
Une parodie décalée de Blake et Mortimer
« Alors que Francis Blake lit tranquillement son journal en fumant une pipe, bien installé dans un fauteuil du Centaur Club, Philip Mortimer lui apprend que l'infâme professeur Miloch, le savant fou censé être mort depuis longtemps, a fait de lui son légataire et lui donne rendez-vous dans un bâtiment du Fisc désaffecté. Emportés par leur curiosité légendaire, nos deux héros se rendent sur place. C'est là que Blake, par mégarde, met en marche une machine infernale qui les transporte dans un univers parallèle où les traditions de l'Angleterre ne sont plus ce qu'elles étaient… Qu'on en juge : Marks & Spencer est devenu Spencer & Marks, les bus double deck sont transformés en triple deck et les cabines téléphoniques en urinoirs (à moins que ce ne soit l'inverse). Comble de l'horreur, Olrik est Premier Ministre et s'apprête à épouser la Reine. Et comme si cela ne suffisait pas, Blake et Mortimer font connaissance avec leurs doubles, lesquels sont bien éloignés des personnages originaux… Mais jusqu'où Veys et Barral iront-ils dans l'insolence et l'irrespect ? Six ans après Menaces sur l'Empire, ce duo iconoclaste récidive dans l'humour et la parodie, rendant ainsi le plus bel hommage qui soit à l'œuvre d'Edgar P. Jacobs et à son album Le Piège diabolique ! Les deux gredins coupables de ce détournement n'en sont pas à leur premier méfait. » (Présentation Dargaud)
Blake et Mortimer revisités par Veys et Barral
Les aventures de Blake et Mortimer, imaginées par Edgar P. Jacobs à la fin des années 1940, ne cessent d'inspirer les auteurs de BD contemporains. Après le tandem Yves Sente et André Juillard ou les albums scénarisés par Jean Van Hamme, c'est au tour d'un nouveau duo, Pierre Veys et Nicolas Barral, de revisiter ce chef-d'œuvre du neuvième art. Ce n'est d'ailleurs pas leur première collaboration autour de ces personnages : il y a six ans, ils nous proposaient déjà leur propre vision avec Menaces sur l'Empire. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que leur version est tout à fait décalée et parodique.
Un humour potache et déjanté
Au lieu d'être l'un des agents les plus brillants du MI6 et l'archéologue le plus réputé du royaume, Blake et Mortimer s'avèrent être deux nigauds qui s'empêtrent dans des situations plus risibles les unes que les autres. Les amateurs d'humour potache se délecteront des diverses scènes désopilantes imaginées par Pierre Veys. Le scénario concocté par ce dernier ne laisse pas un instant de répit et enchaîne les scènes comiques à un rythme effréné. Celles-ci sont exagérées à l'extrême, ce qui plaira aux lecteurs en quête de comédie débridée, même si certains pourront trouver qu'elles manquent parfois de finesse.
Le dessin de Nicolas Barral : ligne claire détournée
Le dessin de Nicolas Barral respecte la lisibilité qu'exige le style « ligne claire » adopté à l'époque par Jacobs. Mais s'il l'utilise, c'est pour mieux le détourner et le tirer vers le comique grotesque. Le dessinateur s'amuse ainsi à déformer les visages des personnages pour les rendre stupides. Nicolas Barral semble prendre plaisir à instaurer une atmosphère pleine de dérision dans chaque case. Les amateurs du genre apprécieront sans doute cette approche décalée, tandis que ceux qui préfèrent les versions plus classiques passeront probablement leur chemin.
Informations sur l'album
Série : Les Aventures de Philip et Francis
Titre : Le piège machiavélique
Auteurs : Pierre Veys et Nicolas Barral
Éditeur : Dargaud