
Marv (Mickey Rourke) est un marginal brutal et violent, mais philosophe. Il se réveille un matin à côté du corps sans vie de sa fiancée Goldie (Jaime King). Dix minutes plus tard, la police arrive pour l'arrêter, mais Marv réussit à fuir tant bien que mal. Il n'a qu'un seul but : trouver qui a tué le seul véritable amour de sa vie.

Les bas-quartiers sont gouvernés par des prostituées. Les hauts dignitaires ainsi que la police sont corrompus. La violence atteint son paroxysme. La justice n'existe plus. Bienvenue à Sin City, la ville du vice et du péché.

Une esthétique noir et blanc fidèle à la BD
Pour coller le plus fidèlement possible à l'ambiance de la bande dessinée, Robert Rodriguez utilise le noir et blanc. Première constatation : c'est beau. Le réalisateur utilise le noir et blanc classique à merveille tout en lui ajoutant une touche personnelle. Ainsi, les visages sont légèrement colorés et certaines couleurs comme le rouge ou le jaune ressortent du lot pour trancher avec le noir et blanc. Le résultat est tout simplement magnifique et confère au film une identité qui lui est propre.
L'histoire est un regroupement de trois récits différents qui s'entrecroisent par endroits pour n'en former qu'un seul. L'ensemble reste un peu décousu et aurait mérité une meilleure finition.
Une violence assumée et un style visuel unique
La violence est très présente. On reconnaît d'emblée la patte de Rodriguez avec certaines scènes chocs et certains thèmes abordés par le film. Il s'adresse donc à un public adulte.
L'ensemble est très bien filmé avec une redondance de plans en contre-plongée et de plans rapprochés sur le visage des personnages, ce qui confère une certaine classe à « Sin City ».
Le choix d'une narration faite par la voix-off de chaque protagoniste est très intéressant. On sent la volonté de Rodriguez d'ancrer son long métrage dans les fondations des vieux films de détectives des années 50. Une méthode rarement utilisée à son avantage, mais qui semble reprendre un second souffle avec « Sin City ».
Les effets spéciaux sont nombreux et de qualité. Ils s'imbriquent parfaitement avec les images des acteurs réels.
Des personnages charismatiques et un casting solide
Quant aux personnages, le film dresse quelques profils intéressants comme l'homme de pouvoir qui sait mentir au peuple et qui s'en vante, ou le repris de justice qui semble avoir trouvé la voie de la bonté. Malheureusement, Rodriguez ne nous épargne pas certains clichés comme le flic désireux de se venger. Malgré cela, les personnages se révèlent charismatiques avec assez de profondeur pour qu'on se laisse prendre à l'histoire.
Les acteurs dans l'ensemble sont crédibles. Certains sortent tout de même du lot comme Bruce Willis ou Benicio Del Toro. À noter le rôle d'Elijah Wood qui est très loin du rôle de Frodo dans la trilogie « Le Seigneur des Anneaux ».

Verdict : une œuvre inoubliable
« Sin City » est l'une des surprises de cette année 2005. Malgré quelques petits défauts qui le handicapent, il restera à coup sûr un long métrage inoubliable et original de par son ambiance sombre et sa plastique générale. À découvrir.
P.S. : Cette critique est centrée sur le film en lui-même et ne fait donc aucune comparaison bande dessinée-film.