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Nicole Fyfe-Martel : Hèlene de champlain

À 12 ans, Hélène est forcée d'épouser Samuel de Champlain. Un roman féministe poignant sur le destin des femmes, mariées contre leur gré au XVIIe siècle.

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Hélène de Champlain n'avait que 12 ans lorsqu'on l'a forcée à épouser l'explorateur Samuel de Champlain, alors âgé de plus de 40 ans. Ce roman poignant relate l'histoire vraie de cette jeune fille, promise à un homme qui avait trois fois son âge.

Un roman féministe sur le destin des femmes au XVIIe siècle

Au-delà du récit historique, c'est une œuvre féministe dénonçant l'emprise des hommes sur le destin des femmes. À cette époque, ces dernières ne sont qu'une monnaie d'échange dans le jeu des intérêts masculins.

Le roman explore aussi la différence psychologique entre les hommes et les femmes. Les femmes valorisent le bonheur individuel et l'amour, tandis que les hommes recherchent la conquête, la maîtrise et le monopole : ils s'affirment en étendant leur empire.

C'est la loi du plus fort. Dans ce monde à l'aube de la découverte du Nouveau Monde, l'humanité des femmes ne pèse pas lourd. Comme le rappelle l'héroïne à son amoureux qui voudrait l'épouser : « Elles ne détiennent pas les clefs de leur destin. » (J. L.)

Extrait du roman « Hélène de Champlain »

« Autant sa motivation m'était énigmatique, autant ma pensée était nette, précise et déterminée. Jamais je n'aimerais ce personnage, aussi illustre fût-il ! »

Ce premier tome du roman de Nicole Fyfe-Martel décrit superbement l'époque de Champlain, aussi bien à la Cour royale qu'en province, alors que naît le Nouveau Monde.

« Le sieur de Champlain avait le geste rare et saccadé. Son front haut, son nez arqué et sa bouche mince confortaient le sérieux de ses propos. Sa peau avait été cuivrée par les vents du large. On m'avait rapporté qu'il avait traversé près d'une quinzaine de fois les eaux de l'Atlantique, exploré les Indes occidentales, longé les côtes du nouveau continent vers le sud et fraternisé avec des nations indigènes croisées en route. On m'avait dit encore qu'il avait défié d'abominables froidures au cours de deux hivers passés à Port-Royal en Acadie. Il fit tout cela, après une brillante carrière militaire dans les armées françaises à la fin des guerres de Religion. Je l'imaginai officier d'armée en Bretagne portant oriflamme et mousquet puis capitaine de navires, astrolabe et cartes à la main, et plus j'imaginais, moins je comprenais. Comment un homme au passé si exceptionnel en était-il venu à conclure ce marché avec mon père ? Comment avait-il pu concevoir de me voler ma vie en foulant de ses bottes d'explorateur toutes mes espérances et cela sans même me connaître ?

De temps à autre, d'un geste de la main, il repoussait ses cheveux grisonnants derrière ses épaules. Une fois, il me regarda. Je soutins froidement son regard. Il retourna à la discussion.

Nous appartenions à deux univers incompatibles, à deux mondes étrangers. Aucun avenir n'était possible entre nous. Pourquoi ? Autant sa motivation m'était énigmatique, autant ma pensée était nette, précise et déterminée. Jamais je n'aimerais ce personnage, aussi illustre fût-il ! Jamais je ne serais son épouse.

Séléné serait la compagne de ma résistance secrète. Ma chatte aux couleurs du rêve perdu, le vert et l'ambre, l'ambre et le vert... Sa chaleur réchauffait ma joue et réconfortait mon cœur.

— Ludovic, chuchotai-je faiblement dans le fin duvet couleur de lune.

— Miaou ! fit-elle en léchant le bout de mon nez. » (p. 112-113)

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