Éomer, le Maréchal du Rohan
Éomer est un homme du peuple des Rohirrims. Il est né en 2991 du Troisième Âge et mourut en 63 du Quatrième Âge. Fils d'Éomund et de Théodwin, il est le frère de la belle Éowyn. Marié à Lothíriel, il eut un fils, Elfwine. Éomer est le neveu du roi Théoden de la Marche et occupe le poste de Maréchal : « On m'appelle le Troisième Maréchal du Riddermark. » Ayant repéré la trahison de Grima Langue-de-serpent, et voulant protéger sa sœur et son roi, il s'opposa ouvertement au conseiller véreux, qui le fit passer pour traître aux yeux du roi et emprisonner. Éomer dut sa libération à l'arrivée de Gandalf et du reste de la Communauté, qui démasquèrent Langue-de-serpent.
Avant de mourir, Théoden, dont le fils avait été tué, nomma Éomer comme héritier de la couronne : « Où est Éomer ? Car mes yeux se voilent et je voudrais le voir avant de partir. Il doit être roi après moi... »
Voici la seule description que l'on ait d'Éomer : « L'un d'eux s'approche alors — un homme de haute taille, plus grand que les autres ; de son casque, comme un cimier, pendait une queue de cheval blanche. »
Éomer possède de nombreuses qualités, les plus saillantes étant sa fidélité, sa générosité et son courage. En effet, même après avoir été emprisonné, le Maréchal reste fidèle à son roi : « Prenez celle-ci, cher Seigneur ! Dit une voix claire. Elle a toujours été à votre service. » (...) Éomer était là. Aucun heaume n'était sur sa tête, aucune maille sur sa poitrine, mais, dans la main, il tenait une épée nue ; et, s'agenouillant, il tendit la garde à son maître. » Dans les plaines du Rohan, lorsqu'il rencontre Aragorn, Gimli et Legolas, et malgré les murmures de ses hommes, il leur donne deux chevaux : « Quand Éomer parla de prêter les chevaux de rechange aux étrangers, ses hommes furent étonnés et ils échangèrent maints regards sombres et dubitatifs... » ; « On amena à Aragorn un grand cheval gris (...) Un cheval plus petit et plus léger, mais rétif et fougueux fut fourni à Legolas. (...) On mit Gimli en croupe derrière son ami. » Éomer est aussi courageux : « La dernière fois que je l'ai vu, il ralliait ses hommes autour de lui et il se battait à l'entrée du Gouffre... »
Éomer est très attaché à son roi et surtout à sa sœur. Lorsqu'il l'aperçoit, comme morte sur le champ de bataille à côté de Théoden, « Il resta un moment comme un homme percé d'une flèche au cœur au milieu d'un cri ; son visage devint mortellement pâle. » Éomer a le don d'inspirer confiance à ses hommes. À la fin du roman, il est alors roi de la Marche, succédant ainsi à Théoden. C'est là que l'on s'aperçoit qu'il aime son peuple et son pays, qu'il déplore pour sa destruction : « Mais je dois me rendre quelque temps dans mon propre royaume, où il y a à réparer et à remettre en ordre. »

Saroumane, le magicien déchu
Saroumane est un magicien âgé de plus de 7 000 ans. Selon les contrées, il porte divers noms : chez les Hommes c'est Saroumane, Curumo à Valinor, Curunír chez les Elfes et Sharcoux chez les Hobbits.
En l'an 1000 du Troisième Âge, il fut nommé chef du Conseil et se spécialisa dans les Anneaux de pouvoir. À Gandalf, il fit croire que l'Unique était perdu dans les profondeurs de la mer. En l'an 3000, il utilise son fameux Palantír et tombe sous la coupe de Sauron. Dès lors, il trahit tout le monde et essaya de corrompre Gandalf, sans succès. En 3019, après avoir déclaré la guerre au Rohan, il fut renversé par les Ents.
Gandalf le répudia de l'ordre des Magiciens, et il quitta Orthanc. Toutefois, avec l'aide de ses derniers serviteurs, il prit le contrôle de la Comté. Mais il en fut chassé lors du retour de Frodon et de ses compagnons Hobbits. Il sera assassiné par Grima Langue-de-serpent : « ...tirant un poignard caché, et, avec un grognement de chien en colère, il bondit sur le dos de Saroumane, lui tira la tête en arrière, lui trancha la gorge... »
Physiquement, le magicien « était un vieillard, enveloppé d'un grand manteau de couleur indéfinissable, car elle changeait s'ils bougeaient les yeux ou s'il faisait un mouvement. Son visage était long avec le front haut, et il avait des yeux sombres et profonds, difficiles à sonder encore que le regard qu'ils assumaient alors fût grave et bienveillant, un peu las aussi. Ses cheveux et sa barbe étaient blancs, mais des fils noirs se voyaient encore autour des lèvres et des oreilles. »
Saroumane est un traître. Il cumule de nombreux défauts : il est jaloux de Gandalf, dont il craint qu'il ne lui passe devant, et profite de toutes les occasions pour s'imposer. Saroumane est aussi un esclavagiste : Langue-de-serpent est l'une de ses victimes. Le magicien lui ordonne de tuer, d'affaiblir, et le bat en retour : « Tu fais ce que Sharcoux dit toujours, n'est-ce pas Langue-de-serpent ? Eh bien maintenant il te dit : suis-moi ! » Il décocha un coup de pied dans la figure de Langue-de-serpent, à plat ventre... »
Comme le dit Gandalf, Saroumane fait des mauvais coups « à sa petite façon méprisable ». Lorsque l'Isengard tombe, le magicien déchu n'a plus qu'un seul pouvoir : sa voix. Manipulatrice, enchanteresse, elle s'insinue dans les esprits et, sournoisement, essaie de les corrompre : « Soudain une autre voix parla, basse et mélodieuse, dont le son même était un enchantement. Ceux qui écoutaient sans méfiance cette voix pouvaient rarement répéter les paroles entendues ; et, quand ils le faisaient, ils étaient tout étonnés, car il ne leur restait que peu de force. (...) Mais nul n'y était insensible ; personne ne rejetait ses appels et ses ordres sans grand effort de l'esprit et de la volonté, tant que son maître la dirigeait. » Jusqu'au bout, Saroumane aura des idées noires et obscures. Jusqu'au bout, il sera du côté du mal. Jusqu'au bout, il persécutera et essaiera de tuer pour son profit : « Mais au moment où Saroumane passait tout près de Frodon, un poignard étincela dans sa main, et il en porta un coup rapide. La lame dévia sur la cotte de mailles cachée et se cassa net. »

Théoden, roi du Rohan
Théoden est un homme du peuple des Rohirrims. Né en 2948 du Troisième Âge, il mourut en 3019 durant la bataille des Champs du Pelennor, en s'opposant à un Nazgûl. Ses parents, Thengel et Morwen de Lossarnach, eurent aussi une fille, Théodwin. Avec sa femme Elfhild, Théoden eut un fils, Théodred, qui fut tué aux Gués dès le début de la Guerre de l'Anneau.
Voici comment Théoden apparaît à Legolas, Aragorn, Gimli et Gandalf lors de leur rencontre : « Un homme y était assis, tellement courbé par l'âge qu'il paraissait presque nain ; mais ses cheveux blancs, longs et fournis, tombaient en grandes tresses de sous un mince cercle d'or posé sur son front. Sa barbe reposait, comme de la neige, sur ses genoux ; mais ses yeux brûlaient d'un vif éclat et étincelaient comme il observait les étrangers. » Sa guérison nous révèle sa vraie nature : un vieil homme, certes, mais vigoureux, fort et courageux.
Le roi aime beaucoup son peuple, et tout ce que celui-ci endure lui fait de la peine : « Ils apportent du feu, dit Théoden, et ils brûlent tout sur leur passage, meules, chaumières et arbres. C'était ici une riche vallée, qui possédait de nombreux coursiers de chez nous. Hélas ! Pour les miens ! » Théoden est aussi l'un des rares à essayer de résister à la voix de Saroumane. Il est généreux : il offre à Gandalf son cheval Gripoil, le plus rapide de la Terre du Milieu. Le vieux roi est aussi très attaché à Éowyn, il l'avoue à Merry, au bord de la mort : « Et je voudrai envoyer un message à Éowyn. Elle ne voulait pas me laisser partir, elle : et maintenant, je ne la reverrai pas, elle qui m'est plus chère qu'une fille. » Et il meurt en disant à Éomer : « Va maintenant à la victoire ! Fais mes adieux à Éowyn. »
Théoden est un roi juste, parfois dur, mais qui fait presque toujours de bons choix. Le Seigneur meurt dans un acte de bravoure, en voulant défier un Nazgûl, et c'est son cheval qui, tué d'une flèche, tombe sur lui et le blesse mortellement.

Faramir, capitaine du Gondor
Faramir est un homme du Gondor. Né en 2983 du Troisième Âge, il est le fils de Denethor II et de Finduilas de Dol Amroth. Boromir était son frère. Malgré la préférence de son père pour Boromir, celui-ci et Faramir restèrent très proches. Lorsque le Gondor sut que Boromir était mort, son frère lui succéda et en devint le Capitaine.
Il combattit vaillamment lors de la bataille des Champs du Pelennor, et fut gravement blessé. Son père, croyant qu'il était mort, ne put supporter la perte de ses deux fils et se donna la mort. Faramir fut guéri par Aragorn, qu'il reconnut comme son roi.
À la chute de Sauron, Faramir fut récompensé par Aragorn et devint Prince de l'Ithilien et Intendant du Gondor. Il se maria avec Éowyn.
Voici comment Faramir apparut à Frodon et Sam : « L'homme vert de haute taille eut un rire menaçant (...) Il voyait le visage de Faramir à présent démasqué ; il était sévère et imposant ; une intelligence aiguë paraissait dans son regard scrutateur. Le doute était dans ses yeux gris... » Faramir est tout ce qu'il y a de plus loyal, principalement envers Aragorn. Il est confiant et accorde facilement sa confiance, comme pour Sam et Frodon.
Faramir est aussi très courageux. Il se fit d'ailleurs gravement blesser pour cette raison : « Faramir avait perdu le tiers de ses hommes. Et où était-il ? Il arriva le dernier. Ses hommes passèrent à l'intérieur. Les chevaliers montés revinrent, avec, en queue, l'étendard de Dol Amroth et le Prince. Et dans ses bras, devant lui sur son cheval, il portait le corps de son parent, Faramir fils de Denethor, trouvé sur le champ de bataille. » Mais il se rétablira sous l'effet du pouvoir de guérison d'Aragorn : « Soudain, Faramir bougea ; il ouvrit les yeux et regarda Aragorn qui se penchait sur lui ; une lueur de reconnaissance et d'amour était dans ses yeux, et il parla doucement... »
Faramir est aussi brûlant dans son amour pour Éowyn : « Eh bien, Éowyn de Rohan, je vous dirai que vous êtes belle. Il est dans les vallées de nos montagnes des fleurs jolies et colorées, et des jeunes filles plus jolies encore ; mais je n'ai vu jusqu'ici nulle fleur en Gondor ni dame aussi ravissante et triste. » Faramir finit par comprendre que c'est Aragorn qui obsède la jeune femme, et, en la raisonnant, il atteint son but : « Et Éowyn regarda Faramir longuement et fermement ; et Faramir dit : "Ne méprisez pas la compassion qui est le don d'un cœur doux. Éowyn ! (...) Et je vous aime (...) Mais à présent, seriez-vous exempte de toute peine, de toute crainte et de toute privation, seriez-vous l'heureuse reine du Gondor, je vous aimerais encore. Ne m'aimez-vous pas Éowyn ?" (...) Il la prit dans ses bras et l'embrassa sous le ciel ensoleillé (...) Et nombreux furent ceux qui les virent, ainsi que la lumière qui brillait sur eux tandis qu'ils descendaient des murs et se dirigeaient main dans la main vers les Maisons de Guérison. » Ils se marièrent avant que les Hobbits ne s'en aillent.

Denethor II, Intendant du Gondor
Denethor II est un homme du Gondor. Son père était Ecthelion II, surintendant du Gondor, et sa mère est inconnue. Marié à Finduilas de Dol Amroth, il eut deux fils : Boromir (2978), l'aîné qu'il chérissait plus que tout, et Faramir (2983).
Denethor succéda à son père en 2984, devenant ainsi Denethor II, 26e Intendant du Gondor. Lors de la mort prématurée de sa femme, il ne put résister à la tentation de regarder dans le Palantír de Minas Tirith. Là, la force et la malfaisance de Sauron le firent vieillir avant l'âge. Denethor se méfia alors de tous ses alliés, crut la lutte contre Sauron perdue d'avance et sombra doucement dans la folie. En 3019, la nouvelle de la mort de son fils bien-aimé Boromir accabla encore plus un Denethor affaibli. Et lorsqu'il crut que Faramir était lui aussi tombé, il fut pris de folie et s'immola sur un bûcher funéraire à l'origine prévu pour Faramir.
Lorsque la Compagnie entre dans Minas Tirith, elle tombe sur un Denethor accablé : « Le vieillard leva alors les yeux. Pippin vit son visage de statue avec sa fière ossature, sa peau d'ivoire et le long nez busqué entre les yeux sombres et profonds ; et il ne pensa pas tant à Boromir qu'à Aragorn. » On ne peut deviner que peu de choses sur Denethor, car il n'apparaît pas souvent et meurt rapidement.
On sait qu'il est cordial et accueillant au début à Minas Tirith : « Apportez du vin, de la nourriture et des tabourets pour les hôtes, dit Denethor. »
Denethor est très dur envers Faramir, qu'il considère un peu comme responsable de la mort de son frère : « — Eh bien adieu, dit Faramir. Mais si je devais revenir, ayez meilleure opinion de moi. — Cela dépend de la façon de ton retour, dit Denethor. »
Et, en effet, Faramir revint blessé, et c'est à cet instant que son père abandonne tout espoir de victoire et sa raison : « Apportez-nous vite du bois à brûler, disposez-le autour et en-dessous de nous et arrosez-le d'huile. Et quand je vous l'ordonnerai, vous y plongerez une torche. » Lorsque Gandalf vient pour essayer de sauver Faramir et qu'il le soulève, on découvre que Denethor aime tout de même son second fils : « Faramir poussa un gémissement et appela son père dans son rêve. Denethor tressaillit comme quelqu'un sortant d'une transe ; la flamme s'éteignit dans ses yeux, et il pleura : "Ne m'enlevez pas mon fils ! Dit-il. Il m'appelle !" » Mais malgré cela et malgré toute la force de conviction de Gandalf, Denethor s'allonge et met le feu à la salle. Gandalf, bien entendu, est triste. « Et alors Denethor poussa un grand cri puis il ne dit plus rien, et jamais plus il ne devait être revu d'aucun mortel. »
Grima Langue-de-serpent, le conseiller traître
Langue-de-serpent est un homme du peuple des Rohirrims. De son vrai nom Grima, il est le fils de Galmod, qui devait être l'un des conseillers de Thengel, le père de Théoden. Sa sagacité lui permit d'entrer au service de Théoden et, pendant des années, il servit son roi fidèlement et sans faillir. Il tomba amoureux d'Éowyn mais celle-ci repoussa ses avances, et il en éprouva une grande amertume.
Personne ne connaît la date à laquelle Saroumane commença à le détourner de son roi et de sa patrie. Cependant, le magicien lui promit le trésor de Théoden et la main d'Éowyn en échange de ses services, et Grima ne put résister aux sortilèges de Saroumane. C'est à partir de cette période qu'il complota contre son roi, le rendant faible et crédule à ses mensonges : il en fut surnommé Langue-de-serpent. Il ne manipula pas seulement Théoden, mais aussi le peuple du Rohan, utilisant ses peurs pour arriver à ses fins.
Il fit passer Gandalf et les Elfes pour des traîtres voulant la mort du Rohan ; il écarta Éomer du trône en le faisant emprisonner et ses avances envers Éowyn se firent de plus en plus pressantes. Toutefois, il fut découvert par Gandalf qui le mit hors d'état de nuire, et Théoden lui offrit l'ultime chance de se racheter en l'accompagnant à la guerre. Mais Grima refusa et fut banni du Rohan. Il rejoignit Saroumane dans sa défaite, et l'emprise du magicien sur lui diminua avec la perte de ses pouvoirs. Haïssant Saroumane, il le suivit quand même dans la Comté et l'aida à prendre le pouvoir. Après qu'ils eurent été chassés, Grima tua Saroumane et se fit abattre par les Hobbits : « Avant que Frodon ne pût se ressaisir ou dire un mot, trois arcs de hobbits vibrèrent et Langue-de-serpent tomba mort. »
Grima est « un homme ratatiné, dont le visage pâle et les yeux aux lourdes paupières reflétaient la sagacité. »
Avant de tomber sous la coupe de Saroumane, Grima, comme le dit Gandalf, « n'a pas toujours été mauvais. Je ne doute pas qu'il ne fût autrefois un ami du Rohan. » Mais depuis, c'est un traître. C'est un bon orateur, plein de sagacité. Il est aussi très malicieux, mais sa malice est du côté du mal : « Ses yeux étincelèrent. On y lisait une telle malice que les hommes s'écartèrent de lui. »
Langue-de-serpent est moins lâche qu'on pourrait le croire : il était le messager, l'esclave et le souffre-douleur de Saroumane. Il a toujours cru que le magicien était celui qui lui offrirait ce qu'il désirait le plus, mais il comprit, à la fin, que tout n'était que mensonges. D'un côté, on pourrait presque le plaindre !

Éowyn, la Dame Blanche du Rohan
Éowyn est une femme du peuple des Rohirrims. Elle est surnommée la Dame Blanche du Rohan ou encore la Vierge Guerrière. Née en 2995 du Troisième Âge, elle est la fille d'Éomund et de Théodwin, a pour frère le vaillant Éomer, dix-huitième roi du Rohan et de la Marche, et est la nièce de Théoden, dix-septième roi du Rohan. Très jeune, elle perdit ses parents et elle et son frère furent adoptés par Théoden. Elle devint une jeune femme magnifique et fut désirée par Grima, mais elle refusa ses avances. À l'arrivée d'Aragorn, elle s'en éprend : « ...mais, en prenant la coupe, sa main rencontra celle de la jeune fille et il sentit qu'elle tremblait à ce contact. » Mais Aragorn n'éprouve pour elle que de l'amitié. Désespérée, à la guérison de Théoden, elle se déguise en cavalier du Rohan pour participer à la guerre de l'Anneau. Elle joue ainsi un rôle crucial lors de la bataille des Champs du Pelennor, car, avec l'aide de Merry, elle tue le Seigneur des Nazgûls.
Éowyn est très belle : « Ses yeux étaient graves et pensifs, tandis qu'ils se posaient avec une calme pitié sur le roi. Son visage était très beau et ses longs cheveux semblaient une rivière d'or. Mince et élancée apparaissait-elle dans sa robe blanche ceint d'argent ; mais elle était en même temps forte et dure comme l'acier, fille de rois. C'est ainsi qu'Aragorn vit pour la première fois à la pleine lumière du jour Éowyn, Dame de Rohan, et il la trouva belle, belle et froide comme un pâle matin de printemps, non parvenue à la plénitude de la femme. »
Éowyn est une femme fière et froide. Elle est aussi miséricordieuse : en effet, s'occuper, durant la majeure partie de sa vie, d'un vieillard peut être source d'admiration : « La femme se hâta de venir au côté du roi et lui prit le bras ; d'un pas chancelant, le vieillard descendit de l'estrade et traversa doucement la salle. » Éowyn est une femme très courageuse : elle s'oppose seule au Seigneur des Nazgûls : « Un peu à gauche, leur faisant face, se dressait celle qu'il avait appelée Dernhelm. Mais le heaume de son secret était tombé, et ses brillants cheveux, relâvés de leur lien, luisaient comme de l'or pâle sur ses épaules. Ses yeux gris étaient durs et féroces, et pourtant des larmes coulaient sur ses joues. Elle avait une épée à la main, et elle levait son bouclier pour s'abriter de l'horreur des yeux de son ennemi. (...) Elle porta un coup rapide, habile et mortel. Elle fendit le cou tendu et la tête tranchée tomba comme une pierre. » La jeune femme aime aussi la liberté, on le voit lorsqu'elle est contrainte de rester dans les Maisons de Guérison.
Malgré son apparence dure et froide, elle finit par se trahir, révélant sa vraie nature : « Elle ne répondit pas, mais comme il la regardait, il lui sembla que quelque chose mollissait en elle, comme un gel rigoureux cédant au premier faible présage du printemps. Une larme jaillit dans l'œil d'Éowyn et coula le long de sa joue, comme une scintillante goutte de pluie. Sa tête s'inclina légèrement (...) Sa voix était maintenant celle d'une fille jeune et triste. » Elle croit trouver l'amour en Aragorn, mais elle se trompe. Grâce à Faramir et sa passion, Éowyn trouvera enfin le chemin du vrai bonheur et de l'amour : « Faramir, Intendant du Gondor et Prince d'Ithilien, demande pour épouse Éowyn Dame du Rohan, et elle lui accorde sa main de grand cœur. Leur foi sera donc engagée devant vous tous. »

Gollum, la créature corrompue par l'Anneau
Gollum est un hobbit de la famille Stoor. De son vrai prénom Sméagol, il est né en 2430 du Troisième Âge et vivait près de la rivière Gladden. En 2464, jeune homme, il part à la pêche avec son cousin Déagol. Pendant leur pêche, Déagol aperçoit quelque chose qui scintille sous l'eau : un anneau doré, l'Unique.
Hypnotisé par la beauté de l'Anneau et influencé par son pouvoir maléfique, Sméagol tuera son ami et cousin dans le but de posséder le précieux bijou. Ayant découvert que l'Anneau rendait invisible, Sméagol développa rapidement de nombreux défauts : voler, écouter les conversations, créer des disputes ; il devint très sournois. Il se fit bannir de sa famille et de sa maison. Inconscient des autres pouvoirs de l'Anneau, il se réfugia dans une galerie sous les Monts Brumeux. Là, dévoré par l'Anneau, il vit son esprit se charger de haine et son corps se déformer dangereusement. Dans la trilogie, Gollum a passé de longues années dans sa cachette, rongé par le mal, et il est vieux et tourmenté. À force de vivre dans la pénombre, il finit par détester la lumière (tant du soleil que de la lune), mais aussi les ténèbres. Il haït sa personne et l'Anneau autant qu'il les aime. S'étant fait prendre l'Anneau par Bilbo, il quitta sa galerie et erra à la recherche du hobbit jusqu'au Mordor, où, torturé par les hommes de Sauron, il fut le précurseur de la guerre de l'Anneau.
Gollum mourut en 3019 dans les flammes de la Montagne Interdite, dans un saut de joie : il venait de retrouver et de voler l'Anneau à Frodon.
Gollum est « une créature répugnante », il a « de grands pieds plats », « de longs doigts », un « long cou maigre », « des dents aiguës », une « rare chevelure plate », et surtout il a de gros « yeux pâles et venimeux », où se reflète toute sa malfaisance.
Gollum possède tous les défauts les plus indésirables : il est sournois, fourbe, c'est un assassin, un menteur.
Ses fourberies se révèlent lorsque, après avoir mené Sam et Frodon près du Mordor et avoir feint la bienveillance, il les livre à la monstrueuse Arachne.
Tout son corps transpire de « perversité et de malice ». Sméagol est rusé et déteste que l'on parle de son ancienne vie.
Il est très agile et ne supporte pas tout ce qui vient des Elfes.
Gollum s'exprime majoritairement à la première personne du pluriel, en parlant de lui et de l'Anneau. On peut dire que Gollum est une victime qui, jusqu'au bout, sera dominé par le bijou. Cela le tuera : « Trésor, trésor, trésor ! Cria Gollum. Mon Trésor ! Oh ! Mon trésor ! Là-dessus, au moment où ses yeux étaient levés pour contempler son butin, il fit un pas de trop, bascula, balança un moment sur le bord, puis, avec un cri, il tomba. Des profondeurs monta son dernier gémissement "Trésor", et s'en fut fait de lui. »

Sylvebarbe, le maître de Fangorn
Sylvebarbe est un Ent : un pasteur dont les moutons sont les arbres. Les Ents ne supportent d'ailleurs pas que l'on fasse du mal aux arbres.
Sylvebarbe est aussi appelé Fangorn, du nom de la forêt dont il est le maître secret. On sait peu de choses de l'histoire de Sylvebarbe, sinon qu'il était déjà là il y a 4 000 ans.
Sylvebarbe est un être extraordinaire : « Sa forme était semblable à celle d'un homme, presque celle d'un troll, de haute taille, quatorze pieds aux mains, très robuste, avec une haute tête et presque pas de cou. Il était difficile de discerner s'il était vêtu d'une matière ressemblant à une écorce verte et grise, ou si c'était sa propre peau. En tout cas, les bras, à une certaine distance du tronc, n'étaient pas ridés mais recouverts d'une peau lisse et brune. Les grands pieds avaient sept doigts chacun. La partie inférieure de la longue figure était couverte d'une vaste barbe grise, broussailleuse, presque rameuse à la racine, ténue et mousseuse à l'extrémité. »
Mais cela n'était rien comparé à ses yeux : « Ces yeux profonds les examinaient à présent, lents et solennels, mais très pénétrants. Ils étaient bruns, traversés d'une lueur verte. » Voici comment Pippin essaie de les décrire : « on aurait dit qu'il y avait derrière un énorme puits, rempli de siècles de souvenirs et d'une longue, lente et solide réflexion ; mais la surface scintillait du présent : comme le soleil qui miroite sur les feuilles extérieures d'un vaste arbre ou sur les ondulations d'un lac très profond. »
Sylvebarbe s'exprime lentement. Comme il le dit lui-même sur son endurance, « non, je ne suis pas fatigué. Je ne me fatigue pas facilement. Et je ne m'assieds pas. » Sylvebarbe s'est lié très rapidement d'amitié avec Pippin et Merry. Il n'aime pas la rapidité lorsque quelqu'un parle : « Maintenant, racontez-moi votre histoire et sans vous presser ! Dit Sylvebarbe. » L'Ent déteste Saroumane : s'il convoque une assemblée d'Ents et que tous se mettent en marche sur l'Isengard, c'est parce que Saroumane a fait abattre beaucoup d'arbres.
On peut difficilement analyser Sylvebarbe, car, même s'il apparaît plusieurs fois, il reste un peu impénétrable : son caractère est calme, mais, si on le provoque, il peut se déchaîner.
À la fin de la trilogie, lorsque vient le moment de se séparer, on voit que l'Ent est très attaché à Pippin et Merry : « En dernier lieu, Merry et Pippin firent leurs adieux au vieil Ent qui devint plus gai en les regardant. "Alors mes joyeux amis, dit-il, voulez-vous boire un coup avec moi avant de partir ?" — Bien sûr répondirent-ils. »