
Une histoire d’amour gothique en Écosse
« En 1815 à Whaligoë, petite bourgade nichée au cœur de l’Écosse profonde, deux adolescents du village bravent les interdits en s’embrassant secrètement sur le site sacré des Craighorns, conformément à un vieux rituel gaëlique, pour matérialiser leur engagement l’un envers l’autre pour l’éternité. Douze ans plus tard, en chemin vers le nord, un écrivain en panne d’inspiration, Sir Douglas Dogson, et sa maîtresse toxicomane Speranza font halte par hasard à Whaligoë. Le couple bat de l’aile et Lord Douglas caresse l’idée du suicide lorsqu’il entrevoit, dans le cimetière qui jouxte l’auberge, une jeune fille spectrale qui s’allonge sur les tombes… » (Présentation Casterman)
Yann retrouve son univers romantique et mystérieux
Yann revient en ce mois de février avec une nouvelle série, Whaligoë. Dès les premières planches, nous nous retrouvons dans un paysage de landes perdues, battues par le vent. Un décor qui rappelle immédiatement les bandes dessinées qu’il signe habituellement sous le pseudonyme Balac. Utilisé originellement pour le premier tome de la série Sambre, Yann l’a réactivé pour Le Sang des Porphyre. À chaque fois, il s’agit de grandes histoires romantiques, d’histoires familiales tourmentées et entourées de mystères, un genre que le scénariste retrouve avec Whaligoë.
Un premier tome d’exposition aux dialogues acérés
Dans ce premier tome, Yann pose le cadre et les personnages. Pour l’instant, le lecteur reste dans le brouillard et ne voit pas où l’histoire le mènera. Mais si l’action risque de s’accélérer dans le second album, le premier se démarque par les dialogues acérés imaginés par Yann. Le récit s’agrémente de nombreuses joutes verbales entre l’écrivain en manque d’inspiration et la gente féminine, qu’il s’agisse de son amante un peu fanée ou de la jeune et piquante Emily.
L’art de Virginie Augustin : classicisme et modernité
Yann a confié le graphisme de ce diptyque à la jeune dessinatrice Virginie Augustin, qui s’est déjà illustrée avec Alim le Tanneur (chez Delcourt). Yann résume parfaitement le trait de cette dernière : « Pour Whaligoë, il fallait un dessinateur conjuguant deux talents opposés : un certain classicisme suranné dans le traitement narratif, afin de rendre crédible un récit très statique où l’action la plus violente se dissimule dans des joutes verbales d’apparence feutrée, et d’autre part, un traitement graphique original et contemporain, jouant sur un style acéré, épuré et stylisé, afin d’éviter de tomber dans le mièvre, le léché ou pire, le pompier… »
Ajoutez à cela les belles couleurs réalisées en collaboration avec Fabien Alquier, et vous obtenez un album de belle facture, nimbé à souhait de mystère.
Informations pratiques
- Titre : Whaligoë
- Auteurs : Yann et Virginie Augustin
- Éditeur : Casterman