Le Label 619 de Rue de Sèvres annonce, pour le 7 octobre 2026, "Les Enfants Perdus", la nouvelle bande dessinée de Neyef. L'auteur, de son vrai nom Romain Maufront, revient après "Hoka Hey !", le western de 224 pages paru chez le même éditeur. Cette fois, il s'attaque à un mythe autrement plus familier : Peter Pan.

Un mythe déplacé du côté de la survie
La présentation de l'album déplace le coeur du récit. Là où l'histoire de James Matthew Barrie posait la question de grandir ou non, "Les Enfants Perdus" se situerait dans un monde où il n'est plus question que de survivre. La presse spécialisée relaie cette lecture, et la revue professionnelle Livres Hebdo qualifie l'album de "puissant" en le rattachant explicitement au mythe de Peter Pan.
Le décor annoncé est contemporain et dur. Selon la présentation qui circule, les pirates trafiquent, les "indiens" squattent les HLM, et les Enfants Perdus tentent de survivre à un monde qui les a abandonnés, en se soutenant mutuellement. Cette solidarité dans l'abandon donne sa couleur au projet : moins une aventure de pirates qu'un récit de débrouille collective.
À quelques jours de la sortie, aucune critique de l'album terminé n'a encore été publiée et il n'y a pas de synopsis complet validé par l'éditeur. Le thème de la jeunesse abandonnée repose pour l'instant sur le cadrage promotionnel et commercial, pas sur un contenu de lecture vérifié. Les noms de personnages et certains détails d'intrigue qui circulent proviennent de fiches de libraires, non d'une source éditoriale.
Après "Hoka Hey !", un auteur déjà installé
"Hoka Hey !", western ambitieux de 224 pages signé Romain Maufront alias Neyef, est paru chez Rue de Sèvres au sein du Label 619. Ce récit initiatique, décrit comme brutal mais humain, a installé l'auteur dans le paysage du label. "Les Enfants Perdus" est présenté comme la suite logique de ce parcours : une réimagination du mythe de Peter Pan après ce western.
D'un Ouest américain à un décor urbain où les HLM remplacent les campements, l'auteur reste dans une veine sombre, celle des laissés-pour-compte qui doivent s'organiser pour tenir.

Trois éditions pour un même album
L'éditeur a prévu trois déclinaisons : une édition classique, une édition collector pour le réseau Canal BD et une variante de la librairie Bulle au Mans. L'édition Canal BD se distingue par une couverture alternative, un frontispice et un cahier bonus de huit pages, comprenant des recherches graphiques et un entretien avec Neyef.
Pour les prix, les relevés de libraires indiquent 24,90 € pour l'édition classique et 26,90 € pour le collector Canal BD. L'édition classique est annoncée autour de 200 pages, au format 24,1 × 31,9 cm, sous l'EAN 9782810206087. Ces chiffres restent toutefois provisoires : le Label 619 a précisé que les détails techniques - pagination et prix pour chaque édition - seraient communiqués ultérieurement. Il faut donc les considérer comme des indications de précommande, et non comme des données définitives.
À quel public s'adresse l'album
Faute de classification d'âge explicite, la question du public est la plus difficile à trancher. Rien n'indique une catégorie autre que le "tout public" ou le roman graphique, et aucun avertissement de contenu n'a été publié.
Plusieurs indices convergent : le ton dramatique, le thème de la jeunesse abandonnée, le trafic et le squat comme toile de fond, le format généreux et le prix d'un album cartonné. Tout cela vise plutôt un lectorat adolescent et adulte qu'un jeune public. Les lecteurs sensibles aux récits de survie, aux réécritures de mythes classiques et à la veine graphique du Label 619 constituent le public naturel de ce type de projet. Les plus jeunes y trouveront sans doute un univers moins rassurant que celui du Peter Pan d'origine.
Cette lecture du public cible découle de la présentation de l'album, pas d'une étiquette officielle. Elle devra être confirmée à la lecture.
"Les Enfants Perdus" est à conseiller aux lecteurs adultes et adolescents qui aiment les mythes revisités sans concession, en gardant à l'esprit que l'essentiel de ce que l'on en sait aujourd'hui tient au discours de lancement. La vraie mesure de l'album viendra des lecteurs.