
Difficile de s'y tromper : c'est bien du CLAMP ! Tous les ingrédients qui font habituellement le succès de leurs œuvres y sont réunis.

Résumé de l'intrigue de Chobits
Hideki est un lycéen ordinaire : pas de copine, un peu obsédé, mais avec un bon fond. Ici, la vie est facilitée par la présence d'ordinateurs personnels, construits à l'image des humains dans le but de les aider. Un jour, en rentrant du bar où il travaille, il trouve, emmitouflée dans les poubelles, un — ou plutôt une — de ces ordinateurs.

Il la ramène chez lui et, à l'aide de son ami Shimbo, ils la remettent en marche. Mais ils se rendent très vite compte que Chii (c'est le nom qu'Hideki lui donne, elle ne sait dire que « chii ») n'est pas un ordinateur comme les autres. Heureusement, elle dispose d'un logiciel d'apprentissage qui va permettre à Hideki de lui enseigner tout ce qu'elle ne sait pas encore. Son fichier d'informations personnelles est vide et elle est munie d'un système de protection qui empêche quiconque essaierait d'aller plus loin dans sa mémoire. Appartiendrait-elle à cette légende urbaine à propos de ces robots autonomes, les Chobits ?
Analyse critique du manga Chobits

En lisant les deux premiers volumes, j'ai remarqué que le scénario y était un peu plus cru qu'à l'habitude du CLAMP. Mais malheureusement, alors que le studio bannit enfin ce côté chaste qui rendait parfois les personnages un peu lourds et peu crédibles par tant de pureté, les dialogues se transforment plus en cours de sexualité ou en bonne morale qu'en facteur de crédibilité. Pour exemple : ce « petit bouton » entre les cuisses de Chii qu'elle ne doit pas toucher avant d'avoir trouvé « quelqu'un qui l'aime vraiment », ou encore le très implicite « ne t'inquiète pas, elle est de taille normale » !
De plus, Chii le « robot » me fait plus penser à une femme objet qu'à autre chose. Son côté mièvre ne fait qu'accentuer cela ! Et il y a encore pas mal d'autres détails qui pourraient mettre mal à l'aise le lectorat féminin un peu réfléchi.
Les thèmes et références CLAMP

Le thème, comme souvent chez CLAMP, est « l'union de deux mondes différents » (ici l'organique et l'inorganique). Comme dans toutes leurs œuvres, un personnage proche du héros vit sous une fausse identité. Dans Chobits, on trouve une histoire d'amour cachée, une autre plus triste et des éléments magiques ou inexpliqués comme la présence de cet autre Chii, ou ce livre illustré qui semble ne s'adresser qu'à elle. Et comme toujours aussi, ces références à leurs autres œuvres comme le fast-food Dukalyon...
En bref, on y retrouve tous les ingrédients qui ont toujours fait le succès de leurs œuvres. Côté graphique, le trait est très agréable, fin et très épuré. Le papier est également de très bonne qualité, ainsi que la couverture, et les premières pages en couleurs sont plutôt magnifiques. On a le droit en plus à une petite carte illustrée bicolore ou monochrome d'un des personnages principaux — mais bon, c'est quand même heureux pour le prix que l'on paie !
Verdict : faut-il lire Chobits ?

Pour résumer, si vous êtes fan de ce studio, bien sûr que Chobits est fait pour vous. En revanche, si vous n'y êtes pas, ce manga n'est pas indispensable, mais c'est déjà une référence. Préparez-vous quand même à une dizaine de volumes pour 7,90 euros par volume !
Si vous êtes totalement sexiste, laissez tomber ! Mais bon, ce qui me chagrine, c'est de voir que l'image de la femme au Japon n'a pas changé (une bonne épouse est docile et doit savoir faire la cuisine ! Si elle est naïve, c'est encore mieux !). Je suppose aussi que la notoriété du CLAMP n'est pas pour rien dans le succès de ce shojo.
Trois volumes sont déjà sortis mais ils sont déjà riches en révélations. L'histoire avance bien et de nombreux éléments restent à découvrir !
Chobits
CLAMP
Pika Édition