Christine Angot publie Je change de nom, un texte court paru chez Flammarion le 30 septembre 2026. Le livre est à la fois une déclaration d'identité, une rupture symbolique avec le passé et une prise de position publique sur des questions qui traversent la société française.

Un nom, une histoire
Dans ce livre, l'autrice abandonne le nom de son père, Angot, pour reprendre celui de sa mère, Schwartz. Le changement a été effectué auprès de l'État civil, et il est le point de départ d'un récit qui explore l'héritage, la judéité et l'antisémitisme.
"Je ne pouvais pas continuer à trahir Christine Schwartz plus longtemps, ça suffisait, et à vivre soi-disant protégée par ce nom de Angot. À quel prix ? Quel prix j'allais encore payer pour passer pour une autre... ?", écrit-elle en quatrième de couverture. Ce n'est pas un geste esthétique : c'est un acte de résistance. En reprenant le nom de sa mère, Angot relie son histoire personnelle à celle des femmes de sa famille qui l'ont précédée.
Une oeuvre engagée
Le récit s'inscrit dans la lignée de L'Inceste (1999), où Angot racontait les sévices sexuels infligés par son père alors qu'elle était enfant. Je change de nom élargit le propos : dans un entretien avec l'autrice, Le Monde salue "un texte tendu, bagarreur", un texte qui charge notamment contre l'ordre patriarcal et l'antisémitisme.
Télérama y voit "une puissante réflexion sur la place des femmes" et un "récit aussi intime que politique". Madame Figaro salue pour sa part un livre sur ce que signifie le nom, tant intimement que socialement. L'autrice est membre du jury du Goncourt et lauréate du prix Médicis en 2021 pour Voyage dans l'Est.
Un paradoxe littéraire
Angot a confié au Nouvel Obs qu'elle resterait "Christine Angot" pour ses lecteurs : c'est le nom de ses livres. Mais le nom d'État civil, lui, n'a jamais été le sien. "Il a été, et il est, mon nom d'écrivain, mais je ne l'ai jamais ressenti ni à 13 ans, ni à 14, ni à 18, ni jamais, comme étant mon nom. Jamais", dit-elle.
Ce paradoxe éclaire le choix de reprendre le nom de sa mère : conserver "Christine Angot" comme nom d'écriture, c'est admettre que l'on peut se réinventer sans renier ce que l'on a été. Je change de nom n'est pas un effacement, c'est une réparation.
Ce qui a déclenché l'écriture
Angot travaillait depuis un an et demi à un autre projet littéraire quand sa démarche auprès de l'État civil français a tout réorienté : c'est le changement de nom lui-même qui a déclenché l'écriture. Le récit raconte donc moins une décision qu'un basculement, celui d'une femme qui interroge, à travers son histoire, le poids social du patronyme.