
Cher monsieur le ministre,
Je vous envoie cette lettre pour un but collectif, que nous, les élèves de lycée, voudrions réaliser à tout prix. Nous avons un problème, un grand problème concernant les méthodes et la pédagogie utilisée par les professeurs et les surveillants pour faire marcher le lycée. D'un autre côté, certaines règles, lois et matières restent soit à supprimer, soit à modifier.
L'incompétence de certains enseignants
Premièrement, et à grand regrets, je vous affirme que nombre de nos enseignants sont incompétents. Ils ne font aucun effort pour faire passer l'information à l'élève et ne supportent pas les idées neuves. Pourquoi garder de tels professeurs alors qu'il y en a des centaines au chômage qui veulent instruire autrui ? Depuis quand est-il bon de favoriser le paresseux sur le travailleur ?
Le problème de la religion à l'école
Un cas particulièrement néfaste caractérise malheureusement la plupart des professeurs : la religion. Chaque personne dans ce monde a le droit de pratiquer sa religion et ne doit pas être persécutée pour telle ou telle pratique tant qu'elle ne nuit pas à autrui. Je ne dis pas qu'il faut abandonner sa religion, mais qu'il faut la laisser de côté pendant qu'on donne son cours.
Combien de professeurs enseignant des matières scientifiques se mettent-ils à nous parler du Coran et des secrets de la science qu'il a apportée avec lui ? C'est vrai tout cela, mais ce n'a aucune espèce d'importance dans un cours de physique. Je fais aussi remarquer à monsieur le ministre que certains professeurs utilisent des méthodes indirectes pour exprimer leur racisme, particulièrement envers les occidentaux et les juifs.
La violence des professeurs
Un élève ne doit jamais être battu, n'est-ce pas une de nos lois ? Pourtant, aucun élève en Tunisie ne peut se vanter de ne jamais avoir été touché par un professeur depuis le primaire jusqu'à son arrivée au lycée. Bien sûr, les professeurs dissimulent leur violence pendant les inspections. Là, ils se montrent bienveillants et utilisent pour la première fois une méthode rouillée qu'on appelle le dialogue. Ce ne sont malheureusement que de très rares séances.
L'obligation du tablier pour les filles
À 15 ans, une fille est assez grande, je suppose, pour ne plus porter un tablier. Pourquoi obliger les filles à les porter alors que les garçons ne le font pas ? Je peux répondre à cette question moi-même : nous nous sommes tellement laissé bluffer par la religion et la règle qui dit qu'une femme doit se couvrir qu'aujourd'hui, une fille sans tablier est une fille nue. C'est encore une loi sexiste.
Les difficultés liées au cours d'éducation islamique
Un cours d'éducation islamique, six heures par mois : voilà une bien mauvaise idée. D'après la constitution, la Tunisie est effectivement un pays musulman, mais on ne doit pas se montrer égoïstes nous autres les musulmans. Il ne faut pas oublier qu'il y a des gens qui pratiquent d'autres religions et qui doivent subir ce cours.
Vous pouvez faire un sondage, vous constaterez qu'au moins 95 % des élèves détestent cette matière pour la simple raison que ce n'est pas une matière, c'est une dictature. Ce sont des idées qui ne nous sont pas propres que les professeurs essayent de nous enfoncer dans le crâne. En plus, ils ne tolèrent aucune critique sur la religion alors qu'un cours est basé avant tout sur un dialogue. Et qui dit dialogue, dit idées différentes et critiques.
La charge de travail et le choix de la spécialité
À 13 ou 14 ans, on est aussi prêt à choisir la branche ou la spécialité que l'on désire, au lieu de subir toutes les matières sans exceptions et d'avoir un emploi du temps de 37 heures par semaine. Et cela, alors que tous les professeurs donnent des devoirs sans se soucier que ces élèves ont d'autres matières et d'autres devoirs.
Je pense qu'il est inutile de patienter jusqu'à 16 ans, car on est vite dégoûtés du travail et on est réduit à faire l'école buissonnière.
Les punitions arbitraires
Enfin, comme dernier point, je tiens à vous préciser que certains professeurs punissent les élèves dans l'illégalité, juste pour des règlements de comptes personnels.
Un lycéen qui a soif de changement.