
Le massacre du lac Bodom : que s'est-il passé en 1960 ?
Nous sommes en Finlande, dans les pays baltes (et oui, la Finlande n'est pas un pays scandinave). L'été semble être enfin arrivé et quatre adolescents décident d'aller camper au bord du lac Bodom, situé près d'Espoo (environ 10 km d'Helsinki, la capitale finlandaise). Nous sommes en 1960.
Tout se passe pour le mieux dans le camp des deux jeunes filles de 15 ans et de leurs deux compères de 18 et 20 ans. Mais au lever du soleil se dresse un paysage sanglant et horrifiant. Un des deux jeunes hommes est retrouvé, la mâchoire cassée et gravement blessé, alors que ses amis sont retrouvés au fond du lac, en morceaux. L'attaquant se serait servi d'une hache ou d'une lame gigantesque pour mettre fin à la vie de ses victimes dans une barbarie non vue depuis les temps anciens.
Le mystère du survivant amnésique
Le fait est que le quatrième adolescent est le seul survivant, certes, mais amnésique... Total black-out. Il lui faudra une année complète dans le froid d'un centre spécialisé (certains appellent ça un asile, mais je ne pense pas que ce soit le cas ici).

Les rumeurs sur l'assassin introuvable
Mais l'assassin, qu'en est-il ? Comme pour toutes les histoires sordides dans lesquelles la solution et la vérité semblent échapper à nos grands détectives (pourtant, paraît-il, la police finlandaise est une des plus efficaces du monde), les rumeurs courent et les gens s'abreuvent d'histoires et de légendes toutes aussi folles les unes que les autres. Mais dans le cas de Bodom et de son massacre sanglant, celles-ci s'y collent parfaitement. Que dire quand l'assassin n'est jamais retrouvé ? On en revient alors à une sorte d'énigme aussi travaillée que notre chère Bête du Gévaudan nationale.
Je disais donc que les rumeurs coulent, courent, volent et viennent à nos oreilles. Bref, certains affirment que l'assassin se serait suicidé en se jetant au plus profond du lac. Oui... MAIS... Il y a toujours un « mais »... Où est son corps ? D'autres diront que par la taille de la lame, seule la « Grande Faucheuse » en personne aurait pu tailler le corps des adolescents de telle manière. Oui d'accord... Mais chaque mort sur terre fauchée par la talentueuse et imparable « scythe of death » n'est pas retrouvée cisaillée en deux. Bref, telles sont les rumeurs principales qui courent dans les vents finlandais et scandinaves (cette histoire passionne !).
L'obsession populaire et Children of Bodom
Cette histoire passionne et fait peur, avec ce survivant qui se renferme dans le néant et le mutisme. Cette histoire passionne à tel point qu'un jour, un homme se présentera de lui-même au commissariat pour se dénoncer. Mais la police prouvera le contraire.
Les gens continuent de rêver macabrement sur la mort de ces jeunes et même des groupes de métal locaux s'en approvisionneront. Ainsi naquit un des groupes les plus talentueux de notre chère scène métal (on aime ou on n'aime pas, mais Alexi Laiho reste un guitariste hors pair avec un son original) : Children of Bodom. Leur premier album s'appellera tout simplement « Something Wild » et aura comme emblème la « Grande Faucheuse »... Un titre marquant : Lake Bodom. Le second aura encore la faucheuse comme pochette et s'appellera « Hatebreeder »... Titre marquant : Children of Bodom. Le troisième album s'appellera carrément « Follow The Reaper » sur la pochette duquel on voit la faucheuse (oui encore !) dans le fameux lac Bodom entourée de tombes (image 2 de cet article). On s'éloigne tout en restant autour du mystère. Revenons-y !

Nils Gustafsson arrêté en 2004 : la résurrection de l'enquête
44 ans s'écouleront dans la rumeur et le silence jusqu'en avril 2004. Nils Gustafsson est arrêté par la police. Il est le nouveau suspect du massacre de 1960. Enfin ???!!!!! Oui... MAIS... Parce qu'il y a encore un « mais », Nils n'est d'autre que le survivant du massacre de Bodom. Ce jeune à la mâchoire brisée et au mutisme (abusif ?). À 62 ans, l'homme est interpellé par la police d'Helsinki pour un meurtre qu'il aurait commis à l'âge de 20 ans. Le rapport de l'époque affirme pourtant clairement : « Nils Gustafsson avait dix plaies causées par une arme blanche, la mâchoire cassée, et il était inconscient à la suite d'un coup à la nuque. »
Alors comment ont-ils fait ? La tente... Tout simplement... Elle est forcément une pièce à conviction et donc gardée de près. 44 ans plus tard, les tests génétiques plus avancés ont permis de donner un nouveau visage au mystère.
Mais (que de « mais ») la police n'a toujours rien dévoilé sur d'éventuels aveux ou l'arme du crime... On attend la suite et la Finlande continue de rêver dans ses rumeurs macabres et sordides.