
ACTE 08 : La traque infernale de Pills
Pills marcha en titubant jusqu'à sa voiture, le regard inquiet. Il vérifia le niveau d'essence et démarra. Son pied gauche lâcha l'embrayage et le droit écrasa l'accélérateur.
Après avoir roulé une bonne partie de la nuit, il était de retour à son laboratoire. Une fois sur place, il se servit un whisky et alluma son ordinateur, puis commença à chercher la vérité avec la hargne d'un déchaîné. Il fit sauter la sécurité informatique des hôpitaux — il arrive que certaines personnes victimes d'attentat ou de tentative d'assassinat soient soignées dans la clandestinité, d'où les enterrements bidons.
Il fallut 36 heures à Pills pour retrouver la trace d'un homme ayant reçu une balle dans les poumons. Pills s'effondra sur son bureau, dormit quelques heures, puis se rendit à l'hôpital.
ACTE 09 : L'enlèvement de Wolf à l'hôpital
Wolf dormait depuis près de dix jours. Ce matin-là, les perfusions avaient été arrêtées. Wolf ne parlait pas à cause de ses poumons. Cela dit, il restait terrorisé. Il pensait à Pills et à ses multiples identités.
Vers trois heures du matin, Wolf tentait tant bien que mal de dormir, mais sans succès. Dehors, les éclairs zébraient le ciel. À chaque éclair, la pièce passait de l'obscurité à la lumière. Wolf, immobile, fixait le plafond. La pièce était plongée dans le noir et une pluie torrentielle s'abattait sur les murs de l'hôpital.
Le plafond restait obscur, mais les narines de Wolf détectèrent une odeur inhabituelle. Une odeur qui n'avait rien à faire ici. Ça sentait le whisky.
À un kilomètre de là, la foudre tomba ; un éclair illumina la chambre. Wolf découvrit le visage usé de Pills penché sur lui. La peur le paralysa. Pills leva sa seringue et dit à Wolf : « À la tienne. » Il lui injecta le contenu.
Un autre coup de tonnerre frappa. Pills repensa à son coup de foudre pour Stéphanie et, soudain, attrapa Wolf.
ACTE 10 : Le laboratoire secret et l'expérience génétique
Wolf ouvrit les yeux. Les premiers mots qu'il prononça avec difficulté furent :
— Est-ce que je suis au Paradis ?
Pills arriva en souriant :
— Non, tu es dans mon laboratoire. En deux mots : EN ENFER.
Wolf essaya de se lever, mais il était attaché comme un animal sur la paillasse du Docteur Pills.
— Je vous en prie, Monsieur Pills, laissez-moi tranquille. Pour l'amour de Dieu, laissez-moi vivre.
— Quand on aura commencé, tu imploreras la mort rapide.
Et Pills alluma la chaîne hi-fi. Il mit du Beethoven.
Wolf tremblait comme un animal pris dans un piège, comme un homme tombé entre les griffes du diable. Pills jouait les chefs d'orchestre en rythmant la musique avec, dans chacune de ses mains, un scalpel.
— Ne t'inquiète pas, Wolf. Je ne vais pas te scalper. Je vais tester sur toi le fruit de mes recherches. Ton corps est à moi. Légalement, tu es mort. Quand j'aurai fini, je n'aurai qu'à te mettre dans le cercueil qui est le tien.
— Vous êtes un malade, un psychopathe, un fou, un enfoiré.
— Je suis surtout ton kidnappeur et tu ferais mieux de mesurer tes paroles. Je suis susceptible.
Et Pills lui asséna un coup de scalpel sur la main. Wolf serra les dents.
— ADN : Acide désoxyribonucléique. Tout ce qui est vivant en est pourvu. Tu en as, on en a tous. C'est lui qui fait que tes yeux sont bleus, que tu as deux jambes... Je vais te croiser avec de l'ADN synthétique.
— Comment avez-vous fait pour prendre le visage de Calde ?
— Je l'ai tué, ensuite, j'ai pris un brin de son ADN. J'ai compatibilisé son code génétique avec le mien, mais pour la morphologie du visage uniquement. Quelques heures ont suffi. Puis je suis allé au « Maximum Overdrive ». Je t'ai tiré dessus. Et pour finir, j'ai remuté mon code pour retrouver mon visage. Tu sais, je pourrais prendre ta place si j'en avais envie. Personne ne sait ce que je peux faire, je peux devenir Brad Pitt, Alex Azzoug ou Britney Spears. Le seul problème, c'est que ça a des effets sur le cerveau.
— Ça vous a rendu fou !
— Fou ou pas, tu es dans de sales draps car je vais te croiser avec un dragon des Galapagos. C'est un reptile, un lézard quoi.
— Vous ne l'emporterez pas au Paradis.
— Le code génétique est très différent, et à mon avis, ton corps ne va pas supporter. Tu mourras dans d'atroces souffrances.
Sur ce, Pills se servit un autre verre de whisky et monta le volume.
ACTE 11 : L'expérience monstrueuse et l'explosion du laboratoire
Et dire qu'il y a si peu de temps, il adorait cette musique. Maintenant, il ne la supportait plus.
Pills mélangeait des produits tout en tapant des lignes de code sur son clavier. Wolf, ne pouvant ni bouger ni crier, se contentait de regarder le spectacle lugubre depuis la paillasse.
La musique devenait insupportable. Puis Pills se mit à rire comme un dément et articula lentement :
— C'est prêt.
— Ne déconnez pas, je ne veux pas ça, pitié, Monsieur Pills.
— Docteur. Je suis Docteur.
— Vous seriez même le Pape si vous m'épargniez.
— Je tiens à te dire que sur le coup tu ne sentiras rien, mais bientôt, la fièvre te gagnera.
— Pills, tu me le payeras.
Et sur ces mots, Pills planta la seringue et injecta la mixture.
Les deux hommes restèrent silencieux. L'atmosphère s'était apaisée, mais la tension demeurait palpable. Pills s'assit et termina sa bouteille. Wolf se mit à pleurer.
Les heures passèrent. Maintenant, Pills mettait du Hard Rock.
De son côté, Wolf, gagné par la fièvre, se mit à rire de façon hystérique.
Pills tapait à son ordinateur. Wolf transpirait de plus en plus. Son visage enflait, ses mains tremblaient. Pills donnait 50 % de chances à Wolf de tenir jusqu'au lendemain ; sur ce, il partit se coucher.
Le lendemain, quand il ouvrit la porte, on entendit des gémissements. L'odeur était écœurante. Wolf baignait dans une flaque de sueur et son visage était couvert de cloques purulentes.
Pills, insensible, lui tira les cheveux. Ils se décollèrent. Les lézards n'ont pas de cheveux.
— Bravo, Wolf, tu es résistant. Tu vas vivre, mais tu vas souffrir encore.
Les heures suivantes furent si atroces pour Wolf qu'il perdit connaissance à de nombreuses reprises. Puis, vers une heure du matin, Wolf ne bougea plus. Son cœur s'arrêta net.
Pills s'approcha alors de Wolf, mais celui-ci ouvrit subitement les yeux et, d'un coup, arracha la sangle de son bras droit. Pills évita le bras de Wolf de justesse. Un court-circuit fit sauter l'électrocardiogramme. Les étincelles mirent le feu aux rideaux. Le laboratoire s'embrasa. Wolf essaya de se détacher, sans succès.
Les produits chimiques que manipulait le Docteur Pills menaçaient d'exploser à tout moment. Pills vit le gaz se répandre dans la pièce. Il eut seulement le temps d'ouvrir la porte. Un instant plus tard, le laboratoire explosa. Les vitres volèrent en éclats, propulsant Pills dans les airs, soufflé par les flammes de l'enfer.
Les débris le recouvrirent. Quand il reprit conscience, il ne restait pas grand-chose. Tout avait été calciné. Mais surtout : pas une trace de Wolf. Quand les pompiers arrivèrent, Pills leur expliqua qu'il s'agissait d'un accident. D'un simple accident.
Le matin, au réveil, il se leva de son lit d'hôpital et eut soudain un flash, une vision, une image.
Il revit pour la première fois depuis des mois son véritable visage : la vie de Stéphanie était menacée.
La suite et la fin... Dans la partie 3.