La guerre est à peine terminée en Irak que les États-Unis menacent déjà d'autres pays gouvernés par des régimes autoritaires ou dictatoriaux. Quatre critères permettent d'intégrer l'« axe du mal » ou d'être qualifié d'« État voyou » : régime totalitaire, financement du terrorisme, détention d'armes de destruction massive et développement d'armes nucléaires. Voici les 6 pays les plus visés par ces menaces américaines.

Syrie : le pays en tête de la liste noire américaine
Critères : Régime totalitaire, pays finançant et soutenant le terrorisme, détenant des armes de destruction massive.
Le pays : En 2000, Bachar al-Assad prend la tête du pays à la suite de la mort de son père Hafez al-Assad. Bachar souhaite faire entrer la Syrie dans une nouvelle ère. Des réformes sont engagées pour un développement économique durable, mais les ONG dénoncent constamment des violations des droits de l'homme ainsi que l'absence de liberté de la presse. Cependant, la Syrie siège actuellement à l'ONU.
Le problème pour les États-Unis : La Syrie fait partie des pays classés « parrains du terrorisme » par les États-Unis en raison de son soutien aux organisations comme le Hezbollah libanais, le Hamas et le Jihad palestinien (organisations qui combattent Israël, pays soutenu par les États-Unis). La Syrie est aussi accusée d'avoir fourni des armes de destruction massive à l'Irak et de les cacher, ainsi que d'accueillir sur son sol des hauts dirigeants irakiens déchus. Ce pays est le premier sur la liste des États-Unis.

Iran : le deuxième pays sur la liste noire des USA
Critères : Régime totalitaire, pays finançant le terrorisme, détenant des armes de destruction massive et développant des armes nucléaires (ou du moins, soupçonné d'en développer).
Le pays : Depuis 1979, l'Iran est une république islamique ayant pour souverain Ali Khamenei (le Guide suprême). Le président Mohammad Khatami gère le fonctionnement du pays. Les lois et le pouvoir politique sont soumis à l'islam. La fidélité au Guide est contrôlée et toute opposition est illégale.
Le problème avec les États-Unis : Les relations entre ces deux pays ont toujours été mauvaises (par exemple : gel des avoirs iraniens aux États-Unis, embargo sur les exportations américaines en Iran). L'Iran est accusé de financer le terrorisme ainsi que de l'alimenter. L'Iran n'a pas non plus pris de position claire lors de la guerre en Irak. Ce pays est partagé entre son anti-américanisme et son besoin de participer à l'après-Saddam en Irak. Tout ceci fait de l'Iran le deuxième pays sur la liste noire des États-Unis.

Corée du Nord : un régime stalinien isolé
Critères : Régime totalitaire, pays ayant des armes de destruction massive et développant des armes nucléaires.
Le pays : En 1994, Kim Jong-il succède à son père Kim Il-sung, fondateur du régime communiste dans le pays. Kim Jong-il maintient un régime totalitaire stalinien, exerce un contrôle très ferme sur l'armée et développe le culte de la personnalité.
Le problème avec les États-Unis : Kim Jong-il affiche une grande fidélité à Mao Tsé-Toung, comme en témoignent ses costumes mao. Comme Saddam, Kim Jong-il vit dans des palais tandis qu'une très grande partie de la population souffre de la faim (plus de 200 000 habitants seraient morts à cause de la famine des années 1990). La répression est féroce : 210 000 personnes seraient détenues dans les camps du régime. Kim Jong-il craint une attaque américaine. En octobre dernier, la Corée du Nord avoue posséder un programme secret d'armes nucléaires et, en février, elle procède à des essais nucléaires. Malgré un rapprochement diplomatique avec la Corée du Sud, la Corée du Nord reste isolée car elle vit encore comme au temps de la guerre froide (finie depuis environ 13 ans). La Corée du Nord se place donc en troisième position sur la liste des États voyous.

Libye : le régime de Kadhafi sous pression
Critères : Régime totalitaire et pays finançant le terrorisme.
Le pays : En 1969, le colonel Mouammar Kadhafi, devenu le plus ancien dirigeant arabe, lance un coup d'État qui renverse la monarchie. Président du Conseil national de la révolution, il opère un retour aux valeurs traditionnelles. La charia (loi islamique) est appliquée à partir de 1993. Mouammar Kadhafi rêve d'unifier les nations arabes.
Le problème avec les États-Unis : La Libye finance les mouvements indépendantistes terroristes (par exemple : basque en Espagne, palestinien au Proche-Orient) et est responsable de la vague d'attentats à Paris en 1986. La Libye subit un embargo de 1992 à 1999 mais, depuis, les relations diplomatiques et économiques reprennent peu à peu avec l'Occident. La Libye préside cette année la Commission des Nations unies pour les droits de l'homme (ce qui a été très critiqué). Cependant, la Libye a été visée par un message de Richard Perle (proche de George W. Bush). La Libye se place donc à la quatrième place.

Cuba : l'ennemi historique des États-Unis
Critères : Régime totalitaire.
Le pays : Fidel Castro a pris le pouvoir en 1959 en renversant le général Batista. Il proclame ensuite la révolution communiste et se rapproche des Soviétiques. Après l'éclatement du bloc soviétique en 1991 et la fin de la guerre froide, les relations avec les États-Unis restent tendues et le pays est maintenu sous embargo.
Le problème avec les États-Unis : Cuba est l'ennemi de toujours des États-Unis. Les opposants à Castro sont emprisonnés ou exécutés. Exemple : trois hommes accusés d'avoir détourné un bateau sont exécutés après un simulacre de procès. Cuba étant l'ennemi historique des États-Unis, l'île se place à la cinquième place.

Turkménistan : un régime oublié mais surveillé
Critères : Régime totalitaire.
Le pays : Depuis 1990 (chute du bloc soviétique), Saparmourad Niazov est à la tête du Turkménistan. En 1999, il se proclame président à vie. Il pratique le culte de la personnalité en donnant son nom à des villes, des rues, des aéroports et même des astéroïdes. Son portrait est partout, il fait rebaptiser les noms des mois et des jours de la semaine.
Le problème avec les États-Unis : Les libertés sont réduites, les opposants arrêtés. Les personnes musulmanes sont persécutées. Près de 20 000 prisonniers sont placés dans des camps de travail selon les ONG. Mais comme le pays est le 4e producteur mondial de gaz, la population ne paie ni l'eau ni l'énergie. Malgré les trafics d'armes, d'héroïne et les tentatives d'invasion de l'Ouzbékistan, les États-Unis ne souhaitent pas de changement. Une instabilité serait dangereuse dans ce pays voisin de l'Iran et de l'Afghanistan. Le Turkménistan reste tout de même le 6e sur la liste des États-Unis.