Image 2
Livres

Amélie Nothomb : Hygiène de l'assassin

Hygiène de l'assassin d'Amélie Nothomb : un roman délicieusement cruel plongeant dans l'univers de Prétextat Tach, écrivain génial et personnage horrifiant. Une lecture qui vous rendra complice de sa noirceur.

As-tu aimé cet article ?

Amélie Nothomb, ou l'art de faire du jouissif avec du dégoûtant, et de la crème avec des choux de Bruxelles (tout n'est qu'une vision de l'esprit, bien sûr...). Pour quatre personnes...

Prenez un homme, appelez-le de façon pompeuse, ajoutez quelques défauts des plus horripilants : le sado-masochisme, la misogynie, le cynisme, la laideur, etc. Faites-en un meurtrier, mangeur de saindoux trempé dans du whisky, emmerdeur et dégueulasse (et je pèse mes mots...). Versez une goutte d'histoire d'une jeunesse particulièrement anormale. Mixez le tout. Laissez reposer pendant 83 ans. Vous obtiendrez Prétextat Tach, écrivain génial qui vous inspirera une très forte fascination.

Posez délicatement quelques journalistes passionnés dans un plat. Ils doivent être fraîchement cueillis et quelque peu susceptibles. Versez votre mixture gluante sur le tout de façon à ce qu'elle étouffe les journalistes. Ajoutez un dialogue de 180 pages, beaucoup de vulgarité de langage et une mort proche. Saupoudrez le tout de sagesse littéraire... et d'une pincée de celle-ci.

Voilà, votre plat, Hygiène de l'assassin, est fin prêt à être jeté sur la figure du premier venu.

Hygiène de l'assassin : un roman délicieusement cruel

Lorsque l'on déguste cette crème, on y découvre pour notre plus grand plaisir quelques grumeaux d'une originalité onctueuse et délectable ! Vous pourrez en trouver un au carrefour entre la littérature et l'anatomie. Quels sont les ingrédients pour faire un bon écrivain ?

— Bien, revenons à nos organes. Je récapitule : Plume, couille, bitte, lèvres, oreille, main. C'est tout.
— Ça ne vous suffit pas ?
— Je ne sais pas. J'aurais imaginé autre chose.
— Ah oui ? Qu'est-ce qu'il vous faut encore ? Une vulve ? Une prostate ?
— Cette fois, c'est vous qui êtes trivial. Non. Vous allez certainement vous foutre de moi, mais je pensais qu'il fallait aussi un cœur.
— Un cœur ? Grand dieu, pour quoi faire ?
— Pour les sentiments, l'amour.
— Ces choses-là n'ont rien à voir avec le cœur. Elles concernent les couilles, la bitte et la main. C'est suffisant.

Prétextat Tach : la fascination du lecteur pour un personnage horrifiant

Lorsqu'on plonge dans ce livre, cette théorie paraît évidente... Mais le plus étonnant avec ce plat, c'est le lien qui s'instaure entre le lecteur et les personnages. Lorsque Prétextat Tach étale ses quantités astronomiques de défauts — qu'il est chiant, borné et insultant —, bizarrement, le lecteur aime cela et en redemande. Il devient à son tour sado-maso, misogyne et cynique (cela doit être contagieux).

Bref... Que dire de plus... à part peut-être qu'une gelée répugnante peut avoir un goût surprenant (dans le bon sens, c'est évident), si Amélie Nothomb en est la cuisinière.

As-tu aimé cet article ?
champi
champi @champi
4 articles 0 abonnés

Commentaires (2)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...