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Nero : Arkhangelsk

Nero poursuit son enquête psychologique en Italie. Ce deuxième tome mêle thriller policier et exploration de la psyché d'un meurtrier.

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Un polar psychologique italien captivant

« Les terribles blessures infligées à la jeune fille ont été grossièrement recousues sur les lieux du crime, très certainement par son assassin. Nero a remonté la piste du criminel Ivan Vanenko, permis son arrestation et trouvé son journal personnel. Il l'étudie pour comprendre sa psyché et ses motivations. Le père d'Ivan était un rescapé de la Deuxième Guerre mondiale qui avait vu mourir tous ses frères d'armes ainsi que sa femme. La mort l'a toujours entouré et il a appris à son fils à l'accepter dès l'enfance, avec des méthodes traumatiques qui se sont imprimées dans la mémoire de l'enfant. La première des leçons paternelles a par exemple été de lui donner un petit chien et ensuite de l'obliger à le tuer. Ivan a grandi ainsi, froid et cynique, en apprenant à éviter tous liens avec quiconque...

Fasciné par Vanenko, Nero le suit en voiture lors d'un transfert en fourgon blindé. Un accident survient, au cours duquel tout le monde est tué, sauf Nero et Ivan. Le criminel est à nouveau en liberté... » (Présentation Casterman)

Arkhangelsk : une suite surprenante et noirâtre

Le deuxième tome de Nero est paru au catalogue Casterman en juin dernier pour notre plus grand plaisir. Les trois auteurs italiens, Mutti, Crippa et Bussacchini, poursuivent leur polar qui s'avère beaucoup plus surprenant dans ce deuxième album. Les auteurs reprennent les crayons pour décrire un monde toujours aussi lugubre. Leur réalisme froid et noir demeure implacable jusqu'à la dernière case.

Les codes du polar sont à nouveau présents dans ce scénario : un ex-flic devenu privé et déprimé (la voix off donne accès au lecteur aux sombres pensées de Nero), une enquête sordide avec des cadavres en série... Mais le scénario favorise ici l'aspect psychologique, puisque Nero, tout en étant sur la trace physique du meurtrier Ivan Vanenko, retrace aussi la vie et notamment l'enfance de ce dernier. Nous sommes en quelque sorte dans une double quête pour découvrir la vérité.

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Une frontière trouble entre bien et mal

Cette quête n'est pas sans danger pour notre détective, car à trop chercher à se mettre dans la peau du meurtrier, la frontière entre le bien et le mal devient floue. Le lecteur se perd également et subit la tension qui se fait sentir tout au long de cette BD. La surprise finale est particulièrement bien trouvée et donne toute son originalité à cette histoire qui semblait, dans le premier album, un simple polar comme bien d'autres. Les auteurs ont finalement bien eu leur lecteur, bercé par ses vieilles habitudes.

Une atmosphère visuelle pesante et singulière

Le dessinateur Andrea Mutti et le coloriste Bussacchini (cité en couverture, ce qui est assez rare pour un coloriste en BD, pour être signalé) créent une atmosphère pesante qui convient à merveille au scénario. Ils dépeignent une Italie grisâtre et glacée par la pluie. Les personnages se démarquent par leurs traits improbables, ce qui fait tout le cachet de cette série.

Fiche technique

  • Série : Nero
  • Titre : Arkhangelsk
  • Auteurs : Crippa, Andrea Mutti, Bussacchini
  • Éditeur : Casterman
  • Collection : Ligne Rouge
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lorna
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