
Un thriller psychologique captivant entre Paris et New York
"Gaspard de Saint Amand, patron de la World "G" Company, l'un des hommes les plus influents du business international, fête ses 40 ans à New York. Mais ce jour-là, tout s'effondre. Son médecin lui annonce qu'on vient de lui déceler une tumeur au cerveau. Il lui reste tout au plus six mois à vivre. Effondré, Gaspard décide de consacrer cette brève période à un seul objectif : renouer avec Anna, la jeune femme qu'il a autrefois passionnément aimée et qu'il n'a jamais oubliée. Il ne peut pas, toutefois, recréer de tels liens directement. Anna, qui vit à Paris, se refuse à tout contact avec Gaspard, qu'elle tient pour responsable de la mort de son frère. Mobilisant toutes les ressources de son immense fortune, Gaspard met au point un plan complexe afin de reconquérir malgré tout la jeune femme par procuration : le propre frère de Gaspard, Mathieu, entre en scène.
Mais rien n'est aussi simple qu'il y paraît : on découvrira au fil des pages que la manœuvre dont Gaspard pense être l'auteur n'est pas de son fait, et que le manipulateur est peut-être bien manipulé..." (Présentation Casterman)
Raphaël Drommelsclager : un thriller entre suspense et sentiments
Les éditions Casterman ont publié récemment le dernier roman graphique de Raphaël Drommelsclager (auteur des Voyages de Kaël et scénariste des 4 Princes de Ganahan), Paris-New York, New York-Paris. Dans ce nouveau récit, l'auteur offre un véritable thriller teinté d'histoire sentimentale. Le scénario est bien construit sur un rythme parfaitement maîtrisé. L'auteur alterne le suspense, les scènes d'action et les moments d'introspection des personnages. L'album repose sur le thème de la manipulation, mais il ne faut pas se fier aux apparences : un manipulateur peut également être manipulé. Au final, c'est surtout le lecteur qui se fait promener par l'auteur.
La structure polyphonique : trois personnages, trois perspectives
L'originalité de cette bande dessinée réside dans sa narration polyphonique. L'album se décompose en trois parties, chacune racontée par un personnage différent : Gaspard, Anna et Mathieu. L'auteur multiplie ainsi les points de vue sur la même histoire. Si les trois personnages nous racontent les mêmes événements, chaque récit apporte des détails que ne connaissent pas les autres, présente les faits sous une autre facette et fait avancer le scénario d'ensemble.
Chaque partie se teinte de la sensibilité du personnage. La partie de Gaspard est marquée par le cynisme et la manipulation. Celle d'Anna se caractérise par la douceur et la mélancolie. Dans le troisième chapitre, l'auteur explore la rancœur de Mathieu envers son frère. Raphaël Drommelsclager accentue ce découpage en attribuant une couleur à chaque personnage. L'ensemble de l'album est en noir et blanc, plus une couleur caractérisant les personnages : le bleu pour Gaspard, le rouge pour Anna, et le vert pour Mathieu.
Un dénouement tendre et réconciliateur
Ces trois personnages, qui s'étaient séparés pour des raisons multiples, vont finalement combattre la même personne et retrouver des relations apaisées à la fin de l'album. L'épilogue voit ainsi se réunir Anna et Gaspard, tandis que les trois couleurs qui ont été déclinées dans les différentes parties de l'histoire convergent. Certains trouveront que le dénouement joue trop sur le happy-ending, d'autres apprécieront la grande sensibilité de Raphaël Drommelsclager.
La mise en page et le dessin : maîtrise et fluidité
La mise en page est plutôt classique mais efficace et variée. Raphaël Drommelsclager maîtrise parfaitement l'art des champs/contre-champs dans les scènes de confrontation. Les scènes d'action sont rapides et très fluides. On regrettera parfois certaines faiblesses du dessin, notamment au niveau de certains visages. Mais l'ensemble est plutôt de bonne facture. On soulignerait tout le soin apporté à la maquette de l'album, particulièrement réussie.
Titre : Paris-New York, New York-Paris
Auteur : Raphaël Drommelsclager
Éditeur : Casterman