Giuliano Da Empoli, déjà reconnu pour Le mage du Kremlin (2022), revient avec un nouveau roman intitulé Le fondateur, prévu pour paraître en octobre 2026 chez Gallimard dans la collection Blanche. Ce deuxième ouvrage explore la manière dont le pouvoir se construit aujourd'hui à travers les réseaux, la technologie et l'influence, en s'intéressant à la maîtrise des données comme levier de puissance mondiale.

Un auteur engagé dans l'analyse des nouvelles formes de pouvoir
Né en 1973, Giuliano Da Empoli est un écrivain et conseiller politique italo-suisse. Ancien conseiller de Matteo Renzi et de Francesco Rutelli, il est spécialiste des nouvelles formes de pouvoir, des populismes et des stratégies de communication politique. Il dirige le think tank Volta à Milan et enseigne à Sciences Po Paris. Son oeuvre s'inscrit toujours dans une démarche d'analyse des mécanismes de pouvoir contemporains.
Avec Le mage du Kremlin (2022), Da Empoli avait déjà remporté un triomphe en s'immergeant dans les coulisses du pouvoir russe. Ce roman, qui lui avait valu le Grand Prix du roman de l'Académie française, s'était vendu à près de 800 000 exemplaires. Il avait également inspiré une adaptation cinématographique signée par Olivier Assayas, avec Paul Dano et Jude Law dans les rôles principaux.
En avril 2025, Da Empoli avait publié un essai-récit intitulé L'heure des prédateurs, qui s'était vendu à plus de 200 000 exemplaires. Dans cet ouvrage, il décrivait l'alliance entre chefs autoritaires et seigneurs de la tech, de Donald Trump à Elon Musk. Le fondateur prolonge en fiction les analyses de cet essai, en explorant comment la maîtrise des données peut promettre une puissance autrefois réservée aux États.

Panoptik, un nom qui évoque le panoptique de Bentham et Foucault
Dans Le fondateur, l'action se déroule dans les quartiers généraux de la tech, où la maîtrise des données devient un levier de pouvoir mondial. Le roman suit G., un conseiller politique déchu, recruté par Alexander Zimmer, le fondateur de Panoptik, une société de surveillance géante. Le projet de Zimmer est audacieux : "venir à bout des humains".
Le nom Panoptik est un clin d'oeil au panoptique imaginé au XVIIIe siècle par le philosophe Jeremy Bentham, et popularisé par Michel Foucault comme symbole d'une société organisée par la surveillance. Comme le souligne Livres Hebdo, le roman "nous entraîne au coeur de Panoptik, une société de surveillance tentaculaire évoquant le modèle pensé par Michel Foucault".
G. abandonne Rome pour Marbella, où Panoptik a installé ses quartiers. Il s'y trouve au coeur d'une communauté de fondateurs et de puissants engagés dans "l'ultime partie" de Zimmer. Ce déplacement géographique symbolise l'abandon des structures traditionnelles de pouvoir au profit de réseaux transnationaux, où la technologie devient le nouveau terrain de bataille.
Alexander Zimmer, un archétype du milliardaire technocrate
Alexander Zimmer, le fondateur de Panoptik, incarne l'archétype du milliardaire technocrate. Bien que Gallimard n'ait attribué aucun modèle réel à ce personnage, le portrait qu'en dessine Da Empoli évoque plusieurs traits associés aux figures emblématiques de la tech : l'ambition planétaire, la puissance transnationale et la conviction que la technologie peut dépasser les limites humaines. Son projet de "venir à bout des humains" rappelle les discours de certains leaders du secteur, sans pour autant s'appuyer sur un modèle réel spécifique.
La Fnac présente Le fondateur comme l'oeuvre où "l'écrivain italo-suisse explore la puissance des géants de la tech". Ce pouvoir transnational, fondé sur la technologie et l'influence, devient le coeur de la thèse du roman : dans un monde où les données sont la nouvelle monnaie, celui qui contrôle les réseaux contrôle le pouvoir.
Un contexte de rentrée littéraire chargée
Le fondateur paraîtra lors d'une rentrée littéraire riche pour Gallimard. À 81 ans, le prix Nobel de littérature Patrick Modiano y présente son nouveau roman, L'Éléphant, dans la même collection Blanche. Ce contexte offre une forte visibilité à la littérature de pouvoir, un thème central de l'oeuvre de Da Empoli.
Le roman suscite une attention croissante depuis les premiers mois de 2026. Le prix indicatif de 21,50 € figure sur la fiche Gallimard et chez les libraires, bien que ce soit un "prix prévisionnel" à vérifier à la parution.
Questions fréquentes
Qui est Alexander Zimmer dans Le fondateur ?
Alexander Zimmer est le fondateur de Panoptik, une société de surveillance géante. Il recrute G., un conseiller politique déchu, pour un projet audacieux : "venir à bout des humains".
Quel est le lien entre Le fondateur et L'heure des prédateurs ?
Le fondateur prolonge en fiction les analyses de l'essai-récit L'heure des prédateurs (avril 2025), qui décrivait l'alliance entre chefs autoritaires et seigneurs de la tech. Il ne s'agit pas d'une suite au sens narratif, mais d'une exploration romanesque des mêmes thématiques.
À actualiser
La date de mise en vente de Le fondateur varie selon les sources : le 1er octobre 2026 (selon les données Dilicom et les annonces de septembre 2026) ou le 15 octobre 2026 (selon un article de la Fnac daté d'août 2026). La date exacte reste à confirmer.