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Lifestyle

Un problème comme un autre

À 16 ans, solitude et harcèlement scolaire m'ont poussée au décrochage. Un témoignage personnel sur l'importance d'aller vers les autres.

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À 16 ans, je m'imaginais entourée d'amies et de petits amis. La réalité est tout autre. Je me réfugie dans la lecture et l'écriture plutôt que de sortir. Je vais au cinéma, mais seule ou avec ma mère. Avant, j'y allais en groupe, mais je n'avais jamais mon mot à dire sur le film : c'était toujours un film sur le paranormal, jamais une comédie. Puis, elles ont essayé de me « relooker ». Je n'ai pas aimé. Je n'étais pas faite pour ça.

Le déclic en Grèce : le début de ma solitude

Tout a basculé pendant un séjour en Grèce. Ma mère m'appelait souvent — je sais, cela fait gamine — mais l'entendre était un moment précieux. Je n'étais jamais partie aussi loin sans mes parents. Un jour, elle n'a pas pu m'appeler et j'ai craqué. J'ai pleuré, je voulais entendre sa voix. Mais pour ces filles, il fallait une explication. Je n'en ai pas donné. Elles m'ont fermé leur porte.

Un lien fusionnel avec ma mère

Pourtant, j'avais une explication. Quand on est née de parents âgés et qu'on sait qu'ils sont cardiaques, on aime les avoir au téléphone. Je suis sous l'emprise de ma mère, je ne peux pas me passer d'elle plus d'une heure. Nous nous disputons presque tous les jours, mais j'ai besoin de ma bouffée d'oxygène, de ma petite maman que j'aime. Je suis sa fille unique ; elle a tout fait pour m'avoir, sachant qu'elle serait extrêmement malade en changeant tous ses médicaments.

Le deuil et la perte de mes repères

J'ai changé le jour de mes 12 ans. J'ai perdu mon pilier, mon grand-père. Je lui étais très attachée, et en le perdant, je me suis raccrochée à ma mère. L'année dernière, j'ai perdu ma grand-mère. J'étais perdue, dans ma tête comme dans mon cœur. Après avoir perdu tous ces êtres chers, je me suis détachée des groupes avec qui j'avais noué des amitiés solides. Je me suis retrouvée seule du jour au lendemain, préférant la compagnie d'un livre à celle d'une amie.

Mon témoignage sur le harcèlement scolaire

Je ne fais jamais les magasins à cause du regard des autres. Les filles minces se moquent de moi quand je leur tourne le dos. On me traite de tous les noms, souvent sur mon physique. Je sais que je devrais répondre, mais je n'ai pas d'audace. Je ne suis pas une grande gueule.

Depuis que je suis petite, c'est ainsi. Mais cette année a été le summum de l'acharnement. Elles ont réussi à me déstabiliser. Je dis « elles » car ce sont des filles. J'ai séché 23 jours d'école à cause d'elles. Cela peut paraître puéril, mais la simple vue de mon école me donnait envie de vomir. Je me réfugiais dans un centre commercial en attendant l'heure où ma mère viendrait me chercher.

J'ai eu une sanction : un jour de renvoi que je n'ai jamais fait. Je me suis dit que j'allais sûrement redoubler vu mon nombre d'absences. Le 26 juin, je suis tombée de haut : je ne redoublais pas, mais j'avais 4 examens de rattrapage. Tout le monde me disait : « 4, mais c'est énorme ! ». Personne ne sait ce qui s'est passé durant ces 23 jours. Personne ne le saura jamais, sauf les profs.

Un message d'espoir pour ceux qui souffrent

J'ai écrit cet article pour partager mon expérience. Je sais que ce n'est qu'un problème comme un autre, mais je voudrais que la prochaine fois que vous voyez quelqu'un seul dans la cour de récréation, vous songiez que cette personne n'est pas forcément seule par choix. Au début, je l'ai voulu. Puis je m'en suis voulue. Mais j'ai ma fierté, et je ne suis pas retournée voir les groupes avec qui j'étais.

Allez vers cette personne, parlez-lui. N'ayez pas peur, elle ne vous mangera pas.

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Nadège Natus @linkingirls
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