
— Je me casse ! vociféra Gaelle en claquant la porte de toutes ses forces.
Les papiers posés sur la table à côté de la porte s'envolèrent. Gaelle marchait le long de la grand-rue, une larme à l'œil. Le vent si froid de novembre lui brûlait la peau.
Elle pensait à haute voix :
— Mais pourquoi elle ne l'aime pas ? Le pauvre, il n'a rien fait ! Alors c'est donc ça ? C'est parce qu'il a fait de la prison qu'ils sont gênés à ce point ? Mais quel manque de tolérance !
Le pauvre, c'était Benoît, le petit ami de Gaelle. En effet, il avait été en prison pendant quelques mois suite à une détention de drogue. Mais Gaelle, elle s'en moquait bien ! Il avait changé, changé !
Une famille sous tension
Chez les parents de Gaelle, l'ambiance était tout aussi tendue.
La mère de Gaelle resta immobile derrière la porte. Candy, la petite sœur de Gaelle, s'arrêta dans l'escalier pour l'observer.
Sa mère avait visiblement pleuré car son mascara avait coulé. Elle avait le visage vide et pâle, elle si normalement gaie !
Sa mère ramassa les papiers et éclata en sanglots. Candy se précipita sur elle pour la prendre dans ses bras. Tout se mélangeait dans la tête de Candy. Elle aimait bien Benoît, il était sympa avec elle.
— Je vais faire à manger, dit Fanny (la mère de Candy et Gaelle).
Mais Candy savait que c'était pour ne pas que sa mère voie qu'elle pleurait. Car Fanny était une femme d'habitude très forte qui savait contenir ses émotions.
Le retour de Gaelle
Une semaine passa, et le calme était à peu près revenu dans la maison. Plus de nouvelles de Gaelle, même pas à sa sœur qui était pourtant très proche d'elle.
Et puis ce mercredi après-midi, on frappa à la porte. Candy était seule, ses parents travaillaient. Elle ouvrit la porte et vit Gaelle. Elle avait minci, les traits tirés, le regard sombre.
Il leur fallut dix minutes pour réaliser ce qu'il se passait. Et elles se serrèrent dans les bras en se disant des petits mots incompréhensibles dus aux pleurs... Mais elles étaient heureuses !
L'affrontement avec Fanny
Bien installées dans le salon à parler, rire et chahuter, Candy et Gaelle n'entendirent pas leur mère rentrer.
Fanny resta un long moment à les fixer puis elle dit :
— Gaelle, on va parler dans la cuisine.
Celle-ci jeta un regard incertain à Candy.
Candy s'était assise dans les escaliers et elle les écoutait parler, mais elle ne comprenait rien car les pleurs de Gaelle envahissaient tout. Sa mère hurlait et puis il y eut des cris, des pleurs, pendant si longtemps...
Et puis plus rien.
Une famille brisée
La maison semblait vide. Gaelle était repartie, sans rien dire, comme d'habitude... La vie à la maison n'était plus la même. Sa mère était tout le temps triste, et son père essayait en vain de la réconforter.
Candy ne laissait passer aucune émotion. Pourtant, au fond d'elle, elle souffrait terriblement... Elle vivait l'énième départ de sa sœur comme un abandon. Elle savait que sa sœur aurait de toute façon dû partir, elle avait 18 ans, oui mais... pas comme ça.
Et puis un mois s'écoula. Gaelle avait laissé un petit message vocal sur le portable de sa sœur en lui disant qu'elle l'aimait très fort. Alors Candy reprit goût à la vie et se dit que tout n'était peut-être pas perdu !
La réconciliation familiale
— Gaelle, téléphone ! cria Benoît à Gaelle qui était sous la douche.
— Qui c'est ?
— Ta mère...
Ces deux mots résonnèrent comme un tambour dans la tête de Gaelle.
— J'arrive !
Toutes deux passèrent de longues heures à discuter, mais cette fois, sans cris ni pleurs... ou pleurs de joie. Elles décidèrent de se donner un peu de temps : à Fanny d'accepter Benoît, et à Gaelle de réfléchir.
Un happy end à la hauteur de leur amour
Aujourd'hui, deux ans plus tard, Gaelle et Benoît peuvent venir à la maison tranquillement.
Les relations entre Fanny et Benoît ne sont pas au point de s'embrasser, mais Fanny sait maintenant que c'est sa fille qui est avec lui et non elle, et qu'il faut lui laisser prendre son envol...
Gaelle et Benoît se sont mariés et ils ont une petite fille de quelques mois qui est adorable... Katy.
Leur amour a triomphé de tout et il n'est pas prêt de s'arrêter en si bon chemin !
Cette histoire est inspirée d'une histoire vraie.