Image 1
Livres

Noirhomme : Ouverture

Noirhomme mêle le mythe de Faust à l'époque romantique. Alceste Boursault affronte ses remords incarnés en une créature sombre.

As-tu aimé cet article ?

Image 1

Alceste Boursault : du journalisme à la damnation

« Fine plume du journal La Vie française, le jeune journaliste Alceste Boursault a brusquement tourné le dos à une carrière prometteuse pour se fiancer à la fille d'un influent banquier, rencontrée alors qu'il enquêtait sur les affaires douteuses de son père. Son futur beau-père l'a même recruté pour travailler à la banque à ses côtés. Depuis lors, Alceste s'efforce – difficilement – de s'habituer à son nouveau métier, plus rassurant mais aussi plus ennuyeux, plus terne. Ses remords se manifestent sous la forme d'un étrange et sombre personnage, qui lui apparaît périodiquement et que lui seul semble voir : décharnée, à peine humaine, un regard et un rictus tout droit sortis de l'enfer, la créature incite Alceste à faire paraître malgré tout les informations compromettantes recueillies sur le banquier... » (Présentation Casterman)

Noirhomme : une série de bande dessinée captivante et inquiétante

Hamo et Antoine Maurel, deux jeunes auteurs, proposent chez Casterman une nouvelle série bien étrange et captivante : Noirhomme.

Le premier tome, Ouverture, nous plonge en plein XIXe siècle dans le monde de la presse et de la littérature. Les auteurs font revivre l'époque romantique en faisant apparaître Victor Hugo en personne. De nombreuses références littéraires émaillent cet album : des personnages à la Rastignac prêts à tout pour parvenir à leurs fins, et des échos à l'œuvre de Maupassant, Bel-Ami, notamment par l'évocation du journal La Vie française et son rédacteur en chef, Monsieur Walter.

Le mythe de Faust réinterprété : qui est le Noirhomme ?

L'originalité de l'album tient surtout à la reprise du mythe de Faust, vendant son âme au diable, qui prend ici la forme du Noirhomme. Antoine Maurel, le scénariste, définit cette créature énigmatique comme « la part sombre de l'humain : la déprime, la solitude, la mélancolie. Ces sentiments qui sont en chacun de nous ou presque, tout le temps ».

Les auteurs réunissent ainsi plusieurs topos romantiques en un seul personnage, qui reste profondément mystérieux tout au long de l'album. Au-delà de son malin plaisir à tourmenter les hommes, nous en savons peu sur ses véritables motivations. Tout aussi énigmatique, la partie d'échecs qu'il entame avec un autre personnage dont nous ne connaissons pas encore l'identité.

Une ouverture pleine de promesses

Comme son nom l'indique, ce premier album est une ouverture où les auteurs commencent à nous présenter trois intrigues apparemment différentes, sans dévoiler la mécanique finale. La curiosité du lecteur est vivement aiguisée à la fin de cet album, qui présage une série passionnante à suivre.

Un graphisme au service de l'atmosphère sombre

Le graphisme fin de Hamo sert à merveille cette histoire. Sa mise en page classique rend l'ensemble de la lecture très fluide et agréable. Les tonalités vertes et brunes des couleurs de Benoît Bekaert rappellent la dimension sombre du Noirhomme et renforcent l'atmosphère oppressante de ce premier tome.

Fiche technique

Série : Noirhomme
Titre : Ouverture
Auteurs : Maurel et Hamo
Éditeur : Casterman
Collection : Ligne d'Horizon

As-tu aimé cet article ?
lorna
411 articles 1 abonnés

Commentaires (0)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...

Articles similaires