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Des dieux et des hommes

Jean-Pierre Dionnet revient avec une uchronie ambitieuse de trente albums. Un projet original mais au scénario peu captivant.

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Une uchronie ambitieuse de trente albums

« 25 novembre 1970, quelque part sur la Route 66, du côté de Pasadena. Dans une chambre du Happy Hour Motel, un homme écrit une lettre à sa femme. Il lui explique qu'il ne rentrera plus à la maison, convaincu de l'absurdité de son mode de vie. Il ne part pas pour une autre femme, mais pour rejoindre Lilith, déesse des Hommes et mère de l'Évolution. Puis, en plein désert, il rejoint une communauté installée dans la forêt pétrifiée. Désormais, il s'appellera Ismaël... Mais Lilith est-elle une vraie déesse ou une simple mortelle coupable de supercherie, comme le pense la reine de la Nuit ? » (Présentation Dargaud)

La nouvelle série Des Dieux et des hommes marque le grand retour de Jean-Pierre Dionnet dans le monde du neuvième art. L'auteur revient avec un projet particulièrement ambitieux : réaliser une uchronie de trente albums. (L'uchronie est un néologisme du XIXe siècle fondé sur utopie et chronos ; il s'agit d'utopies temporelles, de récits dans des temps « qui auraient pu être »)

Dionnet décrit son projet comme une « rencontre inattendue entre Jack Kirby et Éric Rohmer » et une saga « super-héroïque » volontiers anarchisante qui met en scène des divinités confrontées aux humains et à l'ennui existentiel. Chaque tome fonctionne comme un one-shot, confié à un dessinateur différent. Pour ce premier volume, c'est un duo de dessinateurs italiens, Roberto Baldazzini et Corrado Mastanbuono, qui s'en charge.

Une structure narrative originale

Jean-Pierre Dionnet recherche l'originalité dans la structure même de ses albums. Chaque tome se compose de deux récits : un grand récit principal, une histoire courte et des suppléments, créant une expérience de lecture riche et variée.

Un scénario philosophique mais peu captivant

Malheureusement, au-delà de l'originalité formelle, le scénario déçoit. Dionnet cherche à nous faire réfléchir sur notre condition et notre impact sur l'environnement, mais ces pensées philosophiques ne parviennent pas à créer un scénario captivant. Le lecteur ressent rapidement le même ennui que celui exprimé par le protagoniste au début de l'album. L'histoire manque de profondeur et ressemble à un simple instantané. Il faudra attendre les albums suivants pour saisir l'intérêt réel de cette série.

Un graphisme pop-art et psychédélique

Le style de Roberto Baldazzini et Corrado Mastanbuono puise son inspiration dans le pop-art et l'art psychédélique. Les illustrations offrent une grande lisibilité et une clarté proches du style de la ligne claire. Les couleurs chatoyantes créent une atmosphère visuelle séduisante.

L'histoire courte : un sens caché énigmatique

L'histoire courte, réalisée par Dionnet et Corrado Mastanbuono, met en scène le Seigneur des Mouches, qui s'avère être un enfant jouant au cerf-volant. Le sens caché de ces deux récits reste peu accessible aux non-initiés, qui risquent de se lasser rapidement.

Informations sur la série

Titre : Des Dieux et des hommes
Scénariste : Jean-Pierre Dionnet
Dessinateurs : Roberto Baldazzini et Corrado Mastanbuono
Éditeur : Dargaud

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lorna
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