
L'intrigue : entre histoire et mystère
« Chargé par Bonaparte de mettre la main sur une prostituée nommée Opale, La Torpille se retrouve entre les mains de La Fourmi, l'autoproclamé nouveau maître des cloaques de Paris. Après lui avoir échappé grâce à l'Écureuil, une étrange garçonne aussi dangereuse que séduisante à la solde du redoutable Fouché, La Torpille plonge dans les bas-fonds de la capitale. Sur les traces d'Opale, il croisera toute une faune d'étranges personnages comme le mystérieux Fer-Blanc, vendeur de casseroles ambulant et inquiétant, que même La Fourmi semble redouter... » (Présentation Dargaud)
Comme prévu, Dufaux et Jamar ne nous ont pas fait trop attendre pour dévoiler la deuxième partie de Double Masque, série qui a débuté l'année dernière. S'ils ont réussi à boucler une première histoire, le mystère demeure entier autour de ces deux masques et du personnage clé Fer-Blanc. Les auteurs jouent à nouveau sur l'opposition entre deux hommes nés le même jour et liés par un mystérieux masque blanc : l'un, Napoléon Bonaparte, semble être fait pour la lumière et pour régner sur la capitale d'en haut ; l'autre, « la Fourmi », règne sur l'ombre et sur le Paris souterrain.
Le scénario : une série à suivre avec patience
Les auteurs nouent le poisson en achevant le premier récit tout en laissant percevoir une longue série derrière, où il faudra être très patient pour tout comprendre. Sur la lancée du premier tome, ils mêlent réel et imaginaire, personnages historiques et fiction. Dufaux et Jamar s'inscrivent dans la lignée de Vidocq, des Mystères de Paris et autres chefs-d'œuvre du XIXe siècle. Cependant, ils ne semblent pas pouvoir tenir le rythme des récits d'antan sur la longueur. À force de multiplier les personnages, aucun n'arrive vraiment à susciter l'intérêt du lecteur. On se demande où les auteurs veulent en venir. Double Masque est une lecture agréable et facile, mais sans grande surprise.
Le dessin : des portraits expressifs mais peu dynamiques
Toujours dans un style semi-réaliste, Martin Jamar dépeint les personnages hauts en couleur qui parcourent l'histoire. On peut noter tout le travail sur les différentes expressions des visages. En revanche, on peut regretter le manque d'inventivité dans la mise en page. Le dessinateur se concentre surtout sur les visages des personnages, comme s'il voulait réaliser une galerie de portraits. Si le trait limpide de Jamar et les couleurs de Denoulet rendent l'ensemble agréable à lire, le dessin n'arrive pas à imprimer une réelle dynamique.
Fiche technique
Série : Double Masque
Titre : La Fourmi
Auteurs : Dufaux – Jamar
Éditeur : Dargaud