Août 1483, Louis XI rend son dernier souffle. Le royaume de France, exsangue après vingt-deux ans de règne autoritaire, se retrouve entre les mains d’un gamin de treize ans qui préfère les ricochets aux affaires d’État. C’est dans ce chaos immédiat que Thomas Roy plante le décor de Furia, son premier roman, publié le 26 août 2026 aux éditions Les Léonides. Ce n’est pas un roman historique sage et poussiéreux : c’est un thriller politique haletant, une fable grinçante où la violence couve à chaque page et où le compte à rebours commence dès la première phrase.

1483 : la France orpheline de Louis XI, le royaume n’attend pas
La mort de Louis XI, en ce mois d’août 1483, n’est pas une simple passation de pouvoir. C’est l’ouverture d’une brèche dans laquelle tout peut s’engouffrer. Le royaume, que le roi défunt tenait d’une main de fer depuis 1461, se retrouve orphelin. Et l’héritier, Charles VIII, n’a que treize ans. Treize ans, un âge où l’on apprend à peine à compter, pas à gouverner. La monarchie vacille, les vassaux reniflent le sang, et le peuple, harassé par des décennies de guerres et d’épidémies, attend que le ciel lui tombe sur la tête. Thomas Roy choisit ce point de départ explosif pour lancer son intrigue. Une course contre la montre s’engage, non pas pour sauver un homme, mais pour sauver un royaume entier.
Le choc d’une succession impossible
Après vingt-deux ans de règne autoritaire, Louis XI — surnommé « l’universelle aragne » pour sa capacité à tisser des toiles diplomatiques et policières — laisse derrière lui un royaume exsangue. Les caisses sont vides, la noblesse est remontée, et le peuple crève la faim. Son fils Charles, lui, préfère « faire des ricochets que gouverner », comme le précise le résumé de l’éditeur sur Kobo. L’image dit tout : le royaume est confié à un adolescent qui n’en veut pas, qui ne comprend pas l’ampleur de la tâche, et qui cherche dans les grimoires une mission divine qui le dispenserait des réalités politiques.
Cette situation est le carburant du thriller. Le roman noir a besoin d’une tension immédiate, d’une urgence qui ne retombe jamais. Ici, l’urgence est totale : la régence n’est pas encore installée, les conspirateurs se positionnent, et chaque jour qui passe sans autorité ferme est un jour de gagné pour les ennemis du trône. Thomas Roy ne laisse aucun répit à son lecteur. Dès les premières pages, on sent que le temps presse. La question n’est pas de savoir si la guerre civile éclatera, mais quand.
La « Guerre folle » qui gronde
Le contexte historique est documenté avec soin. Louis d’Orléans, cousin du roi et prétendant potentiel, voit dans cette faiblesse une occasion en or. Avec d’autres grands vassaux, il prépare ce qu’on appellera plus tard la « Guerre folle » : une révolte nobiliaire contre la régence d’Anne de Beaujeu. Mais Thomas Roy ne se contente pas d’aligner des faits historiques. Il plonge son lecteur dans les conséquences concrètes de cette instabilité politique.
Le coût des guerres passées pèse sur les épaules du peuple. La pression fiscale est intenable. Et comme si cela ne suffisait pas, la vérole — la syphilis — ronge les populations, ajoutant une couche de misère à un tableau déjà sombre. La régence d’Anne de Beaujeu n’est pas seulement un enjeu dynastique : c’est d’abord un coup d’État fiscal et politique. Il faut empêcher la banqueroute, maintenir l’ordre, et éviter que le royaume n’éclate en morceaux. C’est ce moteur économique, rarement mis en avant dans les romans historiques, qui donne à Furia sa dimension de thriller noir. L’argent, le pouvoir, la survie : les mêmes ressorts que dans un polar contemporain, mais en costumes du XVe siècle.
Un crépuscule du Moyen Âge marqué par les épidémies
Le livre se situe au crépuscule du Moyen Âge, une période charnière où les structures médiévales craquent de toutes parts. Les épidémies de vérole ajoutent une dimension d’horreur sanitaire à la crise politique. Les corps pourrissent, les villes se vident, et la mort rôde dans chaque ruelle. Thomas Roy utilise ce décor apocalyptique pour renforcer l’urgence de son intrigue. Chaque personnage sait que la survie est une question de jours, pas d’années. Cette atmosphère de fin de règne, littéralement, donne à Furia une densité rare. !Couverture du livre Furia ou portrait de Louis XI
Louis XI laisse un royaume exsangue et un héritier de 13 ans ; Furia commence là où tout peut basculer.
Anne de Beaujeu, maîtresse du jeu : la régente qui tient les rênes du thriller
Si Charles VIII est le roi de nom, c’est sa sœur, Anne de France — dite Anne de Beaujeu — qui tient les rênes. Thomas Roy en fait le personnage central de son intrigue, et c’est un choix brillant. Figure historique souvent méconnue, Anne de Beaujeu était pourtant l’une des femmes les plus puissantes de son époque. Dans Furia, elle n’est pas une régente de convenance : elle est l’enquêtrice, la stratège, celle qui doit assembler les pièces du puzzle avant qu’il ne soit trop tard. Mais le roman noir exige des personnages ambigus, et Anne n’échappe pas à la règle. Plus elle gouverne, plus elle prend goût au pouvoir. Et ce goût, dans un thriller, est toujours dangereux.
La sœur du roi : l’enquêtrice qui doit sauver le royaume
Le résumé de Kobo le dit sans détour : Anne « doit gérer un royaume en crise, des vassaux agités, un roi qui croit lire sa mission divine dans les grimoires, et un peuple harassé ». C’est elle qui mène l’enquête, qui écoute les rapports, qui déjoue les complots. Dans la tradition du polar politique, elle est le détective qui doit agir vite, sous pression, sans pouvoir se fier à personne. Chaque décision qu’elle prend peut sauver ou détruire le royaume.
Mais Thomas Roy ne fait pas d’Anne une héroïne sans faille. L’ambiguïté morale est au cœur du personnage. « Anne prend peu à peu goût au pouvoir », lit-on dans le résumé. Cette phrase est une promesse de noirceur. La régente qui commence par devoir sauver le royaume pourrait bien finir par vouloir le garder pour elle. C’est ce glissement progressif, cette corruption intérieure, qui fait d’elle un personnage noir parfait. On la soutient, on tremble avec elle, mais on sent que la frontière entre le bien et le mal s’estompe à mesure que l’intrigue avance.
Louis d’Orléans, l’homme qui veut la couronne
Face à Anne, Louis d’Orléans incarne la menace directe. Il est le conspirateur en chef, celui qui attise les mécontentements, qui rassemble les vassaux, qui attend le moment propice pour frapper. Dans la tradition du roman noir, l’antagoniste n’est pas un simple méchant de carton-pâte : il est l’incarnation des forces de déstabilisation qui menacent l’ordre établi. Louis d’Orléans est ambitieux, impitoyable, et il croit sincèrement que la couronne lui revient de droit.
Le duel entre la régente et le prétendant est le cœur de l’intrigue. Chaque chapitre ajoute une couche de tension, chaque manœuvre politique rapproche un peu plus du point de rupture. Thomas Roy excelle à maintenir cette pression constante, sans jamais laisser retomber l’attention. On lit Furia comme on regarde une partie d’échecs où chaque coup peut être le dernier.
Les prémices des guerres d’Italie en toile de fond
Au-delà de la guerre civile, Furia pose les bases des futures guerres d’Italie. Charles VIII, obsédé par sa mission divine, rêve déjà de conquêtes italiennes. Cette ambition, qui semble irréaliste vu l’état du royaume, ajoute une couche d’absurdité tragique au récit. Le roi veut partir à la guerre alors que son trône vacille. Anne doit gérer un souverain qui lit des grimoires au lieu de lire les rapports de ses espions. C’est cette dissonance entre les rêves de gloire et la réalité pourrie qui donne au roman sa dimension férocement ironique.
De la scène au roman : Thomas Roy, un comédien qui écrit avec son corps
Thomas Roy n’est pas un écrivain venu du silence des bibliothèques. Il est comédien et metteur en scène de formation. Né en 1997, il a étudié au Conservatoire du XIIe arrondissement de Paris — masque, conte, clown — avant d’intégrer l’ESAD. Ancien membre du Collectif Bolides, il fait aujourd’hui partie du Chamarre Collectif. Cette formation pluridisciplinaire, cette attention constante portée au corps et à la voix, se ressentent dans chaque page de Furia. Le livre ne se lit pas : il se voit, il s’entend, il se joue.
Masque, clown, ESAD : le bagage théâtral d’un premier romancier
Le théâtre apprend à occuper l’espace, à maîtriser le rythme, à faire exister des personnages avec trois fois rien. Thomas Roy transpose ces compétences dans l’écriture. Ses dialogues claquent, ses descriptions sont visuelles, et la narration avance par scènes plutôt que par chapitres. On sent le geste du comédien derrière chaque phrase : le placement de la voix, le temps d’un silence, l’impact d’un mot lâché au bon moment.
Cette approche corporelle de l’écriture donne à Furia une intensité rare. Les scènes de violence, les confrontations politiques, les moments de tension intérieure : tout passe par le corps. Les personnages ne parlent pas seulement, ils bougent, ils transpirent, ils tremblent. Le lecteur est pris dans ce tourbillon physique, emporté par un rythme qui ne faiblit jamais.
Le « grand détournement littéraire » au service du rythme
Dans sa critique du 10 juillet 2026, Lora Lemaréchal, pour Livres Hebdo, parle d’un « grand détournement littéraire nourri d’art dramatique ». L’expression est juste. Thomas Roy ne cherche pas à reconstituer fidèlement le XVe siècle. Il le détourne, le tord, le projette dans une langue contemporaine et une esthétique théâtrale. Les anachronismes sont joyeux, assumés, presque revendiqués. Les personnages parlent comme des gens d’aujourd’hui, les intrigues de palais sont traitées comme des complots modernes, et la violence est filmée avec une caméra invisible qui n’a rien de poussiéreux.
Ce détournement est ce qui rend le récit immédiat et urgent. Furia n’est pas un livre d’histoire déguisé en roman : c’est un polar qui se joue en direct, avec des acteurs qui connaissent leur texte sur le bout des doigts. Le théâtre n’est pas un simple décor : il est la structure même du récit.
Une approche pluridisciplinaire qui nourrit l’écriture
Thomas Roy a également travaillé sur des comics, comme Les aventures originales de Red Sonja, en traduction et adaptation. Cette expérience du neuvième art, avec ses codes visuels et son rythme de cases, influence sa manière de construire des scènes. Chaque chapitre de Furia pourrait être une planche de bande dessinée : les descriptions sont économes, les dialogues portent l’action, et les ellipses sont utilisées avec précision. Le résultat est un roman qui se lit comme un film qui défile sous vos yeux. !Portrait de Thomas Roy ou photo d’une mise en scène de théâtre
Ancien comédien et metteur en scène, Thomas Roy apporte au roman une énergie scénique unique.
Violences, trahisons, vérole : l’arsenal du roman noir selon Thomas Roy
Qu’est-ce qui fait de Furia un roman noir, et pas simplement un roman historique avec des meurtres ? La réponse tient en quelques mots : la critique sociale, l’atmosphère morbide, et une violence qui n’est jamais gratuite mais toujours politique. Thomas Roy s’inscrit dans la lignée de Jean-Patrick Manchette, pour qui le bon roman noir est « un roman de critique sociale, qui prend pour anecdote des histoires de crimes, mais qui essaie de donner un portrait de la société ». Furia coche toutes ces cases.

Quand la fable historique cogne comme un polar social
La description de l’éditeur, chez Fnac, parle d’un « jeu de massacre entre petits rois égoïstes, aux airs férocement familiers ». Cette phrase résume parfaitement l’ambition du livre. Sous les costumes d’époque, ce sont les mêmes mécanismes de pouvoir, les mêmes trahisons, les mêmes appétits que dans n’importe quel thriller contemporain. Les noms changent, les armes aussi, mais la comédie humaine reste la même.
Thomas Roy ne fait pas dans la dentelle. Ses personnages sont cyniques, calculateurs, prêts à tout pour conserver ou conquérir le pouvoir. La noblesse n’est pas montrée sous un jour romantique : ce sont des prédateurs, des requins en pourpoint et en robe. Le peuple, lui, subit. Il paie, il crève, il se révolte parfois, mais il n’a jamais le dernier mot. C’est cette lucidité cruelle qui fait de Furia un roman noir authentique.
La vérole et la guerre : un décor de fin du monde
La syphilis, qu’on appelle alors la vérole, n’est pas un simple détail historique. C’est un personnage à part entière. Elle ronge le peuple, elle pourrit les corps, elle ajoute une dimension d’horreur concrète à un tableau déjà sombre. Les guerres, les conspirations, les épidémies : tout concourt à créer une atmosphère de fin du monde. Le XVe siècle n’est pas une période pittoresque, c’est un enfer où la mort est omniprésente.
Thomas Roy plonge son lecteur dans cet environnement pourri, instable, où chaque jour peut être le dernier. La violence n’est pas stylisée : elle est crue, physique, presque insoutenable par moments. Mais elle n’est jamais gratuite. Chaque meurtre, chaque trahison, chaque épidémie sert à renforcer le propos du livre : le pouvoir est une maladie qui ronge ceux qui le détiennent et ceux qui le subissent.
Une critique sociale qui traverse les siècles
Le roman noir, selon la tradition du « néo-polar », s’intéresse « aux dimensions les plus anomiques et les plus déréglées de la vie sociale et politique ». Furia applique cette grille de lecture au XVe siècle. Les inégalités, la corruption, l’exploitation du peuple par une élite aveugle : ces thèmes résonnent avec notre époque. Thomas Roy ne fait pas de leçon de morale, mais il montre que les mécanismes du pouvoir n’ont pas changé. Les costumes d’époque sont une farce : derrière eux, ce sont les mêmes appétits, les mêmes trahisons, les mêmes violences.
Les Léonides et la rentrée 2026 : un écrin pour une révélation
Un premier roman en pleine rentrée littéraire, c’est un pari risqué. Les Léonides, maison d’édition française fondée sur une ligne éditoriale exigeante, ont choisi de le prendre. Et ce pari, à en juger par la qualité du livre, est gagnant. Furia bénéficie d’un écrin parfait : une maison qui ose, un format court qui va à l’essentiel, et un prix accessible qui invite à la découverte.
« Littératures engagées, idées indociles » : l’ADN de la maison
Le slogan des Léonides est clair : « Littératures engagées, idées indociles ». Leur catalogue le prouve. On y trouve Michaël Dichter, Grand Prix RTL-Lire Magazine 2026, mais aussi Marie Charrel, Sasha Bonét, et d’autres auteurs qui bousculent les codes. Furia s’inscrit parfaitement dans cette ligne : un texte qui mêle exigence littéraire et critique sociale, qui refuse les facilités du roman historique convenu, qui prend des risques formels et narratifs.
En lançant ce premier roman en pleine rentrée, Les Léonides envoient un signal fort. Ils croient en Thomas Roy, ils croient en son livre, et ils sont prêts à le défendre sur le terrain le plus concurrentiel de l’édition française. Ce n’est pas un simple pari commercial : c’est un acte de foi dans la littérature qui dérange et qui pense.
200 pages, 20 euros : le format parfait pour un coup de poing littéraire
Furia fait 200 pages, format broché 14,8 x 21 cm. Prix : 20 euros en broché, 14,99 euros en e-book. Ce format court est un atout décisif pour un roman noir. Pas de digressions, pas de remplissage : chaque page compte, chaque phrase avance l’intrigue. L’intensité est maintenue du début à la fin, et la lecture peut se faire d’une traite — ce qui est exactement ce qu’on attend d’un thriller qui se respecte.
Le prix, lui aussi, est stratégique. À 20 euros, le livre reste accessible pour les jeunes lecteurs, notamment les 18-25 ans qui constituent le cœur de cible des romans noirs contemporains. La version numérique, à moins de 15 euros, abaisse encore la barrière. Furia est un livre qui veut être lu, pas seulement acheté et rangé sur une étagère.
Un ISBN et une disponibilité en librairies indépendantes
Le livre est disponible chez tous les libraires, avec une présence marquée sur Place des Libraires et dans les réseaux de librairies indépendantes. L’ISBN 978-2-488335-75-1 permet de le commander facilement. Les Léonides ont misé sur un réseau de distribution large, pour que le livre soit disponible partout dès le 26 août 2026.
Conclusion : pourquoi Furia est le premier roman à ne pas manquer en 2026
On referme Furia avec une seule envie : en parler autour de soi. Ce premier roman a tout pour marquer la rentrée littéraire 2026. Un contexte historique explosif qui sert un thriller politique implacable. Un style théâtral, anachronique et grinçant qui renouvelle le genre. Un auteur comédien qui écrit avec son corps et qui fait vivre ses personnages comme sur une scène. Et une maison d’édition engagée qui prend des risques et les assume.
Les amateurs de romans noirs trouveront dans Furia ce qu’ils cherchent : une tension constante, des personnages ambigus, une critique sociale acérée, et une atmosphère qui colle à la peau. Mais le livre va plus loin. Il bouscule les codes du genre, il joue avec les époques, il invente une langue qui est à la fois celle du XVe siècle et celle d’aujourd’hui. Thomas Roy ne respecte aucune règle, et c’est ce qui fait la force de son texte.
Pour ceux qui aiment les thrillers historiques, Furia s’inscrit dans la même veine que des romans comme Caravane pour corbeaux d'Eminé Sadk, où la noirceur du propos est portée par une écriture ciselée et une intrigue implacable. Et pour ceux qui veulent prolonger l’expérience du roman noir dans des décors différents, Les Braconniers de Callan Wink offrent un dépaysement tout aussi intense, du côté du Montana.
Thomas Roy est un nom à retenir. Furia est une entrée fracassante en littérature, un coup de poing qui laisse des traces. Si vous ne lisez qu’un seul premier roman cette année, que ce soit celui-là. Vous ne le regretterez pas.