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Une lettre ouverte acide qui passe au crible la communauté France Jeune : des écrivains du dimanche aux commentateurs aguerri, portrait sans concession d'une jeunesse en quête de reconnaissance.

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Ah, ça fait des mois que je rêve d'écrire sur vous. Non pas pour faire votre éloge, ni pour lécher gentiment et obligeamment les fesses de ce site. Pas non plus pour vous accabler de ridicules injures comme le font certains. Non... Juste pour me dire que je l'aurai fait. Je vous aurai dit sincèrement ce que je pense de vous.

Vous êtes plutôt nombreux, mais vous n'êtes pas forts, car vous êtes divisés. Certains d'entre vous écrivent des articles, parfois intéressants, parfois inutiles, parfois stupides, ou choquants, scandaleux, minables, géniaux — et ne parlons pas de ceux qui restent quelques heures avant d'être enfin supprimés. Ben oui, on les fait paraître et après, oooh, c'est bizarre, c'est raciste, antisémite, ou encore homophobe, extrémiste... Personne n'a rien vu, on efface... Enfin, ça, vous le savez aussi bien que moi.

Les commentateurs : anatomie d'une espèce variée

D'autres n'écrivent pas. Ils se contentent de mettre des commentaires à la fin des articles de ceux qui se risquent à écrire, et quel risque ! Les pauvres petits choux savent qu'ils s'exposent à maintes injures ou autres facéties, que seuls eux prennent au sérieux. Ciel, on ose s'attaquer à leur génie créatif, leur imagination débordante ou leur capacité à relater fidèlement les derniers événements de l'actualité.

Mais dans les commentaires, il faut reconnaître qu'il existe des nuances... Là encore, plusieurs catégories de commentateurs : ceux qui déversent leur haine en langage texto, ceux qui lèchent le cul de l'auteur en langage texto, ceux qui étalent leur culture en quatre lignes (oui oui... j'en suis), ceux qui écrivent un article en guise de commentaire (remarquez, le contraire existe aussi...), ceux qui sont supprimés vite fait parce que ça fait tâche, et ceux qui ne servent à rien. Ne le répétez pas mais... ce sont mes préférés.

La masse informe des France-jeuniens

Malheureusement, il y en a peu. La plupart d'entre vous préfèrent écrire de jolis commentaires bien constructifs, objectifs, et tout le tralala. Vous êtes angéliques... vous condamnez les extrêmes, mais vous pardonnez aux vilains. Vous êtes des moutons. Sauf exceptions. Mais ici, les exceptions... désolée, je vais me contenter de décrire la masse informe que vous formez, tous à peu près pareils, amoureux de la tolérance, de la vie ou parfois de la mort (woaw, c'est tellement mystérieux et excitant les déprimés suicidaires...), fans du Seigneur des Anneaux et de la pseudo-originalité, adeptes des délires existentiels bidons, fervents défenseurs des causes débiles ou inutiles, et ennemis de l'extrême ou du vilain qui sait pas écrire et qui dit des gros mots. En fait, je vous trouve grotesques...

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Petit manuel de taxonomie des France-jeuniens

J'en ai marre de vous. Vous, le petit noyau de jeunes « intelligents et cultivés », émerveillés à chaque seconde car vous faites partie d'une espèce en voie de disparition... les rescapés de la connerie humaine, l'avenir de notre pays, vous les France-jeuniens, débordants de fierté, pétant de prétention après avoir déposé un commentaire particulièrement cassant ou écrit un article si subtil que vous êtes persuadé que seul vous l'avez compris, ou encore après avoir pondu un texte polémique qui remplira vos petites poches de flouze... Ah, je commence à bien vous connaître. Pas individuellement non, mais dans ma tête, j'ai déjà les petites catégories...

Les « anciens », blasés de la vie de France Jeune, nostalgiques, gentils, un poil dédaigneux mais protecteurs avec les petits nouveaux de 12 ans qui écrivent sur Britney ou la dernière conquête de leur caniche nain, qui forment la catégorie des gamins. Ceux qui sont franchement cons, qui n'écrivent jamais, qui se contentent d'émettre de pitoyables avis sur la couleur du poil du caniche en question. Les autres, les « fins observateurs » qui n'écrivent pas grand-chose mais qui connaissent tout de la vie, car ceux-là, quand ils donnent leur avis, il faut se prosterner et se contenter de les approuver religieusement.

Quelques catégories supplémentaires

Il y a les « écrivains », dont on est sûr de voir trois productions par semaine sur la page d'accueil. Il y a les rebelles, jamais d'accord, toujours contradictoires, souvent chiants. Il y a les autres, pas toujours là, pas toujours sympas, pas toujours géniaux, pas toujours objectifs, pas toujours utiles, souvent énervés contre vous. Je parle au pluriel... j'ai recensé deux personnes de la sorte, moi comprise. Venez rejoindre le club. Je sais que vous en crevez d'envie... Ah là là, vous me ferez toujours bien rire, c'est certain.

Épilogue : pourquoi j'ai écrit ça

Je me régale d'avance de vos commentaires rageurs ou méprisants, blasés ou indifférents, ou alors le silence complet. Boycottons le vilain article, c'est également une mode bien connue. Je suis contente de vous avoir parlé, j'aime bien vous écrire, et mes autres articles sont nuls. J'en ai peu écrits, j'ai essayé de donner dans « l'article » au sens propre, ou dans l'histoire vraie. Rien ne vous inspire vraiment... mais c'est normal. Vous êtes jeunes. Je suis contente, mon article ne sert à rien, juste à vous dire ce que vous êtes pour moi. J'aurai tout aussi bien pu écrire une déclaration d'amour dégoulinante ou un brûlot politique.

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Mais si l'on ne s'adresse pas directement à vous, vous avez du mal à saisir. Vous aimez bien vous mêler de tout, ou vous mêler à tout. Chaque article a rapport avec vous, tout se ramène à vous. Vous ne pouvez vous empêcher de mettre votre petit grain de sel dans un commentaire en parlant de votre propre expérience. C'est juste un peu lassant. Un article comme celui-ci, je n'aimerais pas le lire. La seule chose qui peut être bien, c'est d'en être l'auteur... woaw, grande première, j'écris pour moi.

Et je vous le fais savoir en plus... Enfin. Je n'aimerais pas le lire, je mettrais un commentaire subtil, genre « t'es nul mec tu ranges les gens dans des ptites cases ben moi je suis pas dans une case je suis libre, ouais la liberté tu connais ? ». J'adore. Au fond, j'ai sûrement un peu de vous en moi, même si j'ai du mal à l'admettre.

Parce que vous me faites drôlement chier.

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didou
didou @didou
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