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Mohand Ouyahia dit "Mohia" : le combat d'un juste

Hommage à Mohand Ouyahia dit « Mohia », dramaturge et poète d'expression berbère, disparu en décembre 2004. Retour sur la vie et l'héritage d'une figure emblématique de la culture kabyle.

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Né le 1er novembre 1950 en Haute-Kabylie, plus précisément à Arh Ervah, dans la région des Ivoud'raren, Mohand Ouyahia — de son vrai nom Abdellah Mohia — était un dramaturge d'expression berbère reconnu. Il a passé son enfance à Azazga, une région située à l'Est de la Grande-Kabylie.

La maladie et les derniers mois de Mohia

Atteint d'une tumeur cérébrale qui s'est manifestée au début de l'année 2004, il fut hospitalisé à Paris, à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Au printemps, il donna des signes encourageants, si bien que ses proches et ses amis crurent qu'il était rétabli.

Malheureusement, il rechuta au début du mois de novembre. Son cas s'aggravant, il fut à nouveau hospitalisé. Il décéda le mardi 7 décembre 2004. Dès l'annonce de sa mort, la Kabylie — ou du moins ceux qui le connaissaient — prirent la sage décision de prendre en charge cette douloureuse tragédie.

Un dramaturge et mathématicien engagé

Mohand Ouyahia, illustrateur et mathématicien de formation, était rappelons-le un poète et dramaturge d'expression berbère. Il avait quitté l'Algérie pour échapper au service militaire dans les années 1970. Le 12 décembre 2004, deux veillées funèbres furent organisées à Paris à sa mémoire. Outre ses amis, des artistes européens tinrent à partager la douleur de la perte.

Les funérailles en Kabylie

Le 12 décembre 2004, la dépouille mortelle de Mohand Ouyahia fut rapatriée sur Alger. L'après-midi de cette même journée, son corps fut exposé à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou. Il fut ensuite enterré dans son village natal Ait-Rbah, qui relève des Iboudraren, devant une foule très nombreuse. Des personnalités de divers horizons étaient présentes afin de rendre un ultime adieu à celui qui a su charmer les âmes.

Témoignages et hommages à Mohia

Nous avons recueilli quelques impressions parmi les présents :

Lounis Aït Menguelet (célèbre chanteur kabyle) : « On a perdu le meilleur des nôtres. On ne peut rien contre la fatalité. On va se consoler avec ce qu'il a laissé. »

Tarik Mira (membre de l'exécutif du RCD) : « La culture algérienne vient de perdre un immense personnage. Il est sans conteste l'un des meilleurs dramaturges de l'Algérie indépendante. Il a su donner par ses adaptations éclairées une forme universelle au théâtre Amazigh. Il est avec Idir, Kateb Yacine, Tahar Djaout, Mouloud Mammeri, Aït Menguelet et Matoub Lounès, ainsi que d'autres encore, un chantre d'idées et un producteur de culture hors pair. »

M. Lounès (beau-père du défunt) : « Mohia a donné beaucoup à la culture berbère et aux jeunes pour qu'ils n'oublient pas leur origine. On ne doit pas l'oublier. Il faut continuer ce qu'il a fait. »

Adieu Mohand Ouyahia, nous espérons de tout cœur que tes frères ne t'oublieront pas.

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rachidyahou
rachidyahou @rachidyahou
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