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Lifestyle

Un grand vide comme un mauvais choix

Estelle perd sa jumelle à la naissance, puis voit son petit frère Franz touché par une leucémie à 4 ans. Une histoire vraie sur le deuil, les liens fraternels et les épreuves qui renforcent ou brisent une famille.

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Tout commence le 14 décembre. Estelle naît et perd sa sœur jumelle, qui n'a pas survécu à l'accouchement. Comme vous le savez, les jumelles sont assez liées. Estelle commença par créer un manque, malgré sa grande sœur Gwendoline. À l'âge de six mois, elle faisait ce qu'on appelle des « pertes de conscience ». Elle grandit suivie par les psychologues qui la disaient autiste. Son père failli y croire, mais heureusement sa mère ne le pensait pas : elle avait confiance, sa fille était normale, juste déstabilisée. Estelle grandit et réclama une petite sœur.

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La descente aux enfers : Franz et la leucémie

Le 17 décembre 1993, Franz est né, lui aussi avec un jumeau mort à la naissance. Franz et Estelle, tous les deux, manquaient d'un lien qu'ils surent combler ensemble. Estelle eut un petit frère auquel elle s'attacha. Elle était fière, certes elle ne souriait pas beaucoup et ne parlait pas beaucoup. C'est à ce moment-là qu'elle commença à parler. Tout le monde savait qu'elle avait un petit frère. Elle grandit avec lui, elle s'y attacha très fort, toujours là pour lui.

À l'âge de 4 ans, Franz attrapa une soi-disant grippe qui dura plus de deux semaines. L'hôpital devint la solution. Hop, prise de sang et le verdict fatal : Franz avait une leucémie. L'hôpital n'était pas qualifié pour ce genre de maladie. Franz dut se faire hospitaliser à Marseille. Le père travaillait dans la gendarmerie mobile et la mère devait rester auprès de Franz. La solution fut d'envoyer Gwendoline et Estelle chez leurs grands-parents maternels. Estelle était au CE2 et Gwendoline au CM1, dans la classe de leur grand-mère — car oui, leur grand-mère était la directrice de l'école.

Estelle se renferma sur elle-même. Elle venait de tout perdre : l'affection d'une mère, l'affection de son petit frère, et l'activité qui la défoulait et lui permettait de s'échapper, c'est-à-dire la gym, dans laquelle elle avait été qualifiée « espoirs jeunesse ». Bref, elle se renferma sur elle-même. Certes, elle avait Gwendoline, mais Gwendoline ne comblait pas ce vide qu'Estelle portait.

Leurs grands-parents la délaissèrent un peu, n'appréciant pas sa froideur, et s'occupèrent davantage de Gwendoline, qui parlait beaucoup — et pour rien dire, selon Estelle. Une fois le choc passé, sa mère vint avec son petit frère pour un week-end. Elle vit Franz chauve, ses petites boucles châtain clair n'étaient plus là, il portait un masque qui lui cachait la bouche et le nez pour ne pas attraper de microbes. Il n'avait que 5 ans. Le soir même, Franz n'allait pas bien, ils durent repartir pour Marseille en urgence. La fin de l'année terminée, Estelle passa de justesse en CM1.

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Le renouveau et l'espoir

Ainsi, la famille se retrouva enfin au complet à Marseille, sur place pour l'hôpital. Franz avait 6 ans, Estelle était maintenant auprès de lui, toujours aussi froide mais moins malheureuse. La famille continua une vie à peu près normale. Estelle et Gwendoline vivaient normalement, comme des petites filles de leur âge. Franz allait mieux, malgré quelques complications qu'il n'aurait pas dû avoir : infection de l'appendicite et kyste sur l'os de croissance. En milieu de cinquième, ses parents divorcèrent. C'est là que tout bascula.

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la_sale_majestée
la_sale_majestée @la_sale_majestée
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