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Un dernier verre au World Trade Center

Un homme d'affaires new-yorkais voit sa vie s'effondrer : divorce, chute des actions, contrat refusé. L'alcool pour seul réconfort, il affronte son destin quand un avion fonce sur son bureau.

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Lorsque mon réveil sonna, plus qu'une envie de rester au lit m'envahit. Un mauvais présage m'ordonna de m'évanouir dans mes draps.

Mais l'homme d'affaires que je suis n'aurait pas pu s'offrir un appartement aussi spacieux dans une ville si chère en restant au lit.

Je pris ma douche rapidement pour me vêtir prestement. Une fois ma cravate nouée, je partis au bureau.

Sorti du métro, j'empruntai l'ascenseur pour atteindre mon étage. Aujourd'hui, c'est le grand jour : j'allais enfin savoir si mon gros contrat serait signé. Dans le cas contraire, ce serait dramatique.

À peine eus-je posé mon derrière dans mon confortable fauteuil que le téléphone sonnait déjà.

— Allo !

C'était ma femme : elle avait décidé d'entamer une procédure de divorce.

Je raccrochai furieusement ce putain de téléphone et je me servis un whisky. Mais il m'en fallut deux autres.

Le téléphone sonna encore pour m'apprendre que le cours de mes actions venait de perdre 22 %. Je réussis à sauver les meubles en vendant ce qui me restait.

Un autre whisky fut nécessaire. Je m'allumai une cigarette en me demandant ce qui arriverait si les Japonais refusaient le contrat.

Le téléphone résonna, me faisant sursauter : « Allo ? »

Mon contrat était refusé. Je défis ma cravate et m'envoyai un autre verre.

Lorsque ma secrétaire entra dans mon bureau, je finissais la bouteille au goulot.

— Vous êtes licenciée.

Elle me regarda d'un air pétrifié et laissa tomber ses dossiers par terre.

— C'est pas un drame, faut pas le prendre comme ça, lui dis-je.

C'est alors que j'entendis un bruit et je compris que ce n'était pas moi que ma secrétaire regardait.

Je donnai un grand coup de pied dans mon bureau et mon fauteuil se tourna vers les fenêtres.

— En effet !

Il y avait de quoi en perdre ses dossiers.

Un avion de ligne nous fonçait droit dessus. Je restai assis.

Je croisiais les jambes et je me mis à rire face à la baie vitrée. ROCK N'ROLL.

L'avion entra dans mon bureau et je crus voir les pilotes fous.

Le bureau explosa, tout comme l'avion. La suite, vous la connaissez tous.

À l'heure actuelle, je suis de la poussière qui flotte au-dessus de New York.

Une fin à la con pour une vie de merde.

Le 11 septembre 2001,

Écrit par Azzoug Alex d'après une idée originale d'Oussama Ben Laden.

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