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Livres

Soleil, un éditeur qui prend le lecteur pour un con

Soleil publie-t-il des BD médiocres pour maximiser son profit ? Critique acerbe d'un modèle qui transforme le 9e art en simple marchandise.

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Soleil, nouveau monstre de l'édition de bande dessinée, a-t-il décidé d'aliéner le lecteur en publiant chaque année des séries plus idiotes les unes que les autres ? Au nom d'une loi universelle — capitalisme quand tu nous tiens — croit-il que le lecteur ne peut faire la différence entre une bonne BD, sans effets spéciaux ni grand méchant perfide, et une simple marchandise ? Une bande dessinée s'adresse à un public qui reconnaît dans le 9e art bien plus qu'un intermédiaire entre le livre et le dessin. Bref, Soleil, que fais-tu à part te remplir les poches ?

Le phénomène de la BD superstar

Nous constatons depuis quelques années l'essor de la BD superstar. Ces auteurs sont de mieux en mieux payés, de plus en plus marketés, et tout cela se fait au détriment du lecteur-consommateur. Mis à part des super monstres, des super pouvoirs et des légendes à la con, ce dernier ne retrouve plus ce léger charme qui faisait de la BD un art à part entière. Le charme est rompu.

Lanfeust de Troy : quand l'éditeur tire sur la corde

Prenons l'exemple de la très prisée Lanfeust de Troy, scénarisée par l'auteur fétiche de Soleil, Scotch Arleston, et dessinée par Tarquin (très bon, d'ailleurs). Qu'en est-il à la fin ? Huit tomes pour une série qui pouvait en faire cinq à tout casser. On tire sur la corde : on publie trois tomes géniaux où l'on avance dans l'histoire, le lecteur devient accroc, la maison d'édition rentabilise son investissement. Et voilà nos deux comparses qui nous sortent l'année d'après un tome en bois, puis un autre, encore un, et un dernier pour la route où on a l'impression de se retrouver dans Dragon Ball Z.

Bref, en tant qu'éditeur, je publie une camelote sans nom. Si j'avais mis un peu la pression sur mes deux amis, j'aurais certes moins maximisé mon profit, mais je n'aurais pas pris mon lecteur pour un con.

Profit contre nature de la BD

C'est ce que je dénonce ici. Les séries en elles-mêmes, who cares ? Je trouve simplement que privilégier le profit sur la véritable nature de la BD ternit un peu l'image de celle-ci, et c'est bien dommage. Mais bon, si je commence à m'engouffrer dans les limites du capitalisme, demain j'y suis encore, puis plein de personnes beaucoup plus qualifiées que moi vous en parleront...

Pourtant, les bonnes bandes dessinées continuent d'exister et de sortir... Et pas que sous des grands noms. Prenons par exemple l'excellentissime Blacksad, publié par Dargaud : le lecteur plonge dans une ambiance sombre, avec un héros qui nous rappelle Téléchat (émission des années 80 ndla), une intrigue à la Simenon et un coup de pinceau extraordinaire. Une grande série en prévision.

Mais pour revenir à nos camarades de chez Soleil, certes j'ai cité Lanfeust, mais il y en a d'autres : Lanfeust des Étoiles, Marlissa, Les Forêts d'Opale, Kookaburra Universe, Luuna et j'en passe...

L'effet « déjà vu » des séries Soleil

Tiens, parlons de Kookaburra Universe. La BD en elle-même est tout à fait acceptable, mais cela sent le déjà vu. Il se prend pour Froideval, celui-là ? Et ce n'est pas un compliment que je lui fais : le traiter de Froideval, ce n'est pas très gentil. Lui aussi, on a l'impression que chaque année il faut qu'il sorte sa grosse daube, hein Crisse ?!

Bon, certes je ne vais pas me faire des amis avec cet article, mais il faut dire un peu les choses comme elles sont de temps en temps. Comprends-moi, ô lecteur, cet article n'a pour seul objectif que de dénoncer quelque peu l'abus et la prise pour un imbécile du lecteur...

Peut-être que ce lecteur ne recherche que cela, d'ailleurs, s'il achète. Bref, toute une socialisation à (re)faire peut-être.

Appel à la vigilance du lecteur

Pour terminer ce cri de déception, toi, le lecteur, pose-toi les questions suivantes : ces BD, avec des super-héros qui sont tous les « Élus », qui vont abattre le grand méchant vilain, pas beau, tu veux vraiment les acheter ? Car c'est sûr : si tu arrêtes, ils comprendront qu'il faut trouver autre chose, qu'il faut arrêter la « BD-marketing ».

Le lecteur ciblé, l'ado, est aussi un être qui sait prendre le recul nécessaire pour distinguer les bonnes choses des mauvaises. Lecteur, libère-toi, libère ton intellect, laisse-toi aller, laisse ton esprit parler, vis à 200 % ta vie, et rejette ces navets indigestes.

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tadamm
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