de restaurer la confiance dans une économie nationale dégradée depuis ces événements.

Avec sarcasme, il a ensuite évoqué les nombreuses tensions qu'une attaque sur l'Irak risquerait de déclencher : guerre civile, offensive turque sur le Kurdistan, et bien entendu recrudescence du terrorisme. Ce conflit qui « créera plus de problèmes qu'il n'en résoudra » causera inévitablement de nombreuses victimes civiles innocentes.

Enfin, le politicien a exprimé ses doutes quant à la volonté américaine d'imposer la démocratie en Irak. Celle-ci ne peut se décréter de l'extérieur et pourrait être rejetée par le peuple irakien, auquel M. Chevènement a constamment rendu hommage.

Le rôle de l'ONU face à la crise irakienne

Peu décontenancé, Angus Lapsley a renforcé ses arguments, tout en concédant que les conséquences exactes d'une guerre restaient impossibles à anticiper. Néanmoins, pour lui, il est capital de maintenir la crédibilité de l'ONU dans toute action entreprise.

À en croire les applaudissements adressés aux deux hommes, ce débat a permis aux étudiants présents d'appréhender la crise irakienne sous des angles différents mais complémentaires, prouvant l'importance primordiale de la coopération et du dialogue diplomatique.

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nozal
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