
Une mission d'espionnage en Chine pendant la Seconde Guerre mondiale
« Dis, Swampy, les Japonais, ce sont des bons ? » Les États-Unis ne sont même pas encore entrés en guerre que déjà les Women On War tâtent le terrain ! Dépêchées en Chine, Poison Ivy et ses coéquipières ont pour mission de remettre un microfilm de la plus haute importance à un contact local. Même s'il leur faut pour cela empêcher le massacre de Loïwing par les Japonais ! Un programme ambitieux en perspective, mais rien n'est impossible à cet escadron de bonnes sœurs – une couverture qui permet de dissimuler bien des talents spéciaux. Et puis même à l'autre bout du globe, le bayou veille sur ses enfants... (Présentation Dargaud)
Poison Ivy : du comic strip à la bande dessinée
Fort de leur succès avec Pin Up, Yann et Berthet reprennent leur personnage de comic strips, Poison Ivy (en hommage à Milton Caniff bien sûr et aux comics des années 1940), pour en faire cette fois-ci une héroïne en chair et en os. Après un premier album d'exposition, le second tome de cette nouvelle série narre la première aventure de Poison Ivy dans le Pacifique. Celle-ci et l'ensemble des WOW (Women On War) débutent dans leur rôle d'agents secrets américains.
Les ingrédients d'une histoire d'espionnage réussie
Pour concocter une bonne histoire d'espionnage, Yann a apporté tous les ingrédients nécessaires : des informations capitales à faire passer sous forme du bon vieux microfilm, l'agent double, la manipulation des soldats par les supérieurs (en l'occurrence ici le Président Roosevelt en personne). Et pour agrémenter le tout, n'oublions pas les superpouvoirs de nos héroïnes, qui en ont bien besoin pour mener leur mission à terme.
Un ton humoristique et une relecture personnelle de l'histoire
S'écartant de la voie du réalisme, les auteurs adoptent définitivement un ton humoristique et revisitent l'histoire de la Seconde Guerre mondiale d'un point de vue tout à fait personnel. Yann utilise toute la palette de l'humour, de la private joke (ses « tigresses volantes » nous font irrémédiablement penser à sa « tigresse blanche », autre série qu'il développe avec Conrad) à la parodie en passant par quelques gags graveleux, dans la pure tradition des comic strips. Ses dialogues sont comme à leur habitude incisifs et caustiques, pour la plus grande jubilation du lecteur.
Un graphisme adapté au ton humoristique
Berthet nous présente un graphisme toujours aussi soigné et caractéristique. Cependant, il s'adapte parfaitement au ton humoristique du récit, en s'attachant moins aux détails réalistes qu'aux expressions drolatiques de ses personnages : « Je n'ai pas cherché à faire du comic à tout prix, ni une resucée de ce qui se faisait aux États-Unis dans les années 1950, mais j'ai adopté volontairement un dessin un peu moins rigoureux » (Interview donnée à Dargaud). Ce côté bon enfant nous donne irrémédiablement envie de lire la suite des aventures des WOW, dans un récit que les auteurs nous promettent terrifiant.
Informations sur la série
Série : Les Exploits de Poison Ivy
Titre : Tigresses volantes
Auteurs : Yann et Berthet
Éditeur : Dargaud