
Venezia tome 1 : Triple Jeu
Le XVIe siècle est dominé par un climat de magouilles politiques, d'alliances fragiles et de guerres incessantes. Venise, la plus belle ville du monde, se trouve au centre des différents conflits. François Ier et Charles Quint y dépêchent donc leurs meilleurs espions respectifs. « Le Scorpion Noir », jolie fille au sacré caractère, espionne ainsi pour la France sous l'identité de Sophia Cantabella, cantatrice. Son homologue teuton, « l'Aigle », est dissimulé sous la barbe postiche du peintre Pintorello. Cantabella et Pintorello, qui logent dans la même pension, se haïssent ; « le Scorpion Noir » et « l'Aigle » s'aiment.
Voilà un sympathique point de départ qui promet une atmosphère agréable (la Venise du XVIe siècle) et des quiproquos et rebondissements à la pelle. Avec Trondheim au scénario, ça ne loupe pas et ce « triple jeu » est un régal. On s'amuse à suivre les péripéties mouvementées des deux héros, d'autant plus qu'ils sont entourés de personnages secondaires particulièrement savoureux : le vil Oriental Tufu, cruel et amateur de jolies filles, Carpaccio, le conseiller du Doge, et surtout le Doge lui-même, un petit rigolo naïf complètement dépassé par les événements. Tout ça n'est pas très intello, mais simple et bon enfant.
Le meilleur, c'est encore le dessin de Fabrice Parme, simple (mais vraiment efficace) et très caricatural. Les personnages sont marrants comme tout (il faut voir la tronche des gardes de Tufu), et les décors très jolis (et pour une histoire qui se passe à Venise, il avait intérêt à assurer de ce côté-là).
Un divertissement très agréable donc, et on attend la suite avec impatience.
Isaac le Pirate tome 1 : Les Amériques
Après Venise et ses complots, place à la piraterie !
Isaac est un peintre parisien fauché, en couple avec une jolie rousse instruite qui bosse pour l'écrivain public. Un jour, Isaac rencontre un type qui l'entraîne vers les Amériques sur un bateau pirate dont il doit retranscrire l'épopée en images. Pendant que sa nana survit comme elle peut à Paris, il vit la grande aventure en compagnie du capitaine Jean Mainbasse et de son équipage...
Voilà encore un excellent album. Christophe Blain fait partie de cette génération de jeunes auteurs intelligents, à l'œuvre déjà mûre et très personnelle (on pense au Capitaine Écarlate ou aux albums de Sfar). Il sait décrire ses personnages avec sensibilité et humour, et tout dans cet album contribue à nous entraîner dans l'atmosphère envoûtante des aventures d'Isaac : la narration dense, le dessin naïf (la couverture est absolument superbe), les couleurs...