
Découvrez l'adaptation BD de La Trilogie noire de Léo Malet
« Milo et André ont fait connaissance dans un bistrot des Halles. Devenus amis, ils affrontent ensemble le quotidien difficile des prolétaires dans le Paris des années 30. Travail harassant, paye dérisoire. Pour tâcher de survivre malgré tout, il faut multiplier les combines diverses, y compris l'escroquerie à l'arrêt maladie : se blesser intentionnellement, au risque d'une infection, et obtenir la complaisance d'un médecin véreux. C'est la mistoufle, la misère. Dans cet univers impitoyable et sans issue, une idylle en forme de rayon de soleil va pourtant se nouer entre le jeune André et la jolie Gina. » (Présentation Casterman)
Décidemment, les romans de Léo Malet ne cessent d'inspirer les auteurs de bande dessinée. Après les célèbres aventures de Nestor Burma, adaptées avec brio par Tardi, Bonifay et Daoudi s'attaquent à La Trilogie Noire. Ces trois romans policiers ne forment en fait pas de trame narrative qui se tisserait de récit en récit. Chaque roman (et chaque BD) peut se lire indépendamment. Mais leur groupement en « trilogie » tient à la même atmosphère sombre, à la noirceur qui caractérise cette « vie dégueulasse ».
Selon le scénariste de l'adaptation, Bonifay : « Les trois romans sont tous des romans noirs, sombres à souhait, qui ont tous pour point commun de retracer, d'une manière ou d'une autre, la déchéance ou la chute de leur personnage central. » (Interview dans Castermag n°11)
Une noirceur oppressante : plonger dans le Paris des années 30

L'adaptation BD de ce roman social retransmet toute cette noirceur et plonge souvent le lecteur dans un malaise désagréable. Les auteurs tentent de nous faire ressentir la rage de leur personnage en décrivant par le menu sa terrible condition ouvrière. Et même si une petite lueur d'espoir surgit grâce à l'apparition irradiante de Gina, l'album demeure irrémédiablement sombre et désespérant.
La descente aux enfers s'avère inéluctable pour le jeune héros, qui ne peut résister contre le flot qui l'emporte. L'amour pour la belle Gina le pousse à une cavale infernale et à des actions qui ne lui ressemblent pas. Une tension oppressante qui ne s'achève qu'à la dernière planche.
Graphisme réaliste et documenté pour retranscrire une époque
Le graphisme dur de Youssef Daoudi, jeune talent dans le monde de la bande dessinée, est tout à fait adapté à la noirceur du scénario. Visiblement documenté, le dessinateur dépeint de manière très réaliste le Paris des années 30 et ses habitants.
Informations de la série
- Série : La Trilogie Noire
- Titre : Le Soleil n'est pas pour nous
- Auteurs : Daoudi – Bonifay - Malet
- Éditeur : Casterman
- Collection : Ligne Rouge