Couverture du livre « Miroir du Cyclisme : L'histoire d'un magazine mythique » de Bernard Chambaz, composée d'un collage de quatre photographies de coureurs professionnels des années 1970-1980 en maillots Mercier, Bic, Faema, Renault et Reynolds.
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"Miroir du cyclisme" : le beau livre hommage de Bernard Chambaz

Le beau livre "Miroir du cyclisme", signé Bernard Chambaz et préfacé par Bernard Hinault, est paru le 18 septembre 2026 chez En Exergue, au prix public de 35 euros indiqué par la Bibliothèque nationale de France. Il raconte le magazine disparu en 1994 plutôt qu'une histoire générale du cyclisme ; ni tirage ni ventes ne sont publics.

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Le 18 septembre 2026, En Exergue éditions a publié "Miroir du cyclisme", un volume relié de près de 200 pages signé Bernard Chambaz, préfacé par Bernard Hinault, vendu 35 euros. Un livre sur un magazine de vélo disparu en 1994 : l'objet paraît étrange à qui ignore ce que représentait la revue. Il est en réalité très cohérent - à condition de ne pas lui demander de prouver ce qu'il ne prouve pas.

Affiche ancienne montrant Bernard Hinault en maillot jaune et noir Renault sur son vélo, avec les mentions « Bernard Hinault » et « Un champion d'exception » sur fond blanc.
Affiche ancienne montrant Bernard Hinault en maillot jaune et noir Renault sur son vélo, avec les mentions « Bernard Hinault » et « Un champion d'exception » sur fond blanc. - (source)

Un objet de 35 euros, deux titres

Les données matérielles sont stables et vérifiables. Éditeur : En Exergue éditions, marque des Éditions de la Martinière au sein de la société EDLM. Dépôt légal : septembre 2026. ISBN 978-2-488076-59-3. Format : 22,6 × 29,3 cm, relié, entre 190 et 192 pages. Prix public : 35 euros, tel que l'enregistre la Bibliothèque nationale de France. Conception graphique et recherche iconographique : ZS studio. Préface : Bernard Hinault.

Un détail mérite l'attention, parce qu'il dit tout du positionnement. La page de titre du fichier éditeur annonce "L'histoire d'un magazine mythique". Les fiches marchandes, elles, vendent "le livre hommage". Deux titres pour un même ouvrage : c'est la trace d'un arbitrage commercial. Un livre d'histoire s'adresse à un lecteur ; un livre hommage s'offre. À 35 euros et au format d'une planche de photographies, l'objet est calibré pour le second usage autant que pour le premier.

Ce que le sommaire raconte vraiment

Le sommaire, reproduit dans les pages liminaires, organise l'ouvrage en trois massifs : les années Anquetil, les années Merckx, les années Hinault. À l'intérieur, les chapitres s'appellent "La grâce de Coppi", "L'ombre de Bobet", "Le premier numéro", "Les cinq Tours d'Anquetil", "Poupou", "Les cinq Tours de Merckx", "La chute d'Ocaña", "Les cinq Tours d'Hinault", "Il professore Fignon", "LeMond et le monde" - et, en fin de volume, une section sur le cyclotourisme.

Couverture du livre « Miroir du Cyclisme : L'histoire d'un magazine mythique » de Bernard Chambaz, composée d'un collage de quatre photographies de coureurs professionnels des années 1970-1980 en maillots Mercier, Bic, Faema, Renault et Reynolds.
Couverture du livre « Miroir du Cyclisme : L'histoire d'un magazine mythique » de Bernard Chambaz, composée d'un collage de quatre photographies de coureurs professionnels des années 1970-1980 en maillots Mercier, Bic, Faema, Renault et Reynolds. - (source)

Ce plan n'est pas une histoire du cyclisme. C'est une histoire de ce que le magazine regardait. Les campionissimi, les chutes, les Tours, les surnoms : voilà la matière première d'un magazine qui, pendant des décennies, a construit la mémoire du vélo français. La nuance est essentielle pour comprendre le livre : Chambaz ne raconte pas le sport, il raconte une revue qui racontait le sport. Le choix d'ouvrir sur Coppi et Bobet plutôt que sur les débuts de la petite reine confirme que la chronologie retenue est celle des unes, non celle des faits.

La préface comme certificat

Le texte de Bernard Hinault, publié en ouverture, est le document le plus parlant du volume. Il y raconte un lecteur avant d'y raconter un champion : "pour tout savoir du vélo, il fallait acheter et ouvrir Miroir du cyclisme. C'était la Bible", écrit-il, en rappelant que "certaines courses étaient en partie diffusées" à la télévision, ce qui laissait au papier le monopole du compte rendu complet. Puis vient la bascule, en avril 1975, quand son nom paraît pour la première fois dans la revue : "être cité dans les pages du magazine, c'était le signe que j'entrais dans la cour des grands".

Ce que décrit Hinault n'est pas une nostalgie de papier, c'est une fonction sociale : le magazine certifiait l'existence sportive. Un coureur cité existait ; un coureur absent n'existait pas encore. C'est cette autorité-là que le livre commémore, et l'on comprend qu'un éditeur ait voulu la sceller par la signature du champion dont les cinq Tours occupent un chapitre entier.

Il faut mesurer ce que ce dispositif comporte de flatterie. Hinault conclut sur "un hommage à une presse qui savait prendre le temps". La formule est belle et partiellement juste : la presse spécialisée prenait le temps parce qu'elle ne pouvait pas faire autrement - pas de direct, pas de résultat en continu, un rythme de bouclage qui imposait le reportage long. La vertu éditoriale était aussi une contrainte technique. Le livre, qui regrette cette lenteur, ne dit guère que le magazine était proche des organisateurs et des stars qu'il couvrait, et que sa survie dépendait de leur gentillesse. C'est un monument, pas une enquête.

Pourquoi septembre 2026

Le calendrier n'est pas anodin. Une parution le 18 septembre place l'ouvrage dans la rentrée littéraire, à l'ouverture de la saison des cadeaux, avec deux à trois mois de visibilité en librairie avant décembre. Les premières recensions repérées suivent ce rythme : Sport et Tourisme le 24 septembre, Sport à lire le 7 octobre sous la plume de Richard Coudrais. Un beau livre sur un magazine disparu n'a pas besoin d'actualité ; il a besoin d'une fenêtre.

Il en a pourtant une, et de taille : le nom "Miroir du cyclisme" est de nouveau vivant, ce qui pose une question que l'ouvrage n'aborde pas.

Le livre et la revue : deux affaires distinctes

En juin 2025, L'Humanité a ramené le titre chez les marchands de presse, juste avant le Tour de France, après trente et un ans d'interruption, en s'appuyant sur une campagne de financement participatif. Le quotidien annonçait alors, selon Les Clés de la presse : "Pour son grand retour en 2025, après 31 ans de sommeil, Miroir reste fidèle à ses valeurs" et voulait "faire aimer, faire découvrir, faire comprendre le vélo, tout en questionnant les grands enjeux de son époque". L'opération s'est poursuivie : Cairn catalogue en 2026 un hors-série de L'Humanité intitulé "Miroir du cyclisme", avec une contribution de Jean-Emmanuel Ducoin.

Deux entreprises, donc, sur une même mémoire. Et deux modèles économiques opposés. La revue relancée vit d'un revenu récurrent - abonnements, ventes au numéro - et a fait porter une partie du risque initial sur ses lecteurs par le financement participatif. Le livre vit d'un achat unique, avec un risque porté par l'éditeur : acheter le papier, imprimer, distribuer un quadrichrome de 200 pages avant d'avoir vendu un seul exemplaire. À 35 euros, le prix est celui d'un objet de cadeau, pas d'un livre de bibliophile ; la rentabilité dépend donc du volume, que l'éditeur ne communique pas.

Rien n'indique que les deux opérations se soient coordonnées, et le livre ne se présente pas comme le produit d'une revue en activité. Mais le lecteur qui achète l'un croise forcément l'autre. Le titre est devenu à la fois une publication et un patrimoine - et le patrimoine se vend plus facilement quand la publication le rappelle.

À qui cela parle

C'est ici qu'il faut être franc : aucun chiffre de tirage ni de ventes n'est public, et les signaux de réception observables restent minces. Sur la Fnac, l'ouvrage affiche un seul avis client - laudateur - et un "coup de coeur" des libraires. Quelques librairies indépendantes le référencent. C'est tout ce que l'on peut constater. Affirmer que le livre "trouve son public" relèverait de la reprise d'un argument commercial.

En revanche, la géométrie du lectorat se déduit assez bien. Trois cercles. D'abord les lecteurs de la revue : celui qui avait vingt ans en 1970 en a soixante-seize aujourd'hui ; celui qui a acheté le dernier numéro à trente ans, en 1994, en a soixante-deux. C'est l'âge où l'on achète encore du papier, et beaucoup de papier. Ensuite les héritiers : le livre est un objet de transmission, offert par des enfants à un père qui a connu le magazine. Enfin les collectionneurs et les amateurs d'histoire du sport, qui ne lisent pas nécessairement le magazine mais savent ce qu'il fut.

Ce dernier cercle a un marché mesurable, et il est encombré : plus de 7 600 références au nom du magazine figurent à la vente sur un seul site de livres d'occasion ; sur les plateformes d'annonces, un numéro de 1975 consacré à Anquetil, Poulidor et Merckx s'affiche à 20 euros. La mémoire du Miroir n'est donc pas rare - elle est abondante et bon marché. C'est précisément ce qui rend l'existence du beau livre intéressante : il ne vend pas des documents introuvables, il vend une mise en récit de documents que tout le monde peut acheter. Le texte de Chambaz - écrivain, poète et historien né en 1949, qui tient une chronique "Culture sport" dans Sud-Ouest - est la valeur ajoutée, avec la préface.

Ce que l'ouvrage ne mesure pas

Le livre ne démontre pas que "Miroir" manque à ses lecteurs. Il montre qu'il leur reste assez précieux pour qu'on leur vende, trente-deux ans après la disparition du titre, le récit de ce qu'ils ont lu. La différence est de taille : elle sépare un deuil d'un modèle éditorial.

Reste une question que l'objet laisse ouverte, et qui n'est pas mince. Le marché du souvenir sportif a ses limites : combien de beaux livres peut-on tirer du même corpus photographique, avec les mêmes champions, avant que le lecteur ne reconnaisse la troisième fois la même une ? En Exergue a pris date en 2026, avec un auteur crédible et un préfacier légitime. Ce n'est pas une garantie d'inscription dans la durée, seulement la preuve qu'un magazine disparu reste, pour l'édition française, un actif.

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Questions fréquentes

Quel est le sujet du livre "Miroir du cyclisme" de Bernard Chambaz ?

Le livre revient sur le magazine "Miroir du cyclisme", disparu en 1994, et sur la façon dont la revue a raconté le cyclisme. Son sommaire suit les années Anquetil, Merckx et Hinault, avec une section finale sur le cyclotourisme.

Qui a écrit et préfacé "Miroir du cyclisme" ?

Bernard Chambaz est l'auteur du livre ; Bernard Hinault en signe la préface. Bernard Chambaz est présenté comme écrivain, poète et historien, et tient une chronique "Culture sport" dans Sud-Ouest.

Quand le livre est-il paru et à quel prix ?

En Exergue éditions a publié l'ouvrage le 18 septembre 2026, au prix public de 35 euros enregistré par la Bibliothèque nationale de France. Il est relié, au format 22,6 × 29,3 cm, et le nombre de pages est donné entre 190 et 192 selon les fiches.

Le livre est-il lié à la relance de "Miroir du cyclisme" par L'Humanité ?

Le livre et la revue relancée par L'Humanité en juin 2025 sont deux opérations distinctes. Rien n'indique qu'elles aient été coordonnées, et l'ouvrage ne se présente pas comme le produit d'une revue en activité.

Le livre permet-il de connaître le tirage ou les ventes ?

Aucun chiffre de tirage ni de ventes n'est public. Les signaux de réception observables restent minces : un seul avis client laudateur sur la Fnac, un "coup de coeur" des libraires et quelques librairies indépendantes qui référencent l'ouvrage.

Sources

  1. Miroir du cyclisme : le livre hommage - SPORTS - VIE PRATIQUE · 47degresnord.fr
  2. Le livre du jour : MIROIR DU CYCLISME · alecoutedeslivres.over-blog.com
  3. Miroir du cyclisme: L'histoire d'un magazine mythique : Chambaz ... · amazon.com.be
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  5. Miroir du cyclisme : le livre hommage - Bernard Chambaz - Babelio · babelio.com
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Hugo Lambot @page-turner

Je dévore des livres depuis que j'ai appris à lire. Romans, essais, BD, mangas, poésie – tout y passe. Libraire à Angers, je passe mes journées à conseiller des lecteurs et mes soirées à en être un moi-même. J'ai un carnet où je note toutes mes lectures depuis 2012, avec des étoiles et des citations. Mes critiques essaient de donner envie sans spoiler, parce que rien ne vaut la surprise d'une bonne histoire.

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