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Baudelaire contre Nelligan

Comparez "À une passante" de Baudelaire et "La passante" de Nelligan : le temps comme ennemi commun et des atmosphères poétiques contrastées.

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Baudelaire est un grand poète français ayant vécu au XIXe siècle. Auteur avant-gardiste, il a mené une vie de débauche. Nelligan, devenu un incontournable de la littérature québécoise, a vécu ses années de poésie au début du XXe siècle. Au grand désespoir de ses parents, il a décidé de mener une très courte vie de bohème. Baudelaire fut en quelque sorte l'inspiration, l'influence de Nelligan. Ces deux poètes ont en commun un immense mal de vivre, mais pouvons-nous dire que leurs écrits sont si semblables ? Grâce à "La passante" de Nelligan, paru en avril 1899, et "À une passante" de Baudelaire, paru en 1857 dans Les Fleurs du Mal, il sera possible de déterminer si ces deux poètes sont analogues. Dans ces deux textes, il y a la ressemblance suivante : dans chacun des poèmes, le temps est un ennemi, il joue contre le narrateur. Ensuite, il y a la différence suivante : l'atmosphère dans chacun des lieux n'est aucunement la même.

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## Le temps comme ennemi commun

Dans les deux poèmes, le temps est l'ennemi du narrateur. En effet, chaque auteur utilise des mots et des groupes de mots montrant qu'il passe trop rapidement. Dans "À une passante", l'expression "Un éclair... puis la nuit" (v. 9), "éternité" (v. 11), "trop tard" (v. 12) et "jamais" (v. 12) montre que le temps a passé trop vite et qu'il a désavantagé le narrateur, car il perd la passante et ne la reverra plus. De même, dans "La passante", Nelligan parle de sa jeunesse qui ressemble à la vieillesse de la passante. Il trouve que le temps n'aide pas, qu'il détruit, et qu'il est donc un ennemi, le pire que l'on puisse avoir. La présence de cette ressemblance fulgurante prouve, en quelque sorte, l'influence de Baudelaire sur le jeune Nelligan.

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## Une atmosphère contrastée

Il y a tout de même, dans ces poèmes, une différence assez marquante : l'atmosphère. Dans "À une passante", on peut s'imaginer l'image d'une rue bruyante le jour. Pour preuve, Baudelaire utilise l'expression "La rue assourdissante autour de moi hurlait" (v. 1) afin de situer le contexte du poème dès le début du texte. Cette description de lieu donne place à une atmosphère de joie et de vie, bien que le poème parle plutôt de deuil. Nelligan, quant à lui, situe son récit dans un endroit lugubre et sombre où la solitude semble régner, ce qui est le contraire de Baudelaire. Comme preuve, Nelligan utilise au début du poème la tournure : "En un grand parc obscur" (v. 2). Ce lieu crée donc une atmosphère de tristesse et de deuil, ce qui est tout à fait le thème du poème. Malgré cette différence, on peut quand même dire que les deux poèmes sont similaires.

Conclusion : l'influence de Baudelaire sur Nelligan

On peut donc dire que Baudelaire a eu de l'influence sur Nelligan grâce à la comparaison de "La passante" du poète québécois et d'"À une passante" du Français. D'entrée de jeu, il y a eu la ressemblance marquante entre les deux : le fait que le temps est un grand ennemi. Malgré cette similitude, il y a quand même eu une différence au niveau de l'atmosphère, ce qui n'empêche pas de dire que l'influence de Baudelaire a touché grandement le jeune Nelligan. Enfin, il serait intéressant de voir si Baudelaire a eu de l'influence sur d'autres grands poètes.

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jdbrassard55
Jean-denis Brassard @jdbrassard55
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