
Printemps 1968 : une rencontre étrange
Joseph Winter, jeune étudiant britannique en archéologie âgé de 24 ans, décide de profiter de cette belle fin d'après-midi pour réviser ses cours dans les jardins de Buckingham, à Londres.
Assis sur un banc, penché sur ses notes, il voit une toute jeune fille venir s'asseoir à ses côtés.
La conversation s'engage aussitôt autour de sujets futiles. Au bout d'une heure, la jeune fille invite son interlocuteur à une petite fête donnée dans l'appartement familial en l'honneur de son anniversaire, le jeudi suivant.
Une soirée hantée à Londres
Le jour dit, à l'heure convenue, Winter se rend à l'adresse indiquée. En dépit d'une pluie battante qui déserte les rues, il muni de son parapluie à manche de nacre portant ses initiales. La jeune fille l'attend au troisième étage de l'immeuble en compagnie d'une vingtaine d'autres invités.
La soirée se déroule dans une douce atmosphère, agrémentée par une musique d'ambiance propice à la détente. Winter noue une longue conversation avec la jeune fille, qui dit s'appeler Laëtitia Renault. Cette dernière lui présente un jeune ecclésiastique, ami de la famille, passionné d'archéologie.
Vers 22 heures, le jeune Anglais salue ses hôtes après avoir remercié la jeune fille, se promettant mutuellement de se revoir.
L'oubli du parapluie aux initiales J.W.
De retour dans la rue, Winter ressasse avec plaisir les heures passées en compagnie de sa nouvelle amie. Soudain, il ressent le désir de fumer. Alors qu'il bourre soigneusement sa pipe, l'esprit ailleurs, il s'aperçoit qu'il a oublié son parapluie dans l'appartement.
Plus satisfait que contrarié à l'idée de revoir celle qui occupe ses pensées, il fait demi-tour, remonte l'escalier et sonne à la porte d'entrée.
Curieusement, aucun écho de la fête ne lui parvient. Personne n'ouvre malgré son insistance, alors qu'il ne s'est écoulé que quelques minutes à peine depuis son départ.
Un appartement abandonné depuis 20 ans
C'est le concierge qui, alerté par son insistance, met fin à son obstination.
— Laëtitia Renault ! Connais pas ! Voilà plus de vingt ans que cet appartement est inoccupé... lui confie ce dernier en se grattant machinalement le cuir chevelu.
Plus Winter tente de s'expliquer, plus l'affaire devient confuse. Elle se termine au poste de police du quartier en présence de monsieur Olways, propriétaire de l'appartement.
Le récit du jeune Winter, pris pour un cambrioleur, étonne tout le monde. L'appartement avait bien été occupé par Laëtitia Renault et sa famille, mais il s'avère que cette jeune personne était décédée depuis plus de vingt ans.
La découverte du parapluie hanté
Suite à l'acharnement du jeune Winter, on décide finalement d'ouvrir les portes de l'appartement. Il est alors minuit passé.
Surprise ! Plus aucune trace du mobilier entrevu quelques heures plus tôt ; le parquet est couvert de poussière et les lieux semblent abandonnés depuis des siècles. L'étudiant remarque, à son grand étonnement, une photographie disposée sur une console. Il y reconnaît aussitôt le jeune ecclésiastique avec lequel il avait discuté avec plaisir lors de cette soirée peu ordinaire.
Le propriétaire a remarqué son air interloqué.
— Cet homme... Cet abbé ! murmure Winter... Nous avons discuté toute la soirée !
— Cela m'étonnerait beaucoup que vous ayez parlé avec lui ce soir... sourit Olways... Il s'agit de mon grand oncle, mort en Afrique où il était missionnaire.
— C'est impossible... balbutie Winter... Il y a à peine 3 heures, nous étions là, près de la cheminée à discuter !
Comme pour asseoir sa conviction, il s'approche du tablier de marbre de la vieille cheminée. Son regard se pose sur le porte-parapluies, à l'intérieur duquel, couvert de poussière, se trouve un parapluie dont la crosse nacrée est gravée de deux initiales... J. W.