
Le secrétaire d'État américain Colin Powell s'est donné 90 minutes pour tenter de convaincre un Conseil de sécurité des Nations Unies divisé que l'Irak refuse toujours de désarmer et qu'il est temps de passer à une nouvelle étape : la guerre. La présentation de M. Powell sera « multimédia », faisant appel notamment à la projection de photographies. Il sera accompagné de George Tenet, le directeur de la CIA (Agence centrale du renseignement). Il pourrait également s'appuyer sur les témoignages d'Irakiens ayant fait défection.

« Nous ferons, a précisé Colin Powell, une démonstration franche, sobre, convaincante, du fait que Saddam cache les éléments concernant ses armes de destruction massive tout en gardant les armes elles-mêmes. » Mais il a reconnu qu'il « n'y aura pas de preuves de flagrant délit », laissant entendre qu'il s'agirait plutôt d'un faisceau de présomptions et d'éléments à charge.
La tâche des États-Unis s'annonce difficile : une large majorité des 15 membres du Conseil n'est en effet, à ce jour, pas disposée à voter une résolution qui donnerait le feu vert à une intervention militaire contre Bagdad.
Déploiement militaire américain : les F-117A en route vers le golfe Persique
Le Pentagone a déployé des avions de combat furtifs F-117A « Nighthawk » basés au Nouveau-Mexique en vue d'une éventuelle intervention militaire contre l'Irak, ont indiqué des responsables américains. Les F-117A sont les seuls avions américains ou alliés à avoir été utilisés pour frapper des cibles au centre de Bagdad durant la guerre du Golfe, en 1991. De couleur sombre et de forme triangulaire, ces avions de combat monoplaces ont été conçus pour passer inaperçu des systèmes radar et attaquer des cibles avec une précision « chirurgicale ».

Saddam Hussein nie tout lien avec Al-Qaeda
Saddam Hussein nie toute connexion avec Al-Qaeda. « Si nous avions une relation avec Al-Qaeda et que nous croyions en cette relation, nous n'aurions pas honte de l'admettre », a affirmé le président irakien dans une interview accordée durant le week-end à l'ancien député travailliste britannique Tony Benn. Dans cet entretien diffusé mardi sur la chaîne de télévision Channel 4, le maître de Bagdad insiste également sur le fait que l'Irak ne possède pas d'armes de destruction massive et accuse la Grande-Bretagne et les États-Unis de vouloir la guerre afin de contrôler le pétrole au Moyen-Orient.