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Blues 46

Un road-movie haletant mêlant course-poursuite, hold-up et personnages haut en couleur dans le sud-ouest de la France.

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L'intrigue : une course-poursuite effrénée

« Dans sa DS décapotable, Guéric transporte des livres anciens. Un jour, il est à deux doigts d'écraser Alain, un jeune garçon qui fait du stop. Guéric se laisse convaincre de le conduire chez sa tante, malgré la présence d'un furet encombrant et dévastateur. Arrivé sur place, Guéric découvre que la maison est occupée par deux tueurs qui semblent tout droit échappés des Tontons flingueurs ! Obligés de fuir, Guéric et Alain reprennent la route en catastrophe, poursuivis par les truands. De refuge en refuge, le mystère s'épaissit... » (Présentation Dargaud)

Blues 46 nous entraîne dans une course-poursuite folle qui semble ne jamais s'arrêter. Éric Stalner et Laurent Moënard nous servent un cocktail bien frappé avec ce road-movie haletant à travers le sud-ouest de la France. Mais Blues 46 ne se limite pas aux poursuites en voiture : l'intrigue tourne autour d'un hold-up, d'un butin caché et d'une série de timbres qui fait rêver tous les collectionneurs, le tout construit comme une énigme. Les auteurs distillent l'action et le suspens avec une habilité remarquable. Les découvertes à la fin de l'album nous font attendre le prochain avec impatience. Au moins, notre curiosité sera satisfaite avec le deuxième volet puisque Blues 46 est annoncé en deux albums.

Des personnages haut en couleur

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Les auteurs reprennent les ingrédients classiques du polar, notamment le couple de flingueurs : le petit gros et le grand maigre. Une multitude de personnages hauts en couleur parcourent l'album. Ils ont tous, à leur manière, un caractère marginal, que ce soit le bouquiniste roulant dans une vieille DS, son ami le taxidermiste ou sa copine Elizabeth qui récite du Shakespeare en faisant l'amour. Finalement, le jeune Alain n'est pas forcément le personnage le plus étrange de cette histoire.

De tels personnages ne pouvaient être attribués que des dialogues tonitruants et pleins d'humour, conçus dans l'esprit de Michel Audiard, dialoguiste de films cultes entre 1949 et 1985, tels que Méfiez-vous des blondes ou les Tontons flingueurs.

Un dessin dynamique et subtil

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Le dessin est très réussi : la finesse du trait donne beaucoup de charme à l'ensemble. Avec le traitement en couleur directe, Éric Stalner joue sur les nuances subtiles de couleur et de lumière, tout en recherchant un certain réalisme pour ancrer l'histoire dans notre univers contemporain. Pour imprimer une dynamique au récit, il multiplie les angles de vue à l'intérieur des planches. Il resserre souvent son cadre sur les visages des personnages, notamment sur celui d'Alain, afin de nous faire ressentir sa lassitude face aux événements qui lui échappent et l'ambiguïté même du personnage (mais je n'en dis pas plus pour ne pas gâcher votre plaisir de la lecture).

Une BD traversée par la mélancolie et l'humour

Avec Blues 46, Laurent Moënard et Éric Stalner ont réussi une bande dessinée traversée par la mélancolie (à l'image de la musique de Sarah Vaughan), l'humour et une tension toujours à son comble.

Informations pratiques

Série : Blues 46
Titre : La Chanson de septembre
Auteurs : Moënard - Stalner
Éditeur : Dargaud

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lorna
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