Miami. La nuit. Deux flics infiltrés sont abattus lors d'une transaction avec des trafiquants de drogue. Plus tard dans la même soirée, la famille d'un indic de la police est sauvagement exécutée. La police suppose que les tueurs sont des trafiquants de drogue travaillant pour un gros cartel d'Amérique du Sud dirigé par un certain Jose Yero (John Ortiz).

Afin de mener l'enquête, le chef du FBI travaille en sous-main avec la police de la ville pour démanteler ce réseau. Deux agents sont recrutés : James « Sonny » Crockett (Colin Farrell) et Ricardo « Rico » Tubbs (Jamie Foxx). Leur mission est simple : infiltrer ce réseau et le démanteler. Or une fois sur place, les deux hommes s'aperçoivent que Yero n'est qu'un pion et que le véritable chef n'est autre que Jesús Montoya (Luis Tosar), l'un des trafiquants les plus puissants d'Amérique du Sud...

De la série télévisée au film : un changement de ton radical
Souvenez-vous : dans les années 80, la série « Deux flics à Miami » créée par Michael Mann lui-même. Une série qui sentait bon le kitsch avec un décor digne d'une carte postale, deux top models en guise d'acteurs et des filles peu vêtues par dizaines. Vous vous souvenez maintenant ? Eh bien pour cette cuvée 2006 sur grand écran, oubliez ce dont vous vous souvenez ! Michael Mann en personne change d'approche et nous donne une vision beaucoup plus réaliste que la version petit écran.

Un scénario d'infiltration efficace mais prévisible
Cela passe tout d'abord par un scénario efficace mais un peu prévisible, fondé sur l'infiltration des deux policiers dans le cartel de la drogue et leur capacité à résister au monde qui s'offre à eux. On est loin des enquêtes superficielles de la série. L'histoire laisse libre cours au développement de la psychologie des personnages. En effet, les scènes d'action et autres fusillades sont reléguées au second plan. De ce fait, les personnages sont fouillés et leurs relations approfondies. On n'atteint pas un niveau égal à celui d'un film d'auteur, convenons-en, mais assez pour que le film tire son épingle du jeu face aux autres longs métrages du genre. On pourrait regretter seulement un début assez chaotique où tout est peu expliqué. Le spectateur a du mal à prendre ses marques mais, de fil en aiguille, les réponses viennent à son aide.
Une réalisation réaliste et documentaire
De plus, la réalisation se veut réaliste. Le réalisateur a tourné en haute définition comme dans son avant-dernier film « Collatéral ». Le rendu de la nuit semble égal à celui d'un camescope, ce qui donne une impression de documentaire à l'ensemble. Les bruits des coups de feu sont également réalistes, évitant la surenchère sonore. Même combat concernant les explosions : aucune surenchère visuelle n'est à noter.
Un casting inégal entre Jamie Foxx et Colin Farrell
Par ailleurs, Michael Mann a choisi un casting plutôt étonnant. On retrouve le talentueux Jamie Foxx, maintes fois récompensé pour ses prestations, aux côtés de Colin Farrell, acteur au jeu assez limité, voire carrément mauvais. Le premier possède un rôle assez intéressant et donne de sa crédibilité tandis que le second est à peine convaincant. Un tel écart nuit à l'ensemble.

Verdict final
Michael Mann remet au goût du jour cette série phare des années 80 en lui insufflant un réalisme assumé. Dommage que la prestation limitée de Colin Farrell et le scénario sans surprise entachent l'ensemble. Il ne reste qu'un film d'action soigné mais pas sans défauts.