
Les ambrés : Ce sont les parfums de la famille orientale.
Les hespéridés : Ils sont composés d'huiles essentielles tirées du zeste des agrumes : bergamote, citron, orange, pamplemousse, etc. L'eau de Cologne en est l'exemple type.
Les fougères : On y dénote des notes lavandées, boisées, de mousse de chêne, de la bergamote ou encore de la coumarine...
Les boisés : On perçoit ici des notes plutôt masculines comme le santal, le patchouli, le vétiver ou le cèdre. Elles sont souvent associées à des notes lavandées et hespéridées.
Les cuirs : Comme leur nom l'indique, ils rappellent l'odeur du cuir, avec des touches fumées, voire brûlées et tabac...
Les floraux : Ils révèlent le parfum d'une fleur telle que la rose, le jasmin, le lilas, la violette, le muguet ou la tubéreuse...

Comment fabrique-t-on du parfum ?
Saviez-vous que les graisses absorbent facilement les odeurs ? Jadis, on étalait de la graisse sur des plats en céramique. Depuis le XIXe siècle, on l'étale sur les deux faces en verre d'un châssis en bois. On applique une première couche de graisse que l'on raye avec un peigne en bois : cette technique se nomme l'enfleurage à froid. On l'utilise pour les fleurs fragiles, comme le jasmin, qui ne supportent pas la chaleur.
On pique ensuite les fleurs (de jasmin par exemple) dans la graisse. Une fois qu'elles sont écrasées, humides et fanées, on les trie avec leur feuillage. Pendant trois mois, la graisse absorbe ainsi leur odeur.
Tous les jours, il faut retourner le châssis et le tapoter pour faire tomber les fleurs que l'on remplace par des fraîches.
Pour information, 1 kg de graisse absorbe environ 3 kg de fleurs !
Au bout d'un moment, la graisse est saturée : elle ne peut plus absorber le parfum. On la retire alors à l'aide d'une cuillère plate en bois.
La graisse parfumée est introduite dans une « batteuse » avec de l'alcool ; le parfum, par agitation, se retrouve alors dans l'alcool. Après filtrage, on obtient ce que l'on appelle l'absolu.
Cette technique a été abandonnée depuis longtemps, car elle demandait trop de personnel et d'outillage. La graisse était également très difficile à manipuler. Aujourd'hui, seule l'usine « Robertet » pratique encore cette méthode pour certains parfums de grand luxe.

Qu'est-ce que l'enfleurage à chaud ?
L'enfleurage à chaud est une autre technique, utilisée à Grasse depuis très longtemps. On fait fondre de la graisse (pure et inodore) dans de grandes marmites chauffées au bain-marie, puis on y ajoute les fleurs. On remue le mélange pendant plusieurs heures et, le lendemain, on retire les fleurs pour les remplacer. L'opération se répète environ 10 fois... Au résultat final, on obtient une pâte parfumée : la pommade.
Comme pour l'enfleurage à froid, on introduisait la graisse parfumée dans des batteuses remplies d'alcool : on obtenait alors de l'absolu pur de pommade. On traitait ainsi la violette, la fleur d'oranger et la rose, par exemple, pour obtenir d'excellentes senteurs.

Comment fonctionne l'extraction par solvants ?
Au début du XXe siècle, une nouvelle méthode d'extraction a fait son apparition : l'extraction par solvants volatils. Elle permet d'extraire le parfum des plantes et des cires en épuisant vraiment toutes les senteurs de la plante.
On utilise cette technique pour les matières végétales fraîches comme le jasmin, la rose ou le genêt. Elle sert aussi pour les matières végétales desséchées (mousses, résines, baumes, produits animaux...) ainsi que pour les épices : poivre, gingembre...
L'extracteur est rempli avec un solvant (éther de pétrole ou benzène). On effectue plusieurs lavages avec ce solvant pour extraire le parfum.
Le solvant parfumé est envoyé dans un décanteur pour éliminer toute trace d'eau (il y en a beaucoup dans les fleurs). Le solvant remonte à la surface et l'eau est retirée pour le récupérer. S'il s'agit de fleurs, on obtient la concrète ; s'il s'agit de plantes ou de feuilles, on obtient un résinoïde. On procède ensuite à un lavage à l'alcool dans les batteuses : les cires végétales ne se dissolvant pas dans l'alcool.
Pour finir, on réalise un glaçage puis un filtrage pour se débarrasser des cires. Une fois l'alcool évaporé, on obtient l'absolu de concrète.

Comment utiliser la vapeur d'eau pour extraire le parfum ?
Il existe encore un autre procédé, plus ancien encore : il date du IVe siècle avant J.-C. et était utilisé par les Grecs et les Égyptiens. Pour extraire les huiles parfumées, on utilise la vapeur d'eau qui entraîne les essences. C'est très efficace pour les feuilles de géranium, les racines d'iris ou la lavande...
Les plantes sont placées dans un alambic, déposées sur une grille traversée par de la vapeur d'eau. Celle-ci s'élève, entraîne avec elle les parfums, passe par un long col de cygne, puis dans un serpentin glacé où elle se condense au contact du froid. Devenue liquide, l'huile reste en surface. Il est donc simple de séparer l'eau de l'huile, puisque le mélange est hétérogène.

Quelques liens utiles
Tests et dossiers sur le parfum.
Le parfum : un secteur phare de l'industrie française.
Histoire du parfum, et pleins de liens utiles, des sites officiels, persos, etc...
Pour finir, un joli poème de Charles Baudelaire, tiré des Fleurs du Mal :

LE PARFUM
*Lecteur, as-tu quelquefois respiré
Avec ivresse et lente gourmandise
Ce grain d'encens qui remplit une église
Ou d'un sachet le musc invétéré ?
Charme profond, magique, dont nous grise
Dans le présent le passé restauré !
Ainsi l'amant sur un corps adoré
Du souvenir cueille la fleur exquise.
De ses cheveux élastiques et lourds,
Vivant sachet, encensoir de l'alcôve,
Une senteur montait, sauvage et fauve,
Et des habits, mousseline ou velours,
Tout imprégnés de sa jeunesse pure,
Se dégageait un parfum de fourrure.*