
Un incendie de Rome qui ravive les légendes
« Néron en a rêvé. Lucius Murena l'a fait : incendier Rome. » C'est par ces mots que débute cet huitième tome de la série Murena, entièrement consacré à l'apocalypse urbaine. Patriciens et plébéiens cherchent désespérément à fuir et protéger leurs proches. Certains se jettent dans le Tibre, d'autres préfèrent se livrer aux flammes. Les plus chanceux atteignent le Champ de Mars. Le quartier du Transtibérin, épargné par les flammes, accueille les chrétiens qui, aux côtés de Murena, tentent de venir en aide aux habitants. Mais l'infâme Tigellin les désigne comme coupables.
L'histoire au service de la fiction
La série historique Murena entrelace habilement figures illustres et personnages de fiction, tous dotés de destinées passionnantes. L'intrigue, fertile en rebondissements, s'inspire de faits historiques bien réels tout en respectant scrupuleusement l'Histoire avec un grand H. Cet album sera marqué par le sang, les larmes et le feu qui dévaste la ville. Mais si Rome attise la cupidité de personnages abjects comme Tigellin, elle révèle aussi quelques belles âmes : celle de Pierre et des premiers chrétiens, celle de Murena qui, en expiation de sa faute, tentera de sauver des vies. Quant à l'empereur, plus homme que dieu, il doute.
Le second cycle : l'époque de Poppée
Ce huitième tome constitue la fin du second cycle de la série, celui de « l'épouse » placée sous le signe de Poppée, qui a remplacé Agrippine. Ce cycle dépeint une Rome fastueuse mais traversée par de multiples complots. Le dessin est somptueux et foisonne de détails.
Un scénario épique maîtrisé
Le rythme du scénario est bien maîtrisé. Le souffle épique de la série ne s'affaiblit pas dans ce huitième album entièrement consacré à l'incendie de Rome. Revanche des cendres nous plonge immédiatement dans un paysage apocalyptique où chaque personnage, des plus illustres aux plus anonymes, lutte pour sa survie. Les auteurs multiplient les scènes dramatiques avec efficacité.
Ces effets scénaristiques n'empêchent pas une rigueur implacable. La trame de fond se base sur des éléments historiques évoqués avec justesse. D'ailleurs, plusieurs historiens reconnaissent le travail documentaire important effectué pour cette série.
Un dessin entre classicisme et modernité
Le dessin de Delaby oscille subtilement entre classicisme et modernité. Son attention au détail concernant les décors et les vêtements lui permet de dépeindre une Rome plus vraie que nature. L'aspect parfois un peu froid de l'album s'avère parfait pour retranscrire ce monde sans concession.
Informations pratiques
Série : Murena
Titre : Revanche des cendres
Auteurs : Dufaux – Delaby
Éditeur : Dargaud