
Le cinquième tome de Double masque : une nouvelle ère pour Bonaparte
Dufaux et Jamar nous présentent en ce début d'année le cinquième tome de leur série historique Double masque. Les Coqs annonce une nouvelle ère puisque Bonaparte se prépare à être consacré comme l'Empereur Napoléon. Comme dans les albums précédents, le noyau central demeure les fameux deux masques. Rappelez-vous : les auteurs jouaient jusqu'alors sur l'opposition entre deux hommes nés le même jour et liés par un mystérieux masque blanc. L'un, Napoléon Bonaparte, semble être fait pour la lumière et pour régner sur la capitale d'en haut. L'autre, « la Fourmi », règne sur l'ombre et sur le Paris souterrain. Dans Les Coqs, nous assistons enfin à la rencontre de ces deux êtres.
Une rencontre inattendue et une alliance surprenante
Mais étrangement, cette rencontre ne provoque pas les étincelles attendues. Les deux hommes en arrivent même à s'associer pour percer le mystère de ces fameux masques. Napoléon, qui prépare activement son sacre, rencontre enfin son double. Tous deux vont faire une trêve et s'allier pour tenter de retrouver la femme voilée qui leur a jadis donné leur masque.
Pendant ce temps, la Torpille sauve l'Écureuil d'une mort certaine, tandis que Fouché tente de déjouer les complots fomentés contre le futur empereur. Sa fille Joséphine enquête pour savoir qui a tué son fiancé et décide de passer à l'acte. François La Torpille, arnaqueur de talent, est aux premières loges pour observer les faits et gestes d'un Bonaparte bien différent de celui décrit dans les livres d'histoire.
Un scénario maîtrisé dans la tradition du roman historique
Dufaux nous a mitonné un scénario bien cadencé avec des séquences parfaitement maîtrisées. Même si l'intrigue principale n'avance guère, le récit s'inscrit dans la lignée de Vidocq, des Mystères de Paris et autres chefs-d'œuvre du XIXe siècle. Le scénario mêle avec habileté le réel et l'imaginaire, les personnages historiques et fictifs. Le tout est relevé par une pointe d'humour dans les dialogues des personnages.
L'art de Martin Jamar : précision et atmosphère
Toujours dans un style semi-réaliste, Martin Jamar dépeint les personnages hauts en couleur qui parcourent l'histoire. On peut noter tout le travail sur les différentes expressions de visages, comme si le dessinateur voulait réaliser une galerie de portraits. L'ensemble est marqué par la précision et la finesse.
Ce cinquième tome se singularise par une mise en couleur soignée qui met bien en valeur les différentes atmosphères de Paris. Du Paris souterrain de la Fourmi aux salons de la capitale impériale, chaque scène respire l'authenticité historique.
Informations sur la série
Série : Double masque
Titre : Les Coqs
Auteurs : Dufaux – Jamar
Éditeur : Dargaud