
Synopsis : La Nuit de l'Inca, tome 2
« Le soleil a cessé de se lever sur l'empire inca. Pour remédier à cet état de choses désastreux, Yawa, grand prêtre du soleil, organise un gigantesque sacrifice humain, et les villageois arrivent par caravanes entières pour être trucidés. Heureusement, Maki, le berger manchot, arrive enfin à rencontrer l'Inca. De cette rencontre improbable — l'empereur et le berger — aucun des deux ne sortira vivant, mais la mort ramènera la vie, et le soleil reviendra enfin. » (Présentation Dargaud)
Un dénouement poétique et inattendu
Il y a environ six mois, je vous présentais le premier tome de La Nuit de l'Inca (lire la critique du tome 1). En ce mois de janvier sort le deuxième et dernier album, apportant la clé de l'histoire. Il est difficile de vous parler de l'intrigue sans vous gâcher le plaisir de la découverte. Je resterai donc volontairement dans le vague pour simplement vous dire que j'ai apprécié le dénouement auquel on ne s'attend pas.
La clé de l'histoire est très poétique. Ne vous attendez cependant pas à un happy end : la folie collective ne pouvant se résoudre dans une joie totale. Les auteurs parlent avec beaucoup de pudeur de la mort. Le ton de cet album est beaucoup plus grave que le premier, du fait de la dimension sombre et cruelle de l'histoire et des personnages confrontés à un phénomène qui les dépasse.
Un style graphique plus lumineux et lisible

Sur le plan graphique, ce deuxième opus est plus clair que le premier, du fait de l'intrigue elle-même : les bûchers installés pour les sacrifices procurent une lumière éclatante dans cette nuit qui dure trop longtemps. Le retour du jour apporte avec lui une couleur orangée qui envahit toute la planche 91 (attention : la pagination des planches poursuit celle du premier album et ne reprend pas à 1).
Même si les hachures restent une constante du dessin, l'ensemble me paraît un peu plus « lisible », peut-être parce que les personnages sont dessinés plus souvent en gros plan que dans le premier tome. Au niveau de la mise en page, les auteurs alternent, comme la première fois, des planches à quatre bandes et certaines à seulement trois, voire deux bandes, aérant la composition.
Les techniques de composition au service du récit
Les grandes cases donnent tout le souffle nécessaire aux visions panoramiques du peuple des Incas (planche 52) ou aux paysages (planches 74 et 89, par exemple). Les auteurs conservent peu de décor à quelques rares exceptions près, laissant les personnages se détacher sur un aplat de couleurs.
Dans ce deuxième album, le dessinateur Frantz Duchazeau et le coloriste Walter exploitent mieux les personnages en ombre. Cette technique révèle à la planche 66 la noirceur du personnage Yawar (le grand prêtre du soleil), avide de pouvoir et voulant commencer les sacrifices humains, et à la planche 68 son humiliation de devoir porter le fardeau rituel pour se présenter devant l'Inca.
Un style personnel et original
Les auteurs ont vraiment su développer à travers ces deux albums un style personnel et original qui donne une certaine saveur à l'ensemble.
Informations sur l'album
Titre : La Nuit de l'Inca, tome 2
Scénario : Fabien Vehlmann
Dessin : Frantz Duchazeau
Couleur : Walter
Éditeur : Dargaud
Collection : Poisson Pilote