
Parlons de Ronsard, le poète du XVIe siècle, humaniste et romantique avant l'heure. Sans vous faire sa biographie complète, rappelons que ce n'était pas un esprit coincé comme Pascal (qui appartient au classicisme et non à l'humanisme). En réalité, Ronsard était un homme séduisant qui aimait plaire. Sa vie fut marquée par trois grands amours, plus ou moins heureux : Cassandre, une belle Italienne, Marie, une jolie Angevine, et enfin Hélène, la noble Hélène de Surgères. Son avis sur l'amour ne reposait pas uniquement sur la théorie : il y avait de la pratique derrière...
Mais le plus important, c'est qu'il aimait par-dessus tout versifier ses amours et qu'il savait exprimer ses sentiments en trouvant les mots justes. Ce n'est pas pour rien qu'on le surnommait le « Prince des poètes ».
Comment Ronsard définit l'amour dans ses Sonnets pour Hélène
Voici l'essentiel, le premier de ses Sonnets pour Hélène :
Si c'est aimer, Madame, et de jour et de nuit
Rêver, songer, penser le moyen de vous plaire,
Oublier toute chose, et ne vouloir rien faire
Qu'adorer et servir la beauté qui me nuit ;Si c'est aimer de suivre un bonheur qui me fuit,
De me perdre moi-même et d'être solitaire,
Souffrir beaucoup de mal, beaucoup craindre et me taire,
Pleurer, crier merci et m'en voir éconduit ;Si c'est aimer de vivre en vous plus qu'en moi-même,
Cacher d'un front joyeux une langueur extrême,
Sentir au fond de l'âme un combat inégal,Chaud, froid, comme la fièvre amoureuse me traite,
Honteux, parlant à vous, de confesser mon mal ;Si cela c'est aimer, furieux je vous aime.
Je vous aime et sais bien que mon mal est fatal,
Le cœur le dit assez, mais la langue est muette.
C'était la vision de Pierre de Ronsard, et je trouve qu'il a raison.
Le romantisme est-il réservé aux filles ?
Notez que c'est un homme qui a écrit ces vers, ce qui prouve bien que le romantisme n'est pas réservé aux filles, comme le soulignait Zak le torturé dans son article « Les garçons aussi sont romantiques ».