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Natascha Kampusch : 3096 Tage

Découvrez l'histoire poignante de Natascha Kampusch dans son livre "3096 Tage", un récit bouleversant sur 8 ans de captivité et sa lutte pour la liberté.

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Captivité cauchemardesque à laquelle elle a fait face avec courage et patience. Le 2 mars 1998, à l'âge de 10 ans, Natascha est enlevée alors qu'elle se rendait à l'école. Ce matin-là, premier jour où elle a eu le droit de prendre le chemin de l'école seule, elle claque la porte de chez elle sans un mot pour sa mère (suite à une dispute la veille). La rue pleine de monde la met mal à l'aise, elle se sent très mal, pleure tout en marchant. Quand soudain, elle se sent soulever et jeter sur le siège passager d'une camionnette blanche qu'elle avait aperçue de loin. Son ravisseur, Wolfgang Priklopil, l'enferme le jour même dans une cave d'environ 5 m², enfouie derrière une porte de bois, une porte blindée et un coffre fort, au fin fond de sa maison de Vienne. Cette cave, qu'elle appellera son "cachot", sera son lieu de vie durant 8 ans et demi, 3096 jours pour être exacte.

L'enfer du quotidien et les rares sorties

Au fil des chapitres, Natascha explique l'enfer qu'elle a vécu, les coups que lui donnait son ravisseur, la faim et la malnutrition. Il lui arrivait de ne rien manger pendant des jours avant qu'il ne lui jette au sol un sac de carottes. Elle devait également effectuer parfaitement les tâches ménagères si elle ne voulait pas retourner dans sa prison. Ce n'est que quelques années plus tard qu'elle a pu sortir de sa cave et mettre les pieds dans son jardin, la nuit et toujours en présence de Priklopil.

À 14 ans, Natascha passa sa première nuit hors de son cachot, liée par le poignet à son bourreau, avec qui elle partageait son lit de temps en temps. Plusieurs semaines après, elle revit le soleil le temps d'une baignade dans la piscine des voisins qui s'étaient absentés.

Elle a eu plusieurs fois l'occasion de s'échapper : lors d'un contrôle de police, d'achats dans un magasin de bricolage ou d'un court séjour au ski. En vain. Elle ne voulait surtout pas mettre la vie d'autrui en danger, car Priklopil l'avait maints et maints fois mise en garde : "Si tu tentes quoi que ce soit, je te tue, toi ainsi que tous ceux qui le sauront !" Natascha pensait, à tort, qu'il était constamment armé et qu'il n'hésiterait pas à faire usage de son arme si elle osait s'enfuir ou parler à quiconque.

L'évasion du 23 août 2006

Le 23 août 2006, Natascha passait l'aspirateur dans la camionnette de Priklopil qu'il prévoyait de vendre. Lorsqu'il reçut un appel d'une personne intéressée par l'appartement qu'il avait récemment rénové et mis en location, il s'écarta de la voiture pour mieux entendre. Ce fut la première fois qu'il laissa Natascha seule sans surveillance, la première fois qu'il la quittait des yeux. Après cette seconde où elle resta pétrifiée, elle lâcha l'aspirateur et se mit à courir. Sur sa route, elle trouve trois personnes qui n'avaient pas leur téléphone mobile sur elles ; elle continue sa course jusqu'à arriver dans un jardin où une vieille dame était accoudée à sa fenêtre.

« Je suis Natascha Kampusch, j'ai été enlevée, prévenez la police !! »

La prenant pour une folle, la dame rétorqua : « Très bien, mais restez près de la haie et ne marchez pas sur ma pelouse ! »

Natascha fut prise en charge par la police, elle expliqua son histoire et retrouva sa famille. Les autorités autrichiennes n'ont pas réussi à retrouver Wolfgang Priklopil, et pour cause : il s'est suicidé en se jetant sous un train le soir même.

Syndrome de Stockholm et deuil du ravisseur

Dans son livre, Natascha Kampusch réfute l'idée d'être une victime du syndrome de Stockholm. Elle explique que si elle lui obéissait, si elle n'a pas eu le courage de s'échapper auparavant, ce fut seulement pour préserver sa vie. Elle était consciente que Priklopil était un criminel et qu'il aurait dû être puni si elle était encore en vie. Elle a tout de même porté son deuil pour ce ravisseur qui fut, malgré tout, "sa seule famille pendant 8 ans et demi". Elle a demandé, en guise de dommages et intérêts, l'acquisition de la maison de Wolfgang Priklopil. « L'idée qu'un admirateur pervers du criminel puisse acheter cette maison était pour moi une vision d'horreur », dit-elle.

Une lecture poignante

Je n'ai pas dévoilé tous les détails de ce livre qui m'a profondément émue, notamment les étapes qu'elle a vécues après son évasion. Les témoignages, touchants ou horribles, qu'elle a reçus, les propositions incompréhensibles qui lui ont été faites, malgré le crime dont elle a été victime.

Pour ma part, une fois le livre débuté, j'ai eu l'impression d'être à ses côtés tout au long de son récit. Malgré son horreur, cette histoire est émouvante et la fin en reste belle.

Natascha Kampusch, 3096 Tage (3096 jours, éd. JC Lattés) 20 €.

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laury
laury @laury
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