
Charles Dickens naquit le 7 février 1812 à Portsmouth, en Angleterre. Jusqu'à ses 12 ans, il vécut une enfance heureuse.
L'enfance traumatique de Charles Dickens
À l'âge de 12 ans, il subit un traumatisme qui allait le hanter pour le reste de sa vie. Son père fut jeté en prison pour dettes. Charles connut l'horreur de la pauvreté et découvrit le sort terrible des enfants qui travaillaient dans les fabriques en devenant lui-même ouvrier dans une usine de cirage.
Cette expérience personnelle lui permit d'écrire sur les pauvres et les malheureux avec tant de vérité que ses récits dramatiques touchèrent le cœur de millions de lecteurs. Grâce à cela, Dickens, le romancier le plus populaire de son temps, eut une influence déterminante sur les réformes sociales accomplies dans l'Angleterre victorienne.
Après la libération de son père, ses souffrances ne s'arrêtèrent pas immédiatement. Il dut travailler encore plus de dix mois à la fabrique avant de pouvoir retourner à l'école. Son père prit toutes les dispositions nécessaires pour délivrer Charles de ses obligations mais, au grand effarement du jeune garçon, sa mère n'admit qu'à contrecoeur qu'il quitte son emploi rémunéré. Dickens ne pardonna jamais à sa mère d'avoir essayé de le faire rester à la fabrique, et plus tard, la prit comme modèle pour la mère stupide et vaniteuse de son roman Nicholas Nickleby.
Les débuts littéraires de Dickens
Charles fut ensuite envoyé trois ans dans une école publique avant de trouver un autre emploi, cette fois comme employé dans une étude d'avoués. Ce travail étant ennuyeux, Dickens devint rapporteur sténographe à la Chambre des communes.
À l'âge de 23 ans, il était devenu un journaliste reconnu et fut engagé par un quotidien, le Morning Herald. C'est un peu avant d'obtenir ce nouveau poste que Dickens commença à écrire de la fiction.
En 1833, il envoya un article romancé sur la vie de Londres au Monthly Magazine qui le publia et en demanda d'autres. Dickens s'empressa de les satisfaire et ces nouvelles, ainsi que celles qui parurent dans deux quotidiens, furent publiées sous le pseudonyme de « Boz ». Le jour de son vingt-quatrième anniversaire (1836), tous ses récits furent réunis dans un volume intitulé Sketches by Boz. Le livre fut un succès immédiat et amena un éditeur à lui proposer un contrat pour la rédaction d'un livre comique.
Les romans majeurs de Charles Dickens
C'est ainsi qu'apparut sous forme de feuilletons sur 20 mois The Pickwick Papers. Ce livre est un récit satirique des aventures de M. Pickwick, un personnage naïf, mythomane et mégalomane, de son domestique Sam Weller et du club d'excentriques qui les entourent. Le succès ne quitta plus Dickens, qui publia régulièrement de nouveaux romans en Angleterre. Le public américain aimait notamment ses romans ; par exemple, une foule se massait au port pour attendre le bateau qui amenait la dernière parution.
Après les humoristiques Pickwick Papers, Dickens persista dans la voie romanesque avec Oliver Twist en 1838 et Nicholas Nickleby en 1839. Ces sortes de contes, bâtis autour d'un personnage central souvent autobiographique, mettent déjà au jour certains aspects de l'exploitation des plus faibles, et tout particulièrement des enfants. Avec The Old Curiosity Shop en 1840, c'est encore le destin tragique d'une fillette qui permet à l'auteur de dénoncer avec compassion le caractère définitivement inhumain du monde industriel.
L'œuvre maîtresse : David Copperfield
Dickens parvient aussi à approfondir son analyse sociale et psychologique. Parmi ses œuvres, Dombey and Son publié en 1848 est un portrait acide de cette bourgeoisie dont la fortune s'est bâtie sur l'industrie. Mais il faut surtout retenir son œuvre majeure, David Copperfield publié en 1849. Ce récit autobiographique qui montre le Londres laborieux et misérable vu par les yeux d'un enfant reste le plus célèbre et le plus lu des romans de Dickens.
Vie personnelle et fin de vie
Son humour et sa gentillesse lui valaient une grande popularité. Homme sincère, d'une grande humanité, il profita de son immense célébrité sans jamais devenir prétentieux.
Dickens était également directeur d'une compagnie théâtrale qui joua devant la reine Victoria en 1851.
Cependant, tous ses succès ne purent jamais compenser le traumatisme initial de son enfance, ni ses problèmes privés. Sa passion pour une jeune actrice, Ellen Ternan, le conduisit à quitter son épouse et leurs dix enfants en 1858.
Il faisait régulièrement des conférences où il lisait avec passion et énergie ses œuvres, ce qui affaiblit son état de santé. Épuisé, il se retira à la campagne en 1870 pour ce qui devait être son dernier roman, The Mystery of Edwin Drood. Mais surmené, il mourut le 9 juin d'une apoplexie, laissant le mystère irrésolu.
L'héritage littéraire de Dickens
La mort de Dickens attrista le monde entier qui aimait et admirait son génie de romancier. Le poète américain Henry Longfellow écrivit : « Je n'ai jamais vu la mort d'un écrivain causer une telle affliction... Le pays tout entier est en deuil. »
Aujourd'hui, les livres de Dickens font partie de ceux les plus traduits au monde (en 68 langues) et passionnent encore des millions de lecteurs.