
Le roman s'articule autour des cinquante-deux cartes d'un jeu ordinaire. Chaque carte est incarnée par un nain, et tous se trouvent sur une île magique qui n'exista que cinquante-deux ans, où vivaient aussi d'étranges animaux et une végétation inconnue. De cette île ne subsistèrent que le récit du Livre, ainsi que le Joker — carte unique sans couleur ni famille — et quelques gouttes d'une étrange limonade pourpre... Mais on y croise aussi, sur cinq générations, trois boulangers, deux marins, un petit garçon très curieux et une belle femme en quête d'elle-même.
Un conte philosophique accessible et envoûtant
L'univers évoque le conte, car Gaarder écrivait à l'origine pour les enfants, ce qui lui confère un style fluide et abordable. Le roman est court et met en scène un père et son fils de douze ans, qui partent en voiture de Norvège pour rejoindre la Grèce. Rapidement, l'auteur nous plonge dans un univers étrange où le jeune garçon se voit offrir « le Livre de la brioche ».

Des questions métaphysiques passionnantes
Malgré son aspect ludique, le récit est empreint de suspense et de questions métaphysiques : d'où vient le monde ? Qui sommes-nous ? L'auteur y répond avec brio et modernité. Je ne vous dévoilerai pas ces réponses — cela supprimerait tout l'intérêt de la lecture. Sachez cependant qu'elles s'inscrivent dans une mouvance d'idées qui prennent à nouveau de l'ampleur aujourd'hui. En cela, Gaarder s'inspire de Calderon dans La Vie est un songe, ou encore de Shakespeare dans ces vers : « Le monde entier est une scène, et tous, hommes et femmes, n'en sont que les acteurs. Chacun y joue son rôle... »
Le Joker : celui qui comprend le jeu de la vie
De cette scène gigantesque qu'est le monde, Gaarder fait ressortir le Joker. C'est lui qui détient la vérité et comprend l'énigme du jeu de la vie. Lisez, vous comprendrez. Peut-être même deviendrez-vous un Joker... ?