
Une aventure classique en Indochine
« Saigon, Cochinchine. Dans une fumerie d'opium, Alan Thomas vient en aide à un certain Jonquière, agressé par deux truands. Recueilli à bord de son bateau, il lui raconte son destin d'officier déchu de la marine marchande, tout en déclamant du Baudelaire à Meïlin, sa charmante fille. Alan et Jonquière ont un point commun : ils ont tous deux été victimes des agissements d'un certain Duranton. Mais à la suite d'une attaque de pirates, Alan Thomas va apprendre de la bouche d'un vieux devin que son destin est lié à celui de Meïlin... » (Présentation Dargaud)
Mékong : un genre revisité sans véritable innovation
Bartoll et Coyère signent une nouvelle série, Mékong, qui ne présente pourtant rien de novateur. Le scénariste Jean-Claude Bartoll place lui-même son récit sous le patronage de Jean-Michel Charlier, l'illustre créateur de grandes séries cultes de la BD : Buck Danny, Barbe Rouge, Michel Tanguy et Blueberry. Mékong renoue, en effet, avec le genre de la grande Aventure.
Tout y est : le cadre exotique de l'Indochine, la jeune fille intrépide qui se révèle être une princesse, les pirates, le méchant trafiquant d'armes et ses sbires... Une impression de déjà vu envahit rapidement le lecteur. On ne peut s'empêcher de penser à la série Tramp de Jean-Charles Kraehn et Patrick Jusseaume, qui traite du thème du marin accusé à tort en quête de lui-même en Indochine.
Le suspense au service de l'intrigue
Bien sûr, les amateurs du genre apprécieront et se laisseront prendre au jeu du suspense créé par Jean-Claude Bartoll. Celui-ci saupoudre son histoire de mystère, de passé caché et de secrets à découvrir au fil de la série. On sent déjà que les personnages principaux, même antagonistes, sont liés les uns aux autres. Pas vraiment d'effet de surprise donc, mais on espère que le tome 2 nous démentira.
Un rythme narratif maîtrisé et dynamique
On reconnaîtra au scénariste une maîtrise parfaite du rythme narratif. Ce premier album, consacré à la présentation des personnages et de l'histoire, évite les lourdeurs et les explications trop longues. L'action est immédiate et l'album est soutenu par un dynamisme continu. Le dosage entre scènes de dialogue et scènes de combat est particulièrement bien réalisé.
Un graphisme classique mais efficace
Si le graphisme est lui aussi empreint de classicisme, il s'avère particulièrement efficace. Xavier Coyère s'est longtemps exercé dans l'illustration publicitaire et le dessin animé, mais c'est la première fois qu'il prend complètement en charge le dessin d'une bande dessinée. Sa mise en page permet une lecture fluide grâce à un enchaînement cohérent des cases et des différents plans.
Certains regretteront le décor minimaliste de certaines planches en arrière-plan. Mais ce choix laisse la part belle à l'action et aux mouvements des personnages, notamment lors de l'attaque des pirates.
Conclusion : une lecture distrayante sans surprise
Mékong offre un moment de lecture distrayant mais ne marquera pas les esprits.
Série : Mékong
Titre : Or rouge
Auteurs : Bartoll - Coyère
Éditeur : Dargaud
Blog de Jean-Claude Bartoll : http://bartoll.blogspot.com/