
Le Tueur revient au Venezuela : un contrat qui change tout
« Au Venezuela, le « sanctuaire » qu'il a choisi pour se retirer du monde depuis quatre longues années, le Tueur réapparaît aux yeux de ses semblables. L'ennui, la lassitude de ne plus rien faire, le besoin d'action ? Toujours est-il que l'ex-exécuteur, sollicité par des interlocuteurs se recommandant de son vieil ami Mariano, reprend du service pour « une pige », comme il dit ; un contrat comme ça, pour voir, sans engagement ultérieur. Sauf que l'affaire, évidemment, sent plus mauvais qu'il n'y paraissait de prime abord. Éliminer un banquier et un courtier international en pétrole, soit. Mais pourquoi sa troisième et dernière cible est-elle une religieuse, Madre Luisa, si dévouée, désintéressée et investie dans son ministère auprès des plus pauvres qu'on la connaît dans toute l'Amérique latine comme la madonne des bidonvilles... » (Présentation Casterman)
Un anti-héros charismatique en quête de sens
Après plusieurs années d'une retraite que l'on pensait à tort définitive, l'un des personnages les plus charismatiques de cette décennie dans le monde de la bande dessinée refait surface : Le Tueur. Ce dernier ne porte pas d'autre nom que ce qualificatif tranchant décrivant son caractère froid et implacable. Les auteurs Matz et Jacamon ont créé une véritable personnalité complexe que le lecteur découvre au fil des albums. Son long monologue dévoile ses pensées et ses réflexions absolument non orthodoxes sur la vie, la religion et l'hypocrisie de la société.

Des doutes qui humanisent le personnage
Tuer est son métier, qu'il exécute sans état d'âme... jusqu'à ce sixième album, où des questions viennent le tarauder pour la première fois de sa carrière d'exécuteur. Une faille commence à s'établir, faille qui certainement le rend encore plus attachant auprès du lecteur. Ce dernier ne peut s'empêcher d'apprécier ce personnage, pourtant meurtrier et cynique. Ce début de changement permet aux auteurs de donner plus de profondeur à leur anti-héros et d'explorer un nouvel espace narratif. Ce nouveau cycle devrait être constitué de trois tomes, selon les dires des auteurs.
Un scénario captivant et des planches magnifiques
Du point de vue narratif, Matz construit un scénario bien rythmé et captivant. On se plonge dans ce polar avec un plaisir indéniable, qui ne dément pas la qualité du premier cycle. Jacamon retrouve toute sa maîtrise dans ce sixième tome pour livrer des planches magnifiques. Chaque case constitue à elle seule un plan cinématographique. Le découpage de l'album donne la part belle au dessin et aux ambiances moites de l'Amérique du Sud. Jacamon sait alterner intelligemment les effets pour éviter toute lassitude du lecteur. Ce deuxième cycle du Tueur semble prendre le chemin du succès tracé par les cinq premiers albums, salués par un véritable plébiscite des lecteurs.
Informations sur l'album
- Série : Le Tueur
- Titre : Modus Vivendi
- Auteurs : Jacamon – Matz
- Éditeur : Casterman