
Tigresse Blanche : un prologue captivant aux Innommables
« Question n°1 : Alix s'emparera-t-elle de Fat Girl avant ces diables d'Américains ? (Pour les malheureux qui auraient raté le début, Fat Girl est le nom d'une bombe atomique au détonateur révolutionnaire). Question n°2 : réussira-t-elle à préserver sa fleur de jade des assauts enthousiastes du diamant chauve ? (Pour ces mêmes malheureux, désolé, mais la décence nous interdit de dévoiler ici le sens de ces expressions si joliment fleuries). Question n°3 : le camarade lecteur ronronnera-t-il de plaisir à la lecture de ce deuxième tome de Tigresse Blanche ? » (Présentation Dargaud)
Une préquelle aux Innommables : le retour d'Alix
Yann et Didier Conrad retrouvent Alix, le personnage le plus séduisant de leur série BD culte Les Innommables. Avec Tigresse Blanche, les auteurs retracent l'histoire de l'héroïne avant sa rencontre avec Mac. Ce prologue aux Innommables leur permet d'explorer la Guerre froide et Hong-Kong avec dérision, recréant l'atmosphère caractéristique de la série mère.
Une satire intelligente de la Guerre froide et des clichés
Yann et Conrad parodient les clichés sur la Chine et le Parti communiste, tout en caricaturant certains personnages cultes de la bande dessinée. L'influence la plus évidente est Francis Flake, personnage de Jacobs, mais l'univers de Tintin ne reste pas épargné, notamment avec Le Lotus bleu.
Jeux de mots, allusions à connotation sexuelle et sous-entendus parsèment cet album pour notre plus grand amusement. Cependant, les albums de Yann et Conrad ne sont jamais pure bouffonnerie. À travers ce monde instable de la Guerre froide, les auteurs interrogent les incertitudes de notre époque contemporaine. Derrière le rire se cache une réalité bien amère. De plus, ils évitent tout simplisme en n'épargnant aucune des forces en présence : ici, tout le monde tue tout le monde, et personne n'échappe au ridicule.
Le graphisme de Didier Conrad : délicatesse et mouvement
Les amateurs des Innommables retrouveront le style graphique particulier de Didier Conrad. Son dessin traduit non seulement la dimension burlesque du scénario, mais retranscrit aussi l'atmosphère de Hong-Kong telle qu'on l'imaginait à travers les vieux films. Le trait de Conrad se fait particulièrement délicat quand il s'agit de représenter Alix. Le dessinateur fait preuve de toute son habileté pour donner vie aux mouvements, notamment la vivacité remarquable de la chevelure de l'héroïne.
Peau de pêche et cravate de soie : un mystère enfin révélé
Ce deuxième tome marque la fin du mystère qui régnait autour de la « Fat Girl ». Un album à lire sans plus attendre.
Fiche technique
- Série : Tigresse Blanche
- Titre : Peau de pêche et cravate de soie (tome 2)
- Auteurs : Yann, Didier Conrad
- Éditeur : Dargaud